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Badr Bouarich : «La réglementation du secteur ne doit pas être confondue avec la monopolisation»

Le Groupement national contre le monopole des compléments alimentaires se mobilise pour le retrait de l’amendement de l’article 30 de la loi 17-04. Son porte-parole en donne les raisons…

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L’amendement de l’article 30 de la loi 17-04 suscite une grande inquiétude au sein du secteur. Pourquoi ?
Les professionnels du secteur estiment que cette réforme risque de bouleverser un marché qui s’est fortement développé durant ces dernières années.

Le principal risque réside, tout d’abord, dans la concentration de la distribution au sein d’un seul canal, celui des pharmacies. Le transfert de ce marché vers les officines pourrait réduire les choix offerts aux consommateurs et entraîner une hausse des prix.

Mais il y a aussi la notion d’«effet thérapeutique» qui a été introduite par l’amendement…
Les compléments alimentaires ne sont pas des médicaments, mais des produits destinés à compléter l’alimentation. Cette précision est très importante. Le développement du marché des compléments souffre d’une limite importante : le sous-dosage des produits.

Les limites de dosage autorisées au Maroc pour certains minéraux, vitamines et substances actives sont inférieures à celles admises sur plusieurs marchés internationaux, notamment en Europe et aux USA.

On peut citer le cas de la vitamine C par exemple, dont le dosage est limité à 180 mg contre 1.000 mg en France et 2.000 mg aux USA. Ou encore la Vitamine D, dont le dosage est fixé à 50 contre 100 en France et aux USA.

Cela réduit l’efficacité potentielle de certains compléments et limite la capacité des producteurs à innover et proposer des produits comparables aux standards internationaux.

Sans compter que cette contrainte ne nous permet pas de nous positionner sur les marchés étrangers et de développer les exportations, qui restent aujourd’hui ponctuelles vers certains pays, comme l’Arabie saoudite ou encore les pays de l’Afrique de l’Ouest.

En plus, les compléments alimentaires commercialisés au Maroc restent soumis à des dosages généralement inférieurs à ceux observés sur plusieurs marchés internationaux, notamment européens et nord-américains.

Quelles sont alors les revendications de la profession ?
Tout d’abord, un alignement du Maroc sur les normes du dosage mondial, notamment en Europe.

Cela offrira plus d’opportunités d’innovation et d’exportation aux fabricants locaux, d’une part, et d’autre, il réduirait aussi la contrebande de compléments qui représente aujourd’hui près de 20% du marché.

En deuxième lieu, nous demandons également un assouplissement et une réduction des délais d’enregistrement au niveau du ministère de la Santé.

Actuellement, il faut attendre 12 à 18 mois. Ailleurs, les procédures sont plus souples. Par exemple, aux USA, les nouveaux produits sont déclarés sur un portail spécialisé qui permet un contrôle efficace et rapide des produits.

Au Maroc, l’agrément s’obtient dans un délai de trois mois auprès de l’ONSSA, qui est chargé du contrôle et de la traçabilité des produits.

Il faut reconnaître que la décentralisation de l’Office reste un point fort dans la célérité des procédures.