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Investissements

IDE : Une année record se profile

Les investissements directs étrangers affluent plus que jamais vers le Maroc. Au point que 2025 est bien partie pour devenir la meilleure année de l’histoire du Royaume en la matière.

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En 2023, alors que les IDE refluaient un peu partout dans le monde, y compris au Maroc, dans un contexte de crise inflationniste globale et de fortes tensions géopolitiques, le Chef de gouvernement, Aziz Akhannouch, martelait, à qui voulait bien l’entendre, que ce recul n’était que conjoncturel et que le Royaume n’avait en rien perdu de son attractivité.

Il était même idéalement placé pour capter la reprise des IDE, dès que les conditions de l’environnement international des affaires s’amélioreraient. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le temps lui a largement donné raison.

Après une année 2024 faste, qui s’est soldée par un flux net des IDE de 17,23 milliards de dirhams (+54% sur un an) et des recettes en hausse de 24,7%, totalisant 43,2 milliards de dirhams (soit la deuxième meilleure performance de l’histoire du Royaume après celle réalisée en 2018), 2025 s’annonce encore plus prolifique.

Selon les dernières statistiques de l’Office des changes, le flux net des IDE (c’est-à-dire la différence entre les recettes et dépenses d’IDE) s’est établi à 11,1 milliards de dirhams à fin avril 2025, en hausse de 37,2% par rapport à la même période un an auparavant.

Cela représente tout de même 3milliards de dirhams de plus qu’à la même période de l’année dernière. Une évolution remarquable qui s’explique par la hausse soutenue des recettes de 22,8%, pour s’établir à plus de 17,2 milliards de dirhams.

D’autre part, les dépenses d’IDE, qui comptabilisent notamment les opérations de désinvestissement et de remboursement de prêts ainsi que les dividendes et intérêts, enregistrent une hausse contenue de 3,2%, atteignant 6,1 milliards de dirhams au terme du premier trimestre.

Le record de 2018 en passe d’être battu
Après les quatre premiers mois de l’année, le flux haussier des investissements vers le Maroc est tel que 2025 est bien partie pour s’achever sur une performance historique.

«Nous sommes en train de vivre la meilleure année de l’histoire en matière d’IDE», confirme une source au ministère chargé de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques.

À ce rythme, en effet, le cap des 46 milliards de dirhams de recettes d’IDE, soit le record établi en 2018, sera dépassé, pour se rapprocher de la barre symbolique des 50 milliards de recettes.

Cette forte dynamique des IDE n’est pas le fruit du hasard. Elle résulte d’abord de 20 années de réformes politiques, sociales et économiques qui ont renforcé la position du Maroc à l’échelle mondiale en tant que hub de premier plan pour les investissements internationaux.

Avec l’actuel gouvernement, une nouvelle génération de réformes a été lancée, décuplant l’attractivité du Royaume. Parmi celles-ci figurent en premier lieu l’amélioration du climat des affaires et la simplification de l’acte d’investir, ainsi que le lancement de la nouvelle Charte de l’investissement.

Adoptée en décembre 2022, et opérationnelle depuis mars 2023, cette nouvelle charte dépasse en effet toutes les attentes.

À ce jour, ce ne sont pas moins de 191 projets qui ont fait l’objet d’accords d’investissement signés avec le gouvernement, totalisant environ 326 milliards de dirhams, avec une part non négligeable de ces projets qui est le fait d’investisseurs étrangers.

Capitalisant sur ce travail de fonds, le Maroc fait valoir ses nombreux atouts intrinsèques pour massifier les flux d’investissements.

Notre source cite principalement la stabilité économique et politique dont jouit le Royaume, sa position géographique aux portes de l’Europe, ainsi que la compétitivité de sa main-d’œuvre et de son énergie verte, l’une des moins chères au monde.

L’ouverture de l’économie marocaine sur le monde s’avère également primordiale, puisque les nombreux accords de libre-échange signés par le Royaume lui permettent aujourd’hui de profiter des reconfigurations des chaînes de valeur mondiales et d’être l’un des grands bénéficiaires du processus de nearshoring consistant à rapprocher les sites de production de leurs marchés cibles.

Une diversification géographique croissante
Notre interlocuteur ne manque pas de mentionner également les efforts menés depuis trois ans par le ministère de l’Investissement et l’AMDIE pour la promotion de la destination Maroc et de la marque «Morocco Now», à travers des roadshows d’envergure organisés un peu partout dans le monde : États-Unis, Allemagne, Espagne, Belgique, Pays-Bas, Royaume-Uni, Émirats arabes unis, mais aussi Chine, Japon, Corée et Inde. Cette diversification produit ses effets et se révèle pertinente.

«Nous constatons une diversification géographique croissante des IDE adressés au Maroc. Nous dépendons de moins en moins des partenaires économiques traditionnels.

De nouveaux pays émergents, comme la Chine, l’Allemagne, et d’autres comme l’Espagne, le Japon, la Belgique et les Pays-Bas investissent de plus en plus au Maroc. Mieux encore, de nouveaux pays apparaissent, comme la Corée et l’Inde…».

D’un point de vue sectoriel, cette diversification géographique s’accompagne d’une montée en régime des investissements dans les secteurs productifs qui créent beaucoup d’emplois, à savoir l’industrie, le tourisme, les énergies renouvelables ou encore le digital.

Une diversification en termes de dimension des projets est également constatée. Selon notre interlocuteur, les IDE portent en effet sur des projets de toute taille, que ce soit des projets stratégiques initiés dans le secteur de la batterie électrique, il y a trois ans, ou ceux dans les secteurs du textile ou des énergies renouvelables par exemple, mais aussi des projets de taille moyenne, passés par la nouvelle Charte de l’investissement.

Cette dynamique vertueuse est partie pour durer, et le meilleur reste à venir, au moment où le Maroc, qui s’apprête à co-organiser la Coupe du monde de football 2030, clignote de plus en plus dans les radars mondiaux.