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Les parfums et senteurs orientaux : Une niche encensée…

Parfums, oud, bakhour, huiles essentielles et senteurs d’intérieur sont de plus en plus prisés par les Marocains. Les ventes sont cycliques : Ramadan, fêtes religieuses, 8 mars, Saint-Valentin, fin d’année et été. Deux enseignes étrangères dominent le marché sur lequel des marques locales ont des offres plus accessibles.

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Les produits alimentaires ne sont pas les seuls à enregistrer une hausse de la demande durant le mois de Ramadan. Les parfums et les senteurs orientaux sont également très prisés durant cette période. Et cette niche connaît même, selon les professionnels, une évolution régulière sur toute l’année. «Il y a un pic d’activité durant le Ramadan et les fêtes religieuses, mais les ventes sont devenues régulières sur toute l’année. Et ceci parce que les parfums, le bakhour et les senteurs d’intérieur orientaux sont, depuis plus d’une dizaine d’années, très demandés par les Marocains», explique le gérant d’un point de vente Abdul Samad Al Qurashi. Une célèbre enseigne saoudienne qui contrôle, avec Swiss Arabian, ce marché. Elle sera la première marque à s’implanter au Maroc en 2008 en raison de l’important potentiel du marché des parfums orientaux. N’avançant aucune estimation de ce business, les responsables de l’émirati Swiss Arabian expliquent que «c’est l’engouement des Marocains pour ces parfums et pour le bakhour que le groupe a décidé de s’implanter au Maroc en 2010. Nous avons voulu offrir localement les produits que notre clientèle achetait lors des déplacements à l’étranger».

Les deux enseignes ont développé durant cette dernière décennie leurs propres réseaux de vente, d’abord dans les grandes villes du pays, notamment Casablanca, Rabat, Marrakech, Tanger et Fès. Et elles poursuivent actuellement leur extension dans d’autres régions comme Kénitra, Safi ou encore Agadir. En effet, Swiss Arabian, qui compte 30 boutiques, a ouvert récemment un point de vente à Fès et prévoit une ouverture à Safi et Meknès au cours de l’année.

Oud, parfums, huiles essentielles, bakhour et parfums d’intérieur constituent l’offre de ces parfumeurs. Les fragrances orientales sont généralement créées à base d’essence de bois précieux, de plantes exotiques comme le patchouli, de la vanille, ou bien de musc. Les grandes marques, comme Tom Ford, Chanel Dior ou encore Armani, ont développé, depuis 2017, des parfums à base de l’oud. La clientèle marocaine qui optait pour ces marques n’hésite plus à acheter les parfums orientaux proposés par Qurashi et Swiss Arabian. Ce dernier est même allé jusqu’à créer un parfum dédié à sa clientèle marocaine le «Casablanca». Unisexe, à l’instar de tous les autres parfums orientaux, à base d’oud, musc et vanille, ce parfum enregistre, selon la maison émiratie, de très bonnes ventes.

Clientèle diversifiée
Les gammes de parfums chez les deux enseignes comptent une centaine de produits dont les prix varient en moyenne entre 300 et 2.000 dirhams. Chez Swiss Arabian, par exemple, la fourchette des prix se situe entre 290 et 1.600 dirhams. Concernant l’oud, ce produit cher, les prix vont de 60 à 400 dirhams le gramme en moyenne. Et la meilleure qualité, expliquent des sources chez Abdul Samad Al Qurashi, peut être vendue à près de 800 dirhams le gramme. Comme l’or, le business de l’oud est accaparé par des opérateurs cambodgiens, afghans ou encore indiens, détenteurs de licences et qui distribuent le produit à travers le monde. «C’est le circuit légal et parallèlement il y a des importations illégales. Le prix de l’oud connaît des variations selon la conjoncture et est déterminé en fonction de l’âge de l’arbre. Ainsi, plus l’arbre est vieux, plus le produit est meilleur et cher», souligne-t-on chez Swiss Arabian. Le bakhour, mélange d’oud, ou précisément de miettes d’oud, et de musc, d’ambre et d’encens, est également très prisé par les Marocains. Le prix varie entre 130 dirhams (100 grammes) et 1.200 dirhams pour une composition haut de gamme. Le prix des parfums et les senteurs d’intérieur va de 150 DH/g pour atteindre les 400 dirhams. Composition de bakhour, parfums et senteurs d’intérieur sont de plus en plus demandés par les consommateurs qui les offrent, comme le chocolat par exemple, en guise de cadeau pour différentes occasions, notamment un Ftour en famille ou entre amis, pour une pendaison de crémaillère, les mariages, etc. Pour adapter leur offre à cette tendance, les deux enseignes proposent des coffrets pour les fêtes de fin d’année, la Saint-Valentin ou encore le 8 mars. Selon Swiss Arabian, «outre les particuliers, les entreprises s’adressent à nous et les commandes sont importantes à la fin de l’année et pour la Journée internationale de la femme. Le pack cadeau est proposé à 1.750 dirhams et un coffret, en collection limitée, à 3.450 dirhams».

Des offres sur ce marché, il y en a pour tous les goûts et pour toutes les bourses. Parallèlement aux marques internationales de luxe, des enseignes locales, comme KenzFès, Bab Moulay Driss ou encore Dar Benkirane ont une offre plus accessible. Dans ces boutiques, un gramme d’oud est vendu entre 40 et 250 dirhams. Les mélanges de bakhour (oud, musc, sarghine, gomme arabique, ambre) sont commercialisés à partir de 20 dirhams le gramme. Par ailleurs, ces marques proposent également des accessoires (le diffuseur, le chalumeau), le tout présenté sur des plateaux de l’artisanat marocain en bois ou en argent, au prix de 500 à 1.700 dirhams.
L’achat moyen en boutique, selon les diverses enseignes, se situe entre 800 et 1.200 dirhams. La clientèle est composée de Marocains, mais aussi de touristes, notamment des Subsahariens, des Européens et des Américains. Par exemple, dans les boutiques qui sont situées dans les aéroports, les ventes sont surtout portées par les touristes.