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Oussama Nour : «Nous avons signé des accords de préfaisabilité dans plusieurs pays»

Le co-fondateur et directeur général d’ATAREC, récemment nommé au conseil d’administration de la CGEM, revient sur les atouts et le développement de la solution «Wave Beat», ainsi que les défis liés à son déploiement.

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Pouvez-vous nous présenter les caractéristiques techniques de Wave Beat ?
C’est une technologie de production d’électricité à partir de l’énergie des vagues. Elle exploite le mouvement vertical de la houle, qu’elle convertit d’abord en énergie mécanique, puis en énergie électrique, pouvant être injectée sur le réseau.

Le système utilise des dispositifs flottants qui montent et descendent avec les vagues. Ce mouvement est transformé en énergie mécanique, puis en électricité grâce à un système de conversion intégré.

Quels sont les avantages de votre solution ?
L’installation sur des digues portuaires existantes permet de réduire significativement les coûts d’investissement (CAPEX) et d’exploitation (OPEX), notamment en évitant les installations offshore complexes et les opérations de maintenance en mer.

L’énergie des vagues présente aussi un facteur de charge plus élevé que le solaire et l’éolien, pouvant être deux à trois fois supérieur dans certaines régions. En revanche, elle souffre encore d’un déficit de maturité technologique et de contraintes importantes liées au milieu marin.

Justement, peut-on connaître ces entraves ?
Les défis sont essentiellement techniques : la corrosion, la résistance aux tempêtes, l’imprévisibilité de la mer et la durabilité des équipements dans un environnement très agressif. Ces contraintes expliquent pourquoi l’énergie marine n’a pas encore été développée à grande échelle dans le monde.

Concrètement, où en est votre prototype aujourd’hui ?
La technologie est en cours de développement. Des essais en laboratoire, des simulations numériques et des tests techniques sont toujours en cours afin d’atteindre un niveau de maturité suffisant pour passer à la phase suivante. Le projet pilote ne sera lancé qu’après la validation technique complète.

Qu’en est-il de son financement ?
Le développement d’une solution deep-tech hardware implique des investissements conséquents. Après un démarrage financé grâce à des compétitions nationales, ATAREC a octroyé, en 2022, 10% de son capital au Fonds UM6P Ventures, moyennant un investissement de 2 millions de dirhams. Cet appui a été déterminant pour accélérer le développement du démonstrateur.

Des tests sont-ils menés à l’international ?
Effectivement. Des essais sont réalisés notamment aux Pays-Bas, en partenariat avec le Marine Research Institute of the Netherlands, un laboratoire spécialisé dans les essais maritimes, disposant d’infrastructures permettant de simuler différents états de mer.

Votre technologie est-elle protégée ?
Absolument. Wave Beat est brevetée dans 70 pays, notamment en Afrique, au Japon, en Europe et en Australie.

ATAREC a-t-elle déjà noué des accords avec des clients potentiels ?
De nombreux acteurs à l’international ont manifesté leur intérêt. Des accords de préfaisabilité ont été signés dans plusieurs pays, dont le Liban, le Danemark et l’Afrique du Sud.

Il ne s’agit toutefois pas encore de contrats commerciaux. La demande existe, mais la priorité reste la résolution des défis techniques et l’obtention des certifications nécessaires. La commercialisation interviendra une fois ces étapes franchies.