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Les articles de sport au top de la forme

Les magasins dédiés ont essaimé un peu partout. Mais ils doivent faire face à un redoutable concurrent : le marché informel qui pèse plus de 60% de ce secteur.

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L’engouement pour le sport, qu’il soit pratiqué en salle de fitness, en plein air ou chez soi, ne cesse de croître dans la vie quotidienne. Ce segment envahit de plus en plus les pôles de shopping, diversifiant ses offres pour mieux atteindre les consommateurs.

En 2022, le marché mondial des articles de sport a enregistré une croissance significative, enregistrant ainsi un chiffre d’affaires de 568 milliards de dollars et une augmentation de 4% par rapport à l’année précédente.
Au Maroc, la pratique du sport connaît un grand dynamisme. Il suffit pour s’en convaincre de se rendre dans les grands espaces verts et sur les routes côtières. De plus en plus de terrains de proximité et d’installations sportives en plein air sont mis en place.

Les salles de sport et les compétitions sportives se multiplient ces dernières années dans tout le pays. «Plusieurs facteurs justifient l’évolution du marché des articles de sport au Royaume, notamment l’installation de plusieurs magasins et sociétés spécialisés dans la distribution de marques sportives internationales», affirme Alaâ Mrani, expert en économie du sport et en stratégie des organisations sportives, notant que le développement de la consommation de ces produits est dû principalement à la mise en œuvre d’une politique nationale favorisant la pratique du sport et encourageant l’investissement dans le secteur sportif. «Cette dynamique que connaît le sport est le fruit de nombreux chantiers lancés à l’initiative du Roi Mohammed VI, ayant pour objectif d’octroyer au sport une place de choix et un rôle fondamental à la fois dans la vie des citoyens et au service de la nation».

Dans ce sens, Mrani évoque, entre autres, la lettre adressée par le Souverain aux participants aux deuxièmes Assises nationales du sport à Skhirat (octobre 2008). «Cette lettre a tracé une véritable feuille de route visant à valoriser la chose sportive à différents niveaux. Nous avons pu mettre en place la stratégie nationale de sport (SNS) à l’horizon 2020, reposant sur quatre piliers principaux, notamment la gouvernance, le financement, les infrastructures et le développement des partenariats et de la formation», mentionne-t-il.

L’informel inonde le marché
Face à cette demande croissante pour les articles de sport, plusieurs magasins spécialisés ont été ouverts au Maroc. Depuis le pionnier Planet Sport jusqu’à l’arrivée d’une palette de franchises étrangères, telles que Intersport, City Sport, Go Sport, Décathlon ou Endurance Shop, tout y passe. Vêtements de sport, chaussures, accessoires et matériel sportif. Mais, selon les professionnels, les articles en textile sont les plus plébiscités. Car ils ne sont pas destinés uniquement à l’usage sportif. Ils deviennent, outre les baskets, un habit de tous les jours, séduisant les adeptes d’un style vestimentaire décontracté qui cherchent à avoir la griffe d’une grande marque internationale, comme Nike, Adidas, Puma ou Under Armour sur leurs vêtements ou leurs chaussures. Selon Statista, le marché mondial des vêtements de sport devrait dépasser les 200 milliards de dollars en 2024. Le marché des chaussures de sport, lui, devrait atteindre 94 milliards de dollars.
Flairant le bon filon, même les enseignes traditionnelles de prêt-à-porter, comme Etam, Oysho, etc., ont lancé des collections dédiées au sport. «60% de notre clientèle est composée de jeunes», souligne Nadia, conseillère de vente chez Adidas, qui souligne que «les produits les plus vendus sont des articles pour hommes». Par rapport aux prix, le coût des chaussures démarre à 800 et peut dépasser les 4.000 dirhams. Les survêtements se vendent à partir de 700 dirhams, les casquettes 200 dirhams. Très chers, ces articles ne sont donc pas à la portée de la majorité des Marocains. Mais les consommateurs peuvent acheter des produits de sport beaucoup moins chers que les prix cités, car parallèlement au marché structuré, il existe un circuit informel qui concurrence fortement le marché légal.
Une différence qui dépasse les 50% des prix par rapport aux produits en vente chez des magasins agréés. Porter le petit logo de Nike, les trois bandes d’Adidas devient ainsi à la portée de tous. Les professionnels appellent à mettre en place des lois et des normes drastiques pour lutter contre la fraude et la contrefaçon.


AB Sport : Une marque marocaine aux grandes ambitions
Face à une concurrence ardue, AB Sport, une entreprise spécialisée dans les tenues sportives, a réussi depuis son atelier situé à Tanger à se frotter aux grands noms du domaine. L’entreprise est fondée par Bassim El Akel, un mordu de sport qui croit dur comme fer dans le potentiel des jeunes de son pays. «En 2016, j’ai décidé de créer ma propre entreprise AB Sport. Le démarrage n’a pas été facile, mais je tenais à mon rêve de lancer la première marque marocaine de vêtements de sport», explique Bassim. En 2019, il signe un contrat de sponsoring avec la sélection nationale mauritanienne. Un deal qui a propulsé la marque marocaine sur le devant de la scène et qui lui vaudra de décrocher ses premiers vrais marchés. «Cela nous a permis de jouir d’une grande notoriété et d’une visibilité internationale», note-t-il. AB Sport est à la pointe de l’exportation de l’équipement sportif en Afrique. Des équipes de foot, de basket et de volley portent son logo. En 2021, AB Sport a installé sa première filiale à l’étranger, à Nouakchott. «Notre objectif ultime est de devenir la marque marocaine de référence et de multiplier les marchés à l’étranger». L’entreprise compte aujourd’hui plus de 40 personnes et enregistre une croissance annuelle de 30%. Ambitieux, Bassam veut qu’AB Sport soit reconnue à l’international.