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Le Maroc, nouvelle porte des industriels asiatiques vers l’Union européenne…
Face à la montée des tensions commerciales entre les États-Unis et les pays de l’Asie, le Maroc émerge comme un hub stratégique pour les exportations asiatiques vers le marché américain. Une dynamique inédite qui ouvre de nouvelles perspectives pour le secteur textile national.
«Nous terminerons l’année 2025 sur une bonne note. Les exportations devraient croître de 8 à 10% d’ici la fin de l’année», prévoit Anas El Ansari, président de l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (Amith).
Et d’expliquer: «Les États-Unis ont récemment durci leurs droits de douane sur les importations en provenance de plusieurs pays asiatiques, notamment la Chine et le Vietnam. Les industriels cherchent des solutions alternatives pour maintenir leur accès aux marchés occidentaux».
La Chine voit donc dans le Maroc la possibilité de contourner les mesures prises par les USA à l’égard de ses produits. Ce qui s’est traduit, selon le patron des textiliens, par d’importantes commandes, puisque, depuis plusieurs semaines maintenant, les usines tournent à plein régime, alors qu’habituellement, à pareille période, le taux de production est de 80%.
Cette dynamique fait du Maroc, selon des industriels, «une plateforme idéale pour produire «en nearshoring» et elle devrait, par ailleurs, atténuer les effets de la réorientation des exportations chinoises vers les marchés européens.
Une reconfiguration qui, note le président de l’Amith, n’a pas manqué d’affecter le textile-habillement marocain sur son débouché historique qu’est l’Union européenne.
Cela explique le recul de 3,3% enregistré par les exportations à fin août. Le chiffre d’affaires s’est situé à 30,4 milliards de dirhams contre 31,8 milliards à la même période de l’année 2024. Une performance qui reste, de l’avis d’El Ansari, «quand même honorable, lorsque nos concurrents, Turquie et Tunisie, ont enregistré une baisse à deux chiffres».
Dans le viseur des industriels américains ?
Au-delà des statistiques, l’Amith souligne que cette conjoncture a donné un regain d’intérêt pour le Maroc de la part d’industriels et donneurs d’ordre étrangers.
Les textiliens marocains estiment que «le Maroc est en train de devenir un carrefour incontournable pour les exportations textiles vers l’Amérique du Nord.
Les industriels marocains doivent donc saisir cette opportunité pour se positionner comme des partenaires fiables, capables de répondre à des standards internationaux».
Et pour preuve, la 22e édition du Salon «Maroc in Mode», qui se tiendra du 5 au 7 novembre prochain, connaîtra une forte participation des industriels américains.
«C‘est une première dans l’histoire du textile national. Nous allons recevoir 150 donneurs d’ordre américains cette année. Ce qui traduit le positionnement du Maroc dans les stratégies de sourcing des Américains», déclare El Ansari.
Pour d’autres membres de l’Amith, la présence des Américains illustre non seulement l’intérêt croissant pour le savoir-faire marocain, mais aussi la volonté des acteurs américains de nouer des partenariats solides avec des fabricants locaux.
Désormais, le Maroc est perçu comme une plateforme stratégique d’exportation. Ce qui peut aussi ouvrir la voie à une montée en gamme de son industrie exportatrice.
Le président de l’Amith souligne ainsi la signature de conventions, ces dernières semaines, avec des groupes étrangers en vue d’une délocalisation de leurs productions, notamment dans la confection et le textile industriel.
Des investissements qui se traduiront, selon le patron de l’Amith, par la création de quelque 6.000 emplois.
