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Agroalimentaire : Un secteur à l’écart du rallye boursier
Les performances boursières des valeurs cotées évoluent à contre-courant du MASI. Seules quelques valeurs agroalimentaires parviennent à tirer leur épingle du jeu. Si Cosumar, Dari et Lesieur enregistrent des progressions notables, les autres restent pénalisées par des facteurs
exogènes et une concurrence accrue.
Le secteur agroalimentaire coté n’est pas le mieux choyé en Bourse. L’indice «agroalimentaire/production» qui regroupe Cartier Saada, Dari Couspate, Cosumar, Lesieur, Mutandis et Unimer est en hausse de seulement 5,4% depuis le début de l’année.
L’indice «agroalimentaire boissons» qui, lui, inclut Oulmès et Boissons du Maroc est en recul de 3,2%. Ils évoluent ainsi à contre-courant de l’indice général du marché qui enregistre une performance annuelle de plus de 27%.
Il faut savoir d’emblée que l’agroalimentaire, de par sa nature, est un secteur non cyclique, puisqu’il répond à des besoins fondamentaux et dont la demande ne varie pas de manière sensible, quelle que soit la conjoncture économique.
Cependant, certaines valeurs se démarquent plus que d’autres. Sur les huit valeurs cotées, Cosumar, Dari Couspate et Lesieur affichent des cours en progression depuis le début de l’année : la première de 7% pour un cours de 203,5 DH, la deuxième de 21,7% à 4.200 DH et la dernière de 20% à 360 DH.
Le spécialiste des pâtes fait les frais de l’évolution des cours de blé à l’international. D’ailleurs, au 3e trimestre de cet exercice, le chiffre d’affaires consolidé a baissé de 2,4% pour atteindre 597 MDH, en raison notamment d’un effet prix, mais aussi du décalage des commandes export au premier trimestre 2025.
Pour sécuriser son approvisionnement, Dari Couspate a réalisé une opération stratégique d’intégration verticale, consistant en l’acquisition de l’ensemble des actifs industriels de la société des Grandes Semouleries du Maroc, un de ses principaux fournisseurs historiques.
À travers cette opération, Dari Couspate garantit non seulement ses ressources en blé, mais aussi crée des synergies opérationnelles et anticipe les défis d’un marché en constante évolution.
Cette acquisition lui a valu alors la faveur des investisseurs, considérant la société moins dépendante des fluctuations des cours à l’international et assurant la continuité de sa productivité et donc de ses résultats.
La valeur Cosumar, elle, a toujours été considérée comme une valeur défensive, de fond de portefeuille, dont les performances répondent certes aux aléas climatiques, mais dont le modèle d’activité ne peut s’interrompre, tout comme l’approvisionnement du marché national en sucre.
Il faut dire que l’export poursuit sa croissance grâce à l’extension de la capacité de raffinage réalisée à la raffinerie de Sidi Bennour. D’ailleurs, l’export est pour beaucoup dans la hausse des revenus au premier trimestre de 3,7% à 8 milliards de dirhams.
Lesieur Cristal, elle, fait les frais d’une concurrence acharnée dans le secteur, induisant un effet prix défavorable. À fin septembre, le chiffre d’affaires s’est maintenu à 4,2 MMDH, en dépit d’une augmentation des volumes vendus. Sur le seul 3e trimestre, il a diminué de 17% pour atteindre 1,4 MMDH.
«Lesieur Cristal a toujours eu ce problème : celui de maintenir sa part de marché face à ses concurrents, même avec ses marques fortes. Ce qui affecte inévitablement ses réalisations commerciales». Toutefois, il s’agit d’une société dont les fondamentaux restent solides.
En dépit de cela, le cours s’est particulièrement démarqué à la fin de l’année dernière, inversant totalement sa tendance enregistrée depuis début janvier.
Les moins bien lotis
A contrario, Mutandis a été altéré par deux évènements majeurs. Le premier est lié à l’arrêt momentané de l’usine Aïn Ifrane, avec une reprise allant jusqu’à 70% de sa capacité normative. Cela s’est traduit par le repli du chiffre d’affaires du segment «boissons» de 30% à 193 MDH.
Le second est relatif, lui, à la baisse des captures de pêche, notamment la sardine. Le chiffre d’affaires s’est inscrit en recul de 7% pour atteindre 1,5 MMDH, une baisse limitée grâce à l’activité «Hygiène» essentiellement dont les revenus sont restés quasiment stables à 575 MDH.
En Bourse, le cours de la valeur a perdu 17,7% depuis début janvier pour atteindre 250 DH. La faiblesse de la campagne de pêche nationale a exercé un effet défavorable sur Unimer également, et ce, en dépit d’une reprise sous de bons auspices en cette année. Son chiffre d’affaires a baissé sur les neuf premiers mois de 18% pour atteindre 379 MDH.
La Société des Boissons du Maroc n’est pas mieux choyée. Le cours est en retrait de 3% à 2.290 DH. «Si la société continue de consolider sa position sur ses marques locales emblématiques (Spéciale Gold et Casablanca), elle n’arrive pas à percer le marché avec le lancement de Carlsberg ou encore La Cigogne», explique un analyste.
En tout cas, la progression du chiffre d’affaires de 5,8% à fin septembre est redevable essentiellement à la bonne orientation de ses marques historiques.
La concurrence tendue, Oulmes y fait face de façon remarquable, surtout avec l’entrée sur le marché de nouveaux opérateurs.
«La société essaye de se défendre tant bien que mal avec le lancement de Vitalya et ses différentes déclinaisons à l’instar de Vitalya Boost et Vitalya Alcaline. Mais elle se trouve dépassée par les différentes offres de boissons sur le marché».
Il n’en demeure pas moins que ses revenus ont augmenté de 11,7% à fin septembre à 2,5 MMDH. Cependant, son cours s’est inscrit en recul de 4% à 1.182 DH.
Des fondamentaux intéressants
Le secteur agroalimentaire, de par sa nature défensive, ne connaît pas de grandes fluctuations en Bourse. Compte tenu de la nature de son activité, le secteur génère des volumes d’activité qui ne varient pas sensiblement.
En Bourse, le secteur agroalimentaire dispose de fondamentaux intéressants avec un PE de 25x en 2026, pour une moyenne du marché de 20x. Le taux de rendement du dividende est de 4,6%, ce qui le place parmi les secteurs les plus généreux du marché, qui, lui, a un dividend yield de 2,9%.
