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Les moteurs de la croissance en 2025
L’économie nationale devrait connaître un rebond notable cette année, profitant d’une embellie des principaux secteurs productifs du pays, de la vigueur retrouvée de la demande intérieure, mais aussi d’une conjoncture internationale plus favorable. Tour d’horizon.
L’économie nationale multiplie les signaux de bonne santé en ce début d’année. Un vent d’optimisme semble même souffler, notamment à la Bourse de Casablanca, où son indice phare, le Masi, a battu il y a quelques jours son record historique, franchissant pour la première fois la barre des 16.000 points, porté par des investisseurs enthousiastes, pour ne pas dire euphoriques.
Cet élan en Bourse s’inscrit dans un contexte plus généralisé de regain de confiance dans la capacité de l’économie nationale à amorcer un cycle de forte croissance, après avoir fait preuve d’une résilience à toute épreuve face aux nombreuses crises auxquelles elle a dû faire face ces dernières années. 2025 s’annonce, en effet, comme une année de relance par excellence, comme le suggèrent les dernières prévisions macroéconomiques du Haut-commissariat au plan.
Selon l’institution, qui vient de publier son budget économique prévisionnel 2025, «l’économie nationale devrait se renforcer cette année et suivre une trajectoire positive». Elle devrait ainsi enregistrer une croissance du PIB de 3,8% après 3% en 2024, dans une conjoncture porteuse, que ce soit au niveau interne ou externe.
Robustesse de la demande intérieure
L’embellie annoncée s’explique d’abord par la dynamique consolidée de la demande intérieure, principal moteur de la croissance. Une dynamique qui s’explique pour beaucoup par l’efficacité de l’action gouvernementale en faveur du pouvoir d’achat et des investissements.
«La demande intérieure devrait continuer de soutenir l’activité économique, tirant profit de l’amélioration des revenus et de l’orientation favorable de l’investissement», écrit à ce propos le HCP. La consommation des ménages, principale composante de la demande intérieure, devrait ainsi maintenir son regain de forme entrevu en 2024.
Elle est attendue en hausse de 3% en 2025, bénéficiant d’un double effet : la maîtrise de l’inflation autour de 2%, d’une part, et l’amélioration des revenus, d’autre part, suite aux augmentations salariales décidées par le gouvernement dans le cadre du dialogue social.
À cela s’ajoute la poursuite de l’attribution des aides sociales directes et la vigueur des transferts de la diaspora. Autant d’éléments qui soutiennent la consommation des ménages, dont la contribution à la croissance du PIB devrait atteindre 1,8 point en 2025.
Le constat est le même pour la consommation de l’Administration publique et l’investissement brut, autres composantes de la demande intérieure. La première devrait enregistrer une évolution de 4,1% en 2025.
Pour l’investissement brut, il devrait continuer sa reprise entamée en 2023 et afficher un fort taux de croissance de 6,7% en 2025, dans le sillage de la politique volontariste du gouvernement, des préparatifs et des vastes projets d’infrastructure pour l’organisation des grandes manifestations internationales à venir, et de la tendance haussière des IDE.
La demande intérieure devrait au final porter l’activité économique, avec une hausse de 4,2% en 2025, contribuant ainsi à hauteur de 4,6 points à la croissance du PIB, selon les projections du HCP.
Du mieux pour l’activité agricole
D’un point de vue sectoriel, la reprise, quoique «modérée», du secteur agricole, ainsi que le regain de forme des activités secondaires et tertiaires confortent également l’idée que l’activité économique retrouve du tonus.
Pour ce qui est du secteur primaire, la campagne agricole 2024-2025 se caractérise par des conditions climatiques relativement plus favorables que celles de la campagne précédente, qui a connu, rappelons-le, un déficit pluviométrique sévère, menant à une production céréalière de seulement 31,2 millions de quintaux.
Le démarrage de l’actuelle campagne a été marqué par un bon niveau des précipitations, bien que suivi par des chocs thermiques, fait remarquer le HCP, qui s’attend à ce que la valeur ajoutée agricole évolue positivement de 4,1% en 2025 (après un repli de 5% en 2024) sous l’hypothèse d’une production céréalière inférieure à la moyenne (moins de 50 millions de quintaux).
Industrie et tourisme en grande forme
Les activités non agricoles devraient, elles, maintenir leur trend haussier et progresser de 3,6% en 2025, «soutenues par la dynamique continue du secteur du BTP, des activités minières et industrielles, ainsi que par la poursuite de la bonne tenue des activités du commerce, du tourisme et du transport».
L’activité industrielle en particulier, qui pèse 59% de la valeur ajoutée secondaire en moyenne, devrait connaître un accroissement de 3,7% en 2025. Toutes les industries ou presque (l’activité textile devrait se contracter cette année) sont attendues en hausse, que ce soit les industries minières (+5,9%), le BTP (3,8%), l’agroalimentaire (+1,5%) et surtout les industries du matériel de transport (+9,5%).
Celles-ci, souligne le Haut-commissariat au plan, profiteraient des investissements directs étrangers dans le secteur de l’automobile, qui devraient permettre d’introduire de nouvelles technologies et de renforcer la production nationale, notamment celles des batteries électriques.
Le secteur tertiaire est également en grande forme et devrait continuer de soutenir la croissance économique en 2025, avec une progression de 3,5%. Les activités du commerce, immobilières et des services rendus aux entreprises sont bien orientées, avec des croissances projetées respectives de 2,5%, 3,8% et 2,2%.
Le secteur touristique, qui vole de record en record depuis la reprise post-Covid, que ce soit en termes d’arrivées ou de recettes, devrait voir sa valeur ajoutée bondir de 7,4% en 2025.
Une conjoncture mondiale plus propice
L’environnement mondial montre également des signaux favorables à l’économie marocaine, pour au moins deux raisons : la tendance baissière des cours à l’international et la reprise du commerce mondial.
Le marché du pétrole devrait en effet connaître une surabondance attribuée en partie à l’augmentation de la production de plusieurs pays non membres de l’OPEP+, notamment des États-Unis, conjuguée à la stagnation de la demande en Chine. Le cours du baril a avoisiné 80 dollars en moyenne en 2024 et devrait atteindre 73 dollars en 2025, soit son niveau le plus bas depuis quatre ans, souligne le HCP.
Une tendance qui s’est confirmée dès l’investiture du président américain Donald Trump, qui a annoncé son intention de doper la production d’hydrocarbures des États-Unis, occasionnant une chute des prix du baril sous les 80 dollars. Les prix des produits agricoles devraient connaître la même trajectoire et diminuer de 4% en 2025.
Enfin, la demande extérieure adressée au Maroc devrait repartir à la hausse, passant de -1,5% en 2023 à 0,5% en 2024, puis à 2,5% en 2025, sur fond de reprise progressive du volume des échanges mondiaux.
