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Francisco Cervantes Diaz : «Les deux pays disposent de ressources qui pourraient se compléter»
À la tête d’une délégation d’hommes d’affaires mexicains, le président du Conseil de coordination des entreprises (CCE) a effectué une visite au Maroc. Objectif, donner un nouveau souffle aux relations économiques et commerciales entre les deux pays.
Comment évaluez-vous aujourd’hui les relations économiques entre le Maroc et le Mexique ?
Les deux pays ont maintenu des relations commerciales stables au fil des ans. Ils ont signé des accords bilatéraux pour promouvoir le commerce et les investissements mutuels. Cependant, il est important de garder à l’esprit que les relations économiques entre les pays peuvent être sujettes à des changements et à des fluctuations en raison de divers facteurs, tels que les politiques commerciales et les conditions économiques particulières. Ceci dit, les deux pays disposent de ressources qui pourraient se compléter et générer de véritables opportunités commerciales.
Comme au Maroc, le tissu économique mexicain est composé à 99% de TPME et présente plusieurs similitudes. Quels sont les grands axes de votre plan d’action en faveur de l’amélioration de la compétitivité des TPME ?
Il faut donner la priorité à l’inclusion de plusieurs manières. Les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) devraient avoir un meilleur accès au système financier, plus d’opportunités de concurrencer les grandes entreprises et de se développer, à la fois sur le marché libre et dans les marchés publics, en plus du soutien pour l’adoption de technologies numériques. Il est important que les MPME soient intégrées dans les chaînes d’approvisionnement qui mènent aux grandes entreprises et aux exportations, afin que la main-d’œuvre nationale puisse en bénéficier davantage en apportant une plus grande part de leur valeur ajoutée.
Cela inclut les supermarchés, les restaurants, les magasins de vêtements et autres points de vente au détail, en plus des chaînes d’exportation elles-mêmes. Les banques publiques de développement peuvent y contribuer en fournissant des liquidités aux grandes entreprises, par exemple. En outre, il convient de promouvoir les foires, les marchés et les événements promotionnels locaux afin d’encourager la participation et l’exposition des MPME et de leurs produits.
Le Mexique a tiré son épingle du jeu lors de la dernière crise inflationniste et pendant la pandémie du Covid-19. La politique économique du pays porte-t-elle vraiment ses fruits ?
La plus grande réussite de la politique économique du Mexique a peut-être été de maintenir une meilleure situation des finances publiques que celle de nombreux pays comparables (grandes économies émergentes). La plupart d’entre eux ont enregistré d’importants déficits budgétaires, en particulier pendant la pandémie, ce qui a entraîné une forte augmentation de leur dette publique.
Au Mexique, l’impact a été moindre, mais au détriment des petites et moyennes entreprises (PME) et des ménages qui n’ont pas été suffisamment soutenus pour faire face aux effets de la pandémie. Aujourd’hui, l’économie renoue avec la croissance, en grande partie grâce à l’impulsion donnée au Mexique par le réalignement mondial de l’investissement productif et de l’activité économique. Le nearshoring ou la délocalisation a en effet profité au pays grâce à sa position géographique, économique et politique.
