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Affaires

«Les fonds d’investissement s’intéressent davantage aux start-up early stage»

Interview avec Jérôme Mouthon, Président MEA de Teads.

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Comment les start-up ont-elles fait face au manque de financement en 2023 ?
Bien que 2023 ait été une année plus compliquée en termes d’accès au financement pour les start-up marocaines, il est important de souligner une tendance positive qui se dessine depuis quelques années. En effet, il y a eu une augmentation significative du nombre de fonds d’investissement qui se sont ouverts au Maroc, avec un intérêt croissant même pour les start-up early stage. Le marché du financement de start-up au Maroc est donc globalement en amélioration d’année en année.

Toutefois, en 2023, nous avons observé un changement dans l’attitude des investisseurs, tels que les fonds de capital-risque et les business angels. Ils sont devenus plus prudents et sélectifs dans leurs investissements. Contrairement aux années précédentes où l’on assistait à une abondance de liquidités et à des investissements parfois moins ciblés, les investisseurs se sont davantage concentrés sur la projection de la rentabilité et la solidité du business model des start-up.

Quelles stratégies mettre en place pour se développer dans le contexte actuel ?
Dans le climat économique actuel, les start-up marocaines devraient privilégier les alliances stratégiques pour partager les ressources et surmonter les périodes de financements restreints. Cette approche permet une croissance mutuelle sans investissements massifs. Par ailleurs, l’internationalisation doit être envisagée avec prudence. Au lieu de viser des marchés éloignés et coûteux, les start-up pourraient se concentrer sur des marchés plus proches, exploitables à distance, pour minimiser les coûts de déplacement et d’implantation.

Quels secteurs ou niches peuvent-ils cibler ?
On observe une tendance vers des domaines innovants et en pleine expansion. Par exemple, les technologies vertes et les énergies renouvelables attirent de plus en plus l’attention. Le secteur de l’agroalimentaire connaît également un essor, notamment dans la transformation alimentaire et l’agriculture, secteurs clés tant pour le marché local que pour l’exportation. De même, la santé et la biotechnologie émergent comme des domaines cruciaux, surtout à la suite de la pandémie de Covid-19, poussant les start-up à développer des solutions innovantes dans ces domaines. En outre, l’éducation numérique et l’apprentissage à distance, ou edtech, gagnent du terrain, répondant aux besoins croissants d’éducation flexible et accessible. Enfin, la fintech reste un secteur prometteur, offrant des solutions financières numériques pour améliorer l’inclusion financière.
Brahim Habriche