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Younes Zouani : «L’Industrie 4.0 transforme toute la chaîne de production»
Avec l’essor de l’intelligence artificielle, de nombreuses start-up développent des solutions autour de l’analyse de données, de l’automatisation ou des systèmes de recommandation.
L’intelligence artificielle, la robotique et l’Internet des objets redessinent progressivement le paysage industriel. Cofondateur de Zynerator, Younes Zouani décrypte les enjeux de cette quatrième révolution industrielle, revient sur la naissance de sa start-up spécialisée dans l’automatisation du développement logiciel et livre son regard sur la maturité numérique des organisations marocaines.
Quel regard portez-vous sur l’Industrie 4.0 ?
L’Industrie 4.0 repose sur la convergence de l’intelligence artificielle, de la robotique avancée et de l’Internet des objets (IoT). L’objectif est de rendre les usines plus autonomes, plus performantes et capables de fonctionner avec un minimum d’intervention humaine.
Le principal enjeu est la synchronisation de ces technologies afin que les systèmes puissent continuer à produire, même face à des imprévus. C’est cette logique qui conduit au concept d’«usine sombre» (dark factory), une usine largement automatisée fonctionnant avec très peu de présence humaine.
Comment est née l’idée de Zynerator ?
Nous sommes partis d’un constat simple : le développement d’applications sur mesure est souvent long, coûteux et mobilise de nombreuses compétences.
Comme une grande partie des tâches est répétitive, nous avons créé une plateforme capable de les automatiser. En résumé, Zynerator est un logiciel qui permet de créer d’autres logiciels. Lancée en 2024, l’entreprise est le fruit de deux années de R&D entamées en 2022.
Notre plateforme génère automatiquement les bases d’une application tout en s’adaptant aux technologies utilisées par le client, qu’il s’agisse d’Angular, Java, React ou Spring Boot. Cette approche multitechnologie répond aux besoins de secteurs très variés.
Comment évaluez-vous la maturité numérique des organisations marocaines ?
Les grandes institutions publiques figurent parmi les moteurs de la transformation digitale. Des organismes comme la CDG, l’Administration des douanes ou la Direction générale des impôts considèrent désormais la digitalisation comme un levier stratégique.
L’État joue également un rôle important en facilitant l’accès des start-up aux marchés publics, ce qui leur permet de collaborer avec de grands donneurs d’ordre et d’accélérer leur développement.
Quels freins subsistent encore ?
Les obstacles ne sont plus principalement technologiques ou réglementaires. Les solutions existent, mais certaines organisations restent freinées par des contraintes budgétaires ou des processus décisionnels parfois longs. Cela dit, nous constatons une ouverture croissante à l’innovation.
Observe-t-on un essor des start-up technologiques au service de l’industrie ?
Oui. Avec l’essor de l’intelligence artificielle, de nombreuses start-up développent des solutions autour de l’analyse de données, de l’automatisation ou des systèmes de recommandation.
L’un des segments les plus prometteurs est celui du low-code et du no-code, qui permet de générer automatiquement des applications à partir de simples descriptions en langage naturel.
Ces technologies devraient progressivement s’imposer dans les stratégies de transformation numérique, car elles permettent d’accélérer le développement des applications tout en réduisant les coûts.
Les grandes organisations restent toutefois vigilantes sur les questions de sécurité, d’architecture des systèmes d’information et de gouvernance technologique.
