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Abdeslam Ababou : «La nouvelle loi des OPCM va permettre d’élargir l’univers d’investissement»
Avec la CAN 2025 et le Mondial 2030 qui se profilent, Red Med Capital compte mettre les bouchées doubles en matière de financement de l’économie et d’accompagnant des entreprises marocaines. Éclairage avec son président.
Banquier d’affaires chevronné, fort d’une expérience de plus de trente ans, Abdeslam Ababou explique comment le nouveau projet de loi sur les OPCVM façonnera la gestion d’actifs au Maroc. Dans cet entretien, il analyse aussi le marché de la PME marocaine et se prononce sur les défis et les opportunités que représentent les événements mondiaux organisés au Maroc pour l’économie nationale.
Quel est votre avis sur le projet de loi visant à réformer le cadre réglementaire des OPCVM au Maroc ?
Nous saluons cette initiative. La démarche de l’AMMC a été inclusive. Dans le cadre de l’élaboration de ce nouveau dispositif juridique, il y a eu beaucoup de consultations avec les parties prenantes, comme l’ASFIM dont nous sommes membre. Nous attendons avec beaucoup d’enthousiasme l’entrée en vigueur de la nouvelle loi portant sur les OPCM, notamment parce qu’elle va permettre d’élargir l’univers d’investissement. Par exemple, il sera possible d’avoir des fonds qui vont gérer des devises.
Les acteurs nationaux pourront ainsi être en compétition avec les opérateurs internationaux et exporter leurs services. Concrètement, nous pourrons collecter de la devise et la placer. Je suis convaincu qu’il y aura beaucoup plus de devises qui vont entrer au Maroc, ce qui nécessitera d’être d’autant plus performants pour faire face à la concurrence.
Avec la nouvelle loi, il est prévu d’introduire de nouvelles catégories d’OPCVM dédiés aux investisseurs qualifiés, avec un profil risque plus prononcé. Autre nouveauté envisagée: les ETF (Exchange-Traded Funds) qui sont des OPCVM cotés en Bourse et qui répliquent un indice de référence. Le nouveau dispositif réglementaire prévoit également l’introduction d’OPCVM participatifs.
En somme, la nouvelle réforme, qui aligne le cadre réglementaire de la gestion d’actifs de notre pays sur les meilleurs standards, élargit la gamme d’OPCVM. En conséquence, elle nous offrira la possibilité de proposer davantage de produits de placement aux investisseurs.
Votre groupe est impliqué dans le financement de la PME marocaine. Quelle est votre appréciation sur ce segment d’entreprise ?
Tout d’abord, je tiens à dire que je suis agréablement surpris par la profondeur du marché de la PME marocaine. Les TPME constituent près de 95% de notre tissu économique. C’est dire leur poids dans l’économie nationale.
Ceci étant dit, les entrepreneurs ont besoin d’être accompagnés sur le plan financier, en termes de gouvernance et de gestion des ressources humaines. Les banques jouent le jeu en finançant les PME, mais ces dernières sont pénalisées par leur sous-capitalisation chronique.
Au-delà de ces contraintes, il est évident que le potentiel de croissance des PME est énorme. Elles peuvent bénéficier d’un saut qualitatif énorme en termes de capital humain. Grâce aux efforts du gouvernement en termes de formation, les profils sortis de l’OFPPT, l’Éducation nationale et d’écoles d’ingénieurs sont mieux formés.
Aujourd’hui, les ingénieurs marocains sont très prisés en Europe, au Canada et au Moyen-Orient. À cette donne s’ajoute un véritable «game changer» qui est celui du coût de l’énergie. Avec l’expansion des énergies renouvelables au prix compétitif au Maroc, l’énergie dont le coût est encore prohibitif pour beaucoup de PME industrielles sera un facteur de compétitivité crucial.
Enfin, en tant que banque d’investissement, quelles sont vos ambitions pour les prochaines années ?
Notre ambition en tant que banque d’investissement est d’être plus utiles pour notre pays. Et ce, en aidant les entreprises à grandir et en finançant l’économie nationale de façon innovante. Le Maroc se dirige vers deux échéances charnières, qui sont la CAN 2025 et le Mondial 2030.
En termes d’investissement, le gouvernement déploie des efforts colossaux pour la mise à niveau de plusieurs secteurs (santé, éducation, infrastructures…).
Les banques jouent un rôle très important dans le financement, mais le secteur privé doit se mobiliser davantage. Les financements au Maroc sont assez conventionnels et nous avons encore les mêmes poches.
Tout l’enjeu sera de créer de nouvelles poches de financement qui s’ajoutent à celles qui existent déjà. En somme, ces deux événements sportifs majeurs sont des opportunités pour toutes les branches d’activité de notre pays.
