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Ces chantiers qui vont littéralement révolutionner le Royaume (1/3)

Zoom sur les trois premiers chantiers suivants : L’Autoroute de l’eau pour la souveraineté hydrique, la station de dessalement de Dakhla et le grand port « Dakhla Atlantique ».

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Autoroute de l’eau : pour la souveraineté hydrique

Un appel d’offres vient d’être lancé pour construire les canalisations permettant d’alimenter la ville de Marrakech en eau potable depuis la station de dessalement d’OCP Green Water de Safi. Auparavant, c’est la ville de Khouribga qui va être approvisionnée, via 200 km de canalisations, depuis Jorf Lasfar; Settat, El Jadida et la partie sud de Casablanca, qui a reçu 60 millions de m3 en 2024, sont déjà servies par la branche eau du groupe.

Le point commun entre ces villes, c’est qu’elles étaient alimentées auparavant depuis le barrage d’Al Massira, aujourd’hui à sec. Mais sans doute plus pour longtemps. Le projet d’interconnexion entre les bassins du Gharb-Bouregreg et Oum Errabii est, en effet, à un stade avancé.

Les grandes agglomérations urbaines, en plus de Casablanca et même Rabat et Salé, vont être alimentées, dans les prochaines années, par les stations de dessalement de Casablanca, en cours de construction, et de Rabat en projet, l’interconnexion des bassins hydrauliques devrait bénéficier en premier lieu à l’agriculture.

Le Plan d’action de l’autoroute de l’eau comprend plusieurs axes, dont notamment le projet d’interconnexion entre le bassin de Sebou, de Bouregreg, déjà opérationnel et qui permet le transfert de 380 millions de m3 par an, son extension à l’Oum Errabii permettra de renforcer les ressources en eau de ce bassin par un volume supplémentaire entre 400 et 500 millions m3 par an.

Au Nord, et en attendant la phase d’interconnexion entre le Lokkous et Sebou, une autre connexion est actuellement en phase de pré-exploitation, reliant le barrage Oued El Makhazine à celui de Dar Khrofa, dans les environs de Tanger, avec à la clé la sécurisation des besoins de la ville et l’irrigation de 10.000 hectares grâce à une capacité de transport de 100 millions de m3 par an.

En tout, selon les prévisions, les futures connexions entre les bassins du Nord et du Sud permettront l’exploitation d’un milliard de mètres cubes d’eau qui se perdent actuellement dans la mer et garantiront une répartition spatiale équilibrée des ressources hydriques nationales.

Une meilleure maîtrise des ressources en eau permet également une meilleure maîtrise de leur usage. Le projet d’irrigation au goutte-à-goutte, programmé pour une superficie d’un million d’hectares, est à la portée et devrait même révolutionner la pratique de l’agriculture.

Il permet, en effet, d’intégrer facilement les nouvelles technologies agricoles, notamment la fertigation, décuplant ainsi la valeur ajoutée agricole, ainsi que l’élevage intensif entre autres filières agricoles.

Dessalement de Dakhla : le triptyque vital eau-énergie-alimentation

C’est le modèle de la production agricole de demain. Cette station est basée sur une approche nexus eau-énergie-alimentation, soit les principales composantes de la souveraineté alimentaire.

Ce projet novateur comprend une station de dessalement alimentée à partir d’un parc éolien qui fournira de l’eau potable pour l’ensemble de la population de la région et permettra d’irriguer une superficie agricole de 5.200 hectares qui se trouve dans une zone désertique, réservée aux cultures à haute valeur ajoutée et fortement créatrices d’emplois.

Voilà le pari de demain du Maroc, faire pousser des produits agricoles et du fourrage là où la nature n’y est pas disposée. Et si l’on sait que des fertilisants seront bientôt produits à partir de l’hydrogène vert, non loin, un peu plus au Nord à Boucraâ, l’on peut aisément imaginer l’impact de ce projet sur l’évolution de l’agriculture dans notre pays.

Non seulement c’est un changement de la conception que les Marocains ont de l’agriculture, encore liée dans l’imaginaire populaire à la pluie et la terre, mais aussi c’est un modèle à dupliquer un peu partout, au large du littoral atlantique. À Agadir, une partie de la production de la station de dessalement est déjà allouée à l’irrigation.

Ce sera le cas plus au Nord, à Casablanca notamment, mais également dans le Chaouia pour les stations de Safi et Jorf Lasfar. Plus encore, c’est un modèle exportable, notamment en Mauritanie, où des entreprises marocaines pourraient développer des projets de partenariats agricoles, et même ailleurs.

Dakhla Atlantique : la porte du Maroc sur l’Afrique

Dakhla Atlantique est plus qu’une infrastructure portuaire. C’est une porte d’entrée vers un marché de plus de 1,3 milliard de consommateurs.

Le projet dont le taux d’avancement des travaux a dépassé les 28% sera livré vers fin 2028, apportera certes de nouvelles capacités, créant des synergies et des complémentarités avec le port de Tanger-Med, qui vient de dépasser la barre des 10 millions de conteneurs, et Nador West Med, dont la mise en service est prévue pour l’année en cours.

Situé à 40 km au nord de la ville, ce port, réalisé par des entreprises marocaines, sera aussi adossé à une zone industrialo-logistique de 1.650 hectares contre 800 hectares pour Nador West Med. C’est dire qu’il va métamorphoser toute la région et même au-delà les trois régions réunies du Sahara.

Du point de vue géoéconomique, le port permet au Maroc de diversifier ses routes maritimes. Cela offre une alternative pour le transit des marchandises et améliore la résilience du réseau logistique national. Sa portée géopolitique est également indiscutable, puisqu’il offre un point d’accès vers le monde entier pour les quatre pays du Sahel, membres de l’Initiative Atlantique pour le Sahel lancée par le Royaume.

La construction de ce port, par lequel le Maroc affirme accessoirement sa souveraineté sur ses provinces du Sud, est un signal fort envoyé aux investisseurs internationaux sur l’engagement du pays dans le développement de ses infrastructures et dans la sécurisation des investissements.

Ce qui permettra d’attirer des investissements directs étrangers, notamment dans les industries de transformation, y compris des produits de la mer, l’énergie renouvelable, l’industrie minière et d’autres secteurs stratégiques.

Par-delà, Dakhla Atlantique, connecté aux réseaux routiers en service ou en cours de construction, est de nature à améliorer la connectivité avec les pays du Sahel et d’Afrique de l’Ouest, favorisant ainsi une meilleure intégration économique régionale.