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Équipement ferroviaire : La SCIF sort le grand jeu

Après avoir réalisé un chiffre d’affaires historique de 650 MDH en 2024, la filiale du groupe Ynna, qui vient d’effectuer sa première émission obligataire, devrait terminer 2025 avec des perspectives tout aussi robustes que l’année dernière. Éclairage.

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Au fait de ses standards de plus en plus élevés en termes de concurrence, d’innovation et de besoin d’investissement, l’industrie est devenue une branche d’activité exigeante pour les entreprises marocaines ambitionnant de tirer leur épingle du jeu tant au niveau national qu’international.

Et pourtant; les entreprises adossées à de grands groupes, dotées d’une stratégie payante et d’un capital humain de qualité, arrivent à se distinguer sur l’échiquier de l’industrie nationale.

C’est le cas de la filiale du groupe Ynna (fondé par feu Miloud Chaabi), en l’occurrence la SCIF (Société chérifienne de matériel industriel et ferroviaire), créée il y a plus de 75 ans.

Plusieurs réalisations notables
Les projets structurants dans lesquels l’opérateur industriel est impliqué sont légion. Citons à titre d’exemple les locomotives d’Alstom et les voitures voyageurs de l’ONCF, l’usine de séchage de phosphates de l’OCP à Jorf Lasfar, le terminal GPL d’Afriquia Gaz à Tanger Med, la nouvelle cimenterie LHM à Agadir ou encore le dépôt pétrolier de Jorf Lasfar (Ziz).

S’appuyant sur l’expertise de plus de 700 collaborateurs, l’entreprise dirigée par Alami El Basbasse, opère dans trois pôles majeurs, à savoir le matériel ferroviaire (fabrication, rénovation, maintenance d’équipements roulants…), les biens d’équipement industriels (chaudronnerie lourde, mécanique de précision, structures métalliques complexes…) et les grands travaux industriels (fabrication, montage et installation d’équipements dans les secteurs de l’énergie, des mines, des cimenteries, de la chimie et des infrastructures stratégiques).

Un business florissant
Interrogé par «La Vie éco» sur le niveau de l’activité pour l’année en cours, Alami El Basbasse confie : «Les perspectives de 2025 s’annoncent tout aussi robustes que celles de 2024». Selon le patron du leader de la réalisation industrielle et de l’équipement ferroviaire, les dernières années ont été marquées par une croissance soutenue.

«En 2024, la SCIF a réalisé un chiffre d’affaires historique de 650 MDH, soit une progression de 46% par rapport à 2023, confirmant l’accélération de son activité et la solidité de son positionnement industriel», assure notre source.

Ces résultats reluisants sont la résultante de l’amélioration de la productivité, la montée en puissance des activités de chaudronnerie lourde et la diversification des marchés au Maroc et à l’international.

Pour rappel, la SCIF a, à son actif, depuis plus d’une décennie, la fabrication et l’export de 200 wagons en Tunisie. C’est dire la centralité de l’activité à l’international (voir encadré) pour la structure qui a réalisé avec succès, en novembre 2025, son premier emprunt obligataire sur le marché des capitaux.

150 MDH pour croître
Alami El Basbasse est formel : la première émission obligataire, d’un montant de 150 MDH et d’une maturité de cinq ans, s’inscrit dans une démarche stratégique visant à accompagner la croissance de la SCIF.

Elle permet à la structure, qui compte une kyrielle de références de renom (Jesa, LafargeHolcim, Samsung, Afriquia, Alstom, Total Gaz.. ), de mobiliser des ressources longues parfaitement adaptées à ses ambitions industrielles.

En cela, les 150 MDH serviront à financer la construction d’un nouvel atelier dédié à la chaudronnerie lourde, l’extension des ateliers existants sur le site d’Aïn Sebaâ, le renforcement de l’outil de production (avec l’acquisition de machines de nouvelle génération) et la modernisation de la logistique interne (incluant des équipements de manutention et de levage).

En clair, le montant susmentionné constitue un levier déterminant pour soutenir la montée en capacité de la structure industrielle et satisfaire la demande croissante du marché.

Le groupe Ynna, un sacré atout
Comme l’on peut légitimement le présumer, la SCIF, qui ambitionne de devenir un acteur industriel de référence au Maroc et en Afrique, tire profit du fait d’avoir pour maison-mère Ynna, un puissant groupe industriel et une holding familiale diversifiée.

«En tant que filiale du groupe Ynna, la SCIF bénéficie d’un environnement structurant fondé sur la solidité d’un groupe industriel marocain de référence, des synergies en matière de gouvernance, de pilotage stratégique et d’optimisation financière et des échanges de compétences et d’expertises entre filiales industrielles du groupe», explique en substance notre interlocuteur.

La synergie entre le groupe Ynna et la SCIF se traduit également par une coordination renforcée dans les projets d’investissement et de transformation industrielle. En résumé, cette intégration permet à la filiale industrielle d’accélérer sa modernisation, tout en restant alignée sur la vision stratégique du groupe Ynna.

Au registre des projets phares et des priorités, la société spécialisée dans la conception et la construction des équipements industriels met l’accent sur une stratégie de montée en gamme avec le développement de nouvelles capacités dans la chaudronnerie lourde, la fabrication d’ouvrages complexes pour les infrastructures ferroviaires et l’intégration de nouvelles technologies de production et de contrôle qualité.

«Dans l’industrie, nos priorités portent sur la modernisation complète de notre site d’Aïn Sebaâ, le renforcement de nos capacités d’ingénierie et de production, l’extension de nos activités vers des équipements industriels à forte valeur ajoutée.

D’ailleurs, l’émission obligataire récemment réalisée constitue un accélérateur essentiel de ces projets», insiste El Basbasse.

Quid des relais de croissance ?
Concernant les relais de croissance pour les cinq prochaines années, le DG de la SCIF identifie cinq axes stratégiques porteurs : le développement des capacités de la structure (ingénierie de conception et réalisation), le développement du ferroviaire (porté, entre autres, par les investissements publics), l’industrie lourde (demande croissance), l’innovation (modernisation industrielle) et l’internationalisation (voir encadré).

En définitive, la croissance soutenue, associée à des investissements structurants dans la modernisation des ateliers et le renforcement des capacités de production et d’innovation, traduit la volonté de la société industrielle de hisser ses standards au meilleur niveau international.


Amplifier la présence en Afrique
La SCIF, qui œuvre pour façonner l’industrie marocaine du futur, est aujourd’hui engagée sur plusieurs marchés africains et internationaux à travers la fourniture de biens d’équipement industriels, la fabrication d’ouvrages mécaniques et métalliques exportés et des partenariats avec des donneurs d’ordre étrangers dans les domaines de l’énergie, des mines et du rail.

L’ambition clairement affichée par la filiale du groupe Ynna est d’amplifier sa présence à l’international, notamment en Afrique où la demande en infrastructures, énergie et équipements industriels connaît une croissance structurante.