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Casablanca-Settat : L’artisanat, un levier économique en pleine dynamique
Dans la région, l’artisanat n’est pas un vestige du passé, mais une force vive tournée vers l’avenir. Grâce à l’engagement de la Direction régionale de l’artisanat, le secteur se structure, se modernise et s’ouvre de nouvelles perspectives.
Dans une région aussi stratégique que Casablanca-Settat, l’artisanat s’impose aujourd’hui bien plus qu’un simple héritage culturel. Il constitue un véritable moteur économique, social et identitaire.
Au cœur de cette dynamique, la délégation régionale de l’artisanat joue un rôle structurant, accompagnant un secteur en pleine mutation, entre tradition et modernité.
Une infrastructure au service des artisans
Avec près de 100.000 artisans inscrits au Registre national de l’artisanat, la région confirme son poids considérable dans l’économie nationale. Cette masse d’acteurs, répartie entre métiers traditionnels et activités modernes, reflète la richesse et la diversité du savoir-faire local.
Au-delà des chiffres, c’est toute une économie de proximité qui se développe : ateliers, coopératives, micro-entreprises et structures organisées, contribuant à la création d’emplois et à la valorisation des produits du terroir. Dans un contexte marqué par les défis économiques, l’artisanat apparaît comme un secteur résilient, capable de s’adapter et d’innover.
Pour soutenir cette dynamique, la délégation régionale de l’artisanat a mis en place un réseau structuré d’infrastructures dédiées.
Au total, 19 espaces de production et de promotion artisanale jalonnent le territoire, offrant aux artisans des conditions de travail améliorées et des opportunités de commercialisation.
Dans la métropole de Casablanca, six fondouks emblématiques témoignent de cette volonté d’organisation : Dar Nassij, Espace Artisan, Place Centrale, Safi, Tijara et El Mellah. Ces lieux, à la fois historiques et fonctionnels, permettent aux artisans de produire et de vendre dans des environnements adaptés.
À cela s’ajoutent quatre complexes artisanaux modernes, notamment à Médiouna et Zenata, ainsi que des ensembles artisanaux à Casablanca et Settat. Les Dar Sanaa, implantées à Ouled Aissa, Azemmour et Settat, jouent également un rôle essentiel dans la transmission des savoir-faire.
Enfin, des villages d’artisans et une zone d’activité spécialisée à Zemamra complètent cet écosystème, favorisant la concentration des compétences et la synergie entre professionnels.
Coopération internationale
La Direction régionale de l’artisanat s’inscrit dans une dynamique d’ouverture à l’échelle continentale et internationale à travers la mise en place de partenariats stratégiques visant à renforcer la coopération et les échanges entre les différents acteurs du secteur artisanal.
Ces coopérations ont pour objectifs de promouvoir le savoir-faire artisanal, favoriser le transfert de compétences, stimuler l’innovation, encourager les investissements, ainsi que faciliter l’accès des artisans aux marchés internationaux. Cette orientation se concrétise notamment par l’accueil de délégations étrangères.
La Direction organise également des visites de sites patrimoniaux emblématiques, tels que les Fondoks situés dans l’ancienne médina ainsi que la Mosquée Hassan II et les institutions qui y sont rattachées…, permettant ainsi aux délégations de découvrir la richesse du patrimoine artisanal et architectural marocain, dans une logique de partage d’expériences et de bonnes pratiques.
Dans le même cadre, la Direction a procédé à l’ouverture d’un guichet unique dédié à l’orientation des migrants africains en situation légale au Maroc, afin de les accompagner et les informer sur les offres de formation dans les métiers de l’artisanat, contribuant ainsi à leur intégration socioéconomique et à la valorisation du secteur.
Une ambition tournée vers l’export
L’un des indicateurs les plus révélateurs de la vitalité du secteur reste son ouverture à l’international. En 2025, les exportations artisanales de la région ont atteint près de 379 millions de dirhams, représentant 31% des exportations nationales.
Bien que cette part est en recul par rapport à 2022, où la région dominait avec 58%, elle confirme néanmoins la position stratégique de Casablanca-Settat, désormais classée deuxième au niveau national. Cette évolution traduit une recomposition du marché, mais aussi une diversification des acteurs à l’échelle du pays.
La délégation régionale accompagne cette orientation exportatrice en soutenant la qualité des produits, leur certification et leur adaptation aux standards internationaux. L’objectif est clair : renforcer la compétitivité des artisans locaux sur les marchés étrangers.
La formation, pilier de la relève artisanale
L’un des défis majeurs de l’artisanat reste la transmission des compétences. Pour y répondre, la région dispose d’un réseau d’établissements de formation spécialisés, répartis entre Casablanca, Settat, Mohammedia et El-Jadida.
Les Instituts spécialisés des arts traditionnels (ISAT), les Centres de qualification professionnelle (CQPAT) et les Centres de formation par apprentissage (CFA) proposent une offre diversifiée de formations. Les diplômes délivrés vont du certificat de spécialisation au niveau technicien spécialisé, couvrant un large éventail de métiers.
Bijouterie, poterie, maroquinerie, menuiserie d’art, ferronnerie, tapisserie ou encore couture traditionnelle : ces filières témoignent de la richesse du patrimoine artisanal, mais aussi de sa capacité à évoluer.
En formant une nouvelle génération d’artisans qualifiés, la délégation régionale assure la pérennité du secteur tout en répondant aux exigences du marché.
Ainsi, dans le cadre du renforcement de la formation professionnelle dans le secteur de l’artisanat, la Direction régionale de l’artisanat a mis en place plusieurs partenariats stratégiques visant à élargir l’accès aux formations au profit de différentes catégories bénéficiaires.
À cet effet, une convention de partenariat a été établie avec le ministère de la Défense, permettant aux conscrits de bénéficier de formations qualifiantes dans les métiers de l’artisanat, afin de faciliter leur insertion professionnelle après leur service.
Par ailleurs, un partenariat avec la Délégation générale à l’Administration pénitentiaire et à la réinsertion offre aux détenus la possibilité d’accéder à des formations dans les métiers de l’artisanat, contribuant ainsi à leur réhabilitation et à leur réintégration socioéconomique.
Ces initiatives traduisent la volonté de la Direction de promouvoir un artisanat inclusif et accessible, au service du développement humain et social.
Entre tradition et innovation
L’artisanat de Casablanca-Settat se distingue par sa capacité à conjuguer héritage et innovation. Si les techniques ancestrales restent au cœur des pratiques, elles s’enrichissent aujourd’hui de nouvelles approches : design contemporain, digitalisation des ventes, participation à des salons internationaux.
La délégation régionale encourage cette évolution en accompagnant les artisans dans leur transformation. Programmes de formation, soutien à la création, accès au financement : autant d’outils mobilisés pour faire émerger une nouvelle génération d’entrepreneurs artisanaux.
Face aux mutations économiques et sociales, la délégation régionale de l’artisanat s’inscrit dans une vision à long terme. Son action ne se limite pas à l’encadrement du secteur, elle vise à en faire un levier de développement territorial.
En valorisant les savoir-faire locaux, en créant des emplois et en renforçant l’attractivité de la région, l’artisanat contribue pleinement à la dynamique de Casablanca-Settat. Il participe également à la préservation de l’identité culturelle, dans un monde de plus en plus globalisé.
Entre infrastructures dédiées, formation de qualité, structuration professionnelle et ambition exportatrice, tous les ingrédients sont réunis pour faire de l’artisanat un pilier durable du développement régional.
Dans cette région en constante évolution, les artisans ne sont plus seulement des gardiens de la tradition : ils deviennent des acteurs économiques à part entière, porteurs d’innovation et d’espoir.
Structurer pour mieux professionnaliser
Consciente des enjeux de modernisation selon la loi 50.17, la Direction régionale a lancé un vaste chantier de structuration professionnelle.
Une première phase a vu la création de cinq corporations couvrant des secteurs clés : la coiffure et l’esthétique, les métiers de la terre et de la pierre, la bijouterie, la réparation des moyens de transport, ainsi que les produits à base de matières végétales.
Cette initiative vise à organiser les métiers, renforcer la représentation des artisans et améliorer leurs conditions de travail. Elle permet également de mieux encadrer les pratiques et de favoriser l’émergence de normes professionnelles.
À terme, cette structuration devrait contribuer à une meilleure reconnaissance du secteur et à son intégration dans les politiques économiques régionales.

