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Tourisme : Le Maroc met les bouchées doubles
Le Royaume est bien paré pour saisir ce fameux momentum. Renforcement de l’offre hôtelière, de la capacité litière, des liaisons aériennes… Tout est calculé au détail près pour attirer les 26 millions de touristes à l’horizon 2030.
Le secteur touristique a bien surfé sur la vague de l’exploit des Lions de l’Atlas lors de la Coupe du monde organisée au Qatar en 2022.
Si cet événement a permis de mettre encore plus en lumière le Maroc, en tant que destination touristique, et de propulser les performances touristiques du pays, allant d’un record à l’autre, que ce soit en termes d’arrivées, de nuitées, de recettes ou de taux d’occupation, qu’en serait-il alors de l’organisation de la Coupe du monde en 2030, au Maroc, conjointement avec l’Espagne et le Portugal ?
Rappelons la hausse des arrivées aux postes-frontières en 2023 de 34% à 14,4 millions de touristes et des nuitées de 35% à 25,6 millions, cela après un taux de récupération de plus de 84% en 2022.
Ceci avait permis au pays de passer de la 34e place en 2019 à la 22e. Que de prouesses ! D’ailleurs, on se souvient, en 2022, que plus de 13 millions de mentions «Maroc» et plus de 130 millions d’interactions autour du contenu en rapport avec le Royaume ont été enregistrées sur les réseaux sociaux.
Un grand intérêt est exprimé donc pour la destination Maroc qui se matérialise déjà, grâce d’abord à l’équipe nationale de football, mais aussi à la concrétisation de la feuille de route du tourisme 2023-2026.
Un nouveau cap sera franchi à 2030 et il devrait hisser le pays à des sommets jamais atteints auparavant et même incomparables.
De grands défis attendent le gouvernement, relatifs surtout à l’accroissement de la capacité d’accueil des touristes et supporters dans les six villes qui devraient abriter les matchs du Mondial, à l’augmentation de l’offre hôtelière et, partant, de la capacité litière du pays, ainsi qu’à l’élargissement des connexions aériennes.
Selon les estimations du département de tutelle, le Maroc prévoit d’accueillir 26 millions de touristes en 2030, sachant qu’à fin novembre de cette année, ils ont atteint près de 16 millions. Juste durant la compétition, le Royaume pourrait attirer plus de 1,5 million de visiteurs supplémentaires, selon une étude publiée par l’Observatoire du travail gouvernemental (Otrago). Les hôtels, eux, pourraient enregistrer un taux d’occupation de 90 à 100%.
Recettes : Jusqu’à 30 MMDH
Tenant compte des dépenses touristiques observées lors des précédentes Coupes du monde, les recettes touristiques additionnelles pourraient varier entre 2 et 3 milliards de dollars pendant et après l’événement. Cela repose sur les estimations des dépenses moyennes prévues par touriste, entre 1.000 et 2.000 dollars, toutes charges comprises (hébergement, restauration, déplacement, shopping et loisirs).
Pour faire face à cette augmentation prévue des touristes, le pays prévoit de rajouter 150.000 nouvelles chambres d’hôtel d’ici à 2030. Un chiffre qui pourrait être atteint ou même dépassé, compte tenu des nombreux investissements hôteliers déjà réalisés et à venir.
Actuellement autour de 300.000 lits, cette capacité reste limitée et le pays a tout à gagner à la renforcer en vue d’atteindre les objectifs fixés en lien avec ce momentum. Et c’est déjà en cours avec les nombreuses récentes ouvertures hôtelières qui ont concerné aussi bien Rabat, Casablanca, Marrakech, Agadir et Dakhla. D’autres sont prévues les prochaines années. D’ailleurs, l’enseigne Hilton, pour ne citer qu’elle, envisage d’ouvrir neuf établissements.
Consolider la capacité d’accueil passe également par le renforcement des liaisons aériennes pour transporter les touristes depuis et vers le Maroc. Et c’est en marche. D’abord, Royal Air Maroc a lancé de nouvelles lignes et repris ses vols sur d’autres interrompues depuis quelque temps. Allusion faite à Sao Paulo, à Toronto, à New York en partance de Marrakech, ou encore à Manchester, Naples, Abuja…
Une toile aérienne plus dense
Pour accompagner toute cette croissance aérienne en cours et à venir, la compagnie aérienne nationale prévoit d’étendre sa flotte à 200 avions d’ici 2037. De son côté, l’ONMT a conclu des partenariats avec Ryanair pour desservir d’autres destinations aussi bien internes qu’externes, comme Dakhla, Lansarote et Madrid, depuis Rabat.
La compagnie a également inauguré une nouvelle base aérienne à Tanger, permettant d’offrir ainsi 13 nouvelles lignes dont 8 internationales et 5 nationales. Ce qui devra porter le nombre de lignes à 25 au total.
De nombreux challenges sont donc à relever pour contribuer à pérenniser le rayonnement du Maroc à l’international, car en plus de l’augmentation de l’offre touristique et des liaisons aériennes, le pays devra déployer d’importants investissements dans la qualité des services offerts pour la hisser aux standards internationaux, dans la formation du personnel, mais aussi dans l’offre complémentaire à l’hébergement en termes de circuits touristiques, d’animations, d’expérience client…
Des incitations pour encourager l’investissement
En plus des différentes incitations offertes par la nouvelle Charte de l’investissement, plusieurs initiatives ont été lancées en vue d’accélérer la mise en œuvre des projets dans le secteur touristique, à l’instar de Cap Hospitality destiné à moderniser le parc hôtelier, Go Siyaha visant à accompagner 1.700 entreprises touristiques à l’horizon 2026 et Moukawala Siyahia qui offre un appui financier et technique aux entreprises touristiques au niveau régional.
À côté, d’autres mécanismes ont été activés, à l’instar de programmes d’animation de niches dans les secteurs de la gastronomie, du gaming et du digital, pour stimuler les activités d’animation innovantes et des programmes d’amélioration des prérequis en partenariat avec les régions et autorités locales pour davantage d’attractivité des filières touristiques.
