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Investissements

Guelmim-Oued Noun : Une dynamique sans précédent

En 2024, les investissements approuvés dans la région ont atteint 12,2 MMDH et étaient fortement concentrés à Tan-Tan, avec une part de 78,6%. Zoom sur la répartition territoriale et sectorielle de ces investissements.

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Pour peu que l’on s’intéresse à la dynamique de développement des différentes régions du Maroc, il est assez aisé de constater que l’attractivité de la région Guelmim-Oued Noun (GON) s’est renforcée au cours des dernières années.

Plusieurs facteurs objectifs expliquent l’engouement ascensionnel des investisseurs nationaux et étrangers pour cette partie du Royaume, surnommée «La Porte du Sahara».

Les investissements publics pour la mise à niveau de la région en termes d’infrastructures ainsi que l’immense potentiel régional en matière d’énergie renouvelable, ont aiguisé l’appétit des investisseurs.

L’attractivité de GON, formée de quatre provinces (Guelmim, Tan-Tan, Assa-Zag et Sidi Ifni), est confortée par les dernières données issues de la Commission régionale unifiée d’investissement (CRUI).

Concrètement, en 2024, la CRUI a approuvé un total de 12,2 MMDH d’investissements, censés générer à terme plus de 5.300 emplois.

Tan-Tan et Sidi Ifni sortent du lot
L’indicateur relatif au nombre de projets approuvés par secteur et province permet d’appréhender la dynamique des investissements par filière économique et, de surcroit, identifier les secteurs les plus attractifs dans chaque province.

En 2024, en termes de nombre de projets approuvés par la CRUI, le tourisme s’est révélé être le secteur dominant à l’échelle régionale, avec 13 projets.

Cette performance incite à penser légitimement que les investisseurs croient au grand potentiel touristique des provinces de Sidi Ifni et Tan-Tan, qui abritent respectivement 8 et 4 projets.

Il importe de préciser que la corniche réputée de Sidi Ifni sera rénovée par la région, laquelle a déjà lancé le concours architectural visant la conception, l’élaboration des études et le suivi des travaux d’aménagement de cette corniche, située au bord de l’océan Atlantique. Cette province a également accueilli 3 projets dans le domaine du BTP, prouvant son potentiel pour l’aménagement et le développement économique de la région.

Par ailleurs, pour ce qui est de l’agro-industrie, de l’énergie et des hydrocarbures, la province de Tan-Tan a tiré son épingle du jeu en 2024, avec 6 projets agro-industriels abrités sur 10, et 3 projets énergétiques hébergés sur 4. La province de Guelmim, chef-lieu de la région, a accueilli un seul projet énergétique au cours de l’année dernière.

Sur un autre registre, il est important de souligner que Tan-Tan, qui incarne la plus grande diversité sectorielle, a enregistré 21 projets répartis sur plusieurs secteurs (agro-industrie, énergie, services, industrie, mines, aquaculture). Ce qui dénote une diversification des investissements et une forte dynamique économique à l’échelle provinciale, voire régionale.

Reflétant l’atout de la région en matière de diversification économique, la province d’Assa-Zag concentre 3 projets spécifiques dans le secteur de l’assainissement et du développement durable (environnement et gestion des ressources).

Tan-Tan capte plus de 9,6 MMDH d’investissements
En 2024, selon les données issues de la CRUI, les investissements approuvés, qui s’élevaient à 12,2 MMDH en valeur, étaient fortement concentrés à Tan-Tan, avec une part de 78,6% (plus de 9,6 MMDH), suivie de la province de Guelmim avec 18,6% (plus de 2,2 MMDH d’investissements approuvés).

Précisons que, selon nos informations, en 2024, le projet-phare (en valeur) approuvé par la CRUI est aussi situé à Tan-Tan. Il porte sur la production d’un matériau utilisé dans la fabrication de cellules photovoltaïques. La réalisation du projet nécessitera près de 8 MMDH d’investissements, avec à la clé la création de 1.000 emplois projetés.

Pour rappel, Tan-Tan est aussi le lieu de déploiement de l’ambitieux projet «PTX Chbika», dont le contrat préliminaire de réservation du foncier a été signé, en octobre 2024, sous la présidence de SM MohammedVI et du Président français Emmanuel Macron.

Pour l’heure, notons que le montant de l’investissement global de ce projet de production d’hydrogène vert, impliquant entre autres la multinationale française TotalEnergies, n’est pas encore connu. Il en est de même du nombre d’emplois qui seront créés à terme.

Ceci dit, en valeur, les provinces de Sidi Ifni (286 MDH) et Assa-Zag (49,5 MDH) ont capté une part marginale du montant global des investissements approuvés par la CRUI, soit moins de 3%.

Emplois projetés : Tan-Tan et Sidi Ifni se démarquent encore
En 2024, sur les 5.303 emplois directs et stables prévus, Tan-Tan en accapare 3.607 postes. Ce qui fait de la province le principal pôle de création d’emplois, avec une part de 68%.

Cette prédominance de la province de Tan-Tan peut s’expliquer par la présence de projets nécessitant une main-d’œuvre importante, notamment dans les secteurs d’industrie et d’agro-industrie. Dans le même ordre d’idées, Guelmim, chef-lieu de la région GON, représente 20,4% des emplois prévus, soit 1.080 postes de travail.

Ces créations d’emplois découlent des projets urbains, des infrastructures et des activités économiques diversifiées.
Toujours, selon les chiffres de la CRUI, Sidi Ifni (avec 556 emplois), qui représente autour de 10,5% des emplois projetés, bénéficie de créations d’emplois limitées, confinées dans les secteurs du tourisme, de la pêche et des services.

Enfin, la province d’Assa-Zag enregistre 60 emplois seulement, soit une part marginale de 1,1%, traduisant ainsi une faible implantation de projets nécessitant une main-d’œuvre abondante.

En définitive, les provinces de Tan-Tan et de Guelmim concentrent à elles seules plus de 88% des créations d’emplois. Ce qui est de nature à exacerber les disparités territoriales.

À l’évidence, Sidi Ifni et Assa-Zag doivent être dotées de stratégies de dynamisation leur permettant de capter davantage de projets générateurs d’emplois.