SUIVEZ-NOUS

Secteurs

Publicité pour les médicaments : Enfin oui, mais…

Un décret vient d’être publié autorisant, sous conditions, la pub pour les produits pharmaceutiques. Un plus pour les officines, mais aussi un prélude pour l’exportation des vaccins.

Publié le


Mis à jour le

En vertu du Code du médicament et de la pharmacie, la publicité pour les médicaments est interdite si ce n’est sur des supports spécialisés (les revues médicales par exemple) ou via de l’affichage dans les pharmacies.

Toutefois, les campagnes publicitaires pour les vaccins et les contraceptifs dans le cadre des programmes de la planification familiale ou encore des médicaments pour la lutte contre le tabagisme étaient autorisées en vue de sensibiliser l’opinion publique.

Aujourd’hui, le décret d’application, récemment publié au Bulletin officiel, détermine les conditions de mise en œuvre des dispositions du Code du médicament et de la pharmacie, promulgué en 2004.

Le texte fixe ainsi les règles de la publicité institutionnelle, celle destinée au grand public, ainsi que la communication des professionnels. Le décret vise à mettre fin au désordre au niveau de la promotion et la vente de médicaments et simplifier les procédures.

Toutefois, dans le milieu de l’industrie pharmaceutique, on estime que «l’accélération de l’adoption de ce décret vise également une adaptation aux normes de l’OMS concernant la règle dite Maturité3». Cette norme à caractère réglementaire est une classification utilisée pour évaluer le développement des organismes de réglementation des médicaments dans le cadre du programme de classification de la maturité réglementaire.

Conformité aux normes de l’OMS
Celui-ci vise le renforcement des capacités des autorités nationales de réglementation des médicaments afin de garantir l’accès à des produits, vaccins ou autres, de qualité, sûrs et efficaces. Pour les professionnels, l’obtention de la «Maturité 3» est intéressante et utile dans la mesure où elle permettra au Maroc d’exporter des vaccins. En Afrique, on compte déjà cinq pays dont la réglementation est conforme à cette norme.

Pour les pharmaciens d’officine, le décret apportera, au niveau de la publicité destinée au grand public, des changements dans l’exercice quotidien de la profession.

En effet, n’étant autorisée que pour les médicaments non soumis à une prescription médicale, non remboursables par les régimes d’assurance maladie ou que l’autorisation de mise sur le marché ne comporte pas de restrictions en raison d’un risque possible pour la santé publique, la publicité grand public renforcera le rôle du Conseil du pharmacien.

Aussi, les professionnels estiment que «cette réglementation laisse pressentir un acheminement vers l’établissement du statut de médicaments de comptoir appelés aussi OTC “Over the Counter” qui sont accessibles aux patients sans ordonnance».

Un statut qui, jusqu’à présent, n’existe pas au Maroc. Toutefois, la publicité pour ces produits est nécessairement accompagnée d’un message de prudence et de renvoi au Conseil du pharmacien suivi de la mention «en cas de persistance des symptômes, consultez un médecin».


Médicaments : les précisions du décret…
En plus, c’est une forme d’incitation au mésusage des médicaments, ce qui expose la santé des citoyens à un grand risque. C’est pour cela qu’il a été jugé bon d’envoyer une circulaire.

La publicité destinée au grand public est désormais soumise à une autorisation préalable délivrée par l’Agence marocaine des médicaments et des produits de santé, appelée «Visa de publicité». Les supports publicitaires doivent obligatoirement mentionner des informations précises, comme le nom du médicament, son numéro d’autorisation et les consignes nécessaires à une utilisation correcte.

Les messages doivent également inclure un avertissement stipulant qu’il est nécessaire de consulter un médecin en cas de persistance des symptômes. Ne peuvent faire l’objet de publicité que les médicaments non soumis à une prescription médicale, non remboursables par les régimes d’assurance maladie ou que leur autorisation de mise sur le marché ne comporte pas de restrictions en matière de publicité auprès du public en raison d’un risque possible pour la santé publique.

L’Agence marocaine des médicaments et des produits de santé doit statuer sur le dossier de demande dans un délai maximum de soixante jours à compter de sa soumission.

Le visa de publicité est accordé pour une durée d’un an, renouvelable dans la limite de la validité de l’autorisation de mise sur le marché.