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Affaires

Engins : L’occasion fait de la résistance

Représentant près de 80% des engins vendus chaque année au Maroc, le marché de l’occasion freine la croissance du neuf. Sa régulation, les distributeurs en ont fait leur cheval de bataille.

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Les trois distributeurs interrogés sont tous unanimes. Les engins d’occasion continuent de gangréner leurs activités.

Des matériels prisés par plusieurs entreprises de BTP qui souhaitent s’équiper à moindre coût. Domenico Paduano a constaté que beaucoup de ses clients préfèrent acheter des grues d’occasion, depuis que le gouvernement a décidé, en 2014-2015, de relever l’âge maximum d’importation des grues de 5 à 12 ans.

«Cela a bouleversé notre activité et nous sommes passés d’un marché où la qualité et la performance de l’engin étaient prioritaires à un marché qui est dominé par des engins déclassés dans leur pays d’origine et qui retrouvent une nouvelle vie au Maroc, au détriment de la sécurité et performance des engins», déplore le PDG de Vemat Group.

D’après Amine Lahrichi, sur les 3.000 machines vendues chaque année au Maroc, 2.300 sont des engins d’occasion. Soit près de 80% du marché. Depuis plus de dix ans, son association AIM BTP en a fait son cheval de bataille.

Réguler pour faire émerger un marché local
«Certes le marché est toujours là, mais il est beaucoup moins important qu’auparavant. C’est un problème que nous essayons de régler avec les ministères de l’Équipement et du Développement durable, pour que nous puissions enfin réguler le marché. Le secteur des BTP est le seul marché non régulé au Maroc. Et cela doit être corrigé», précise l’expert.

Pour Hugo Lefort, directeur commercial de SRM BTP, «la véritable priorité est de réguler les importations massives de matériels d’occasion, qui inondent le marché et freinent la croissance du neuf».

Réglementer les importations d’anciens engins, à l’instar de ce qui a déjà été appliqué aux véhicules, pour faire éclore un véritable marché de l’occasion, c’est le souhait de l’AIM BTP.

«Les grandes entreprises de BTP qui ont l’habitude d’acheter ces équipements savent qu’à partir d’un certain âge ou d’une certaine date, ils commencent à coûter plus cher qu’ils ne rapportent.

Une fois le matériel amorti comptablement au bout de 48 mois, ils rajoutent peut-être un an, voire deux ans maximum, avant de le revendre», explique Lahrichi.