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En Couv’. Aérien : Le Maroc prend son envol

L’État devra miser gros pour financer le plan d’acquisition ambitieux de RAM qui portera sa flotte à 200 avions d’ici 2037. Idem pour la stratégie «Aéroports 2030» initiée par l’ONDA. Éclairage.

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Le Maroc a de grandes ambitions touristiques. Pour preuve, le pays s’est fixé l’ambitieux objectif d’accueillir d’ici 2030 plus de 26 millions de touristes. Pour ce faire, les pouvoirs publics ont mis les bouchées doubles pour booster un levier crucial, à même de permettre à la «Destination Maroc» d’intégrer le club très sélect du Top 15 mondial des pays les plus prisés par les touristes internationaux.

C’est dans ce cadre qu’un soutien étatique massif a été apporté au secteur aérien, qui s’est traduit par la signature d’un contrat-programme 2023–2037 entre le gouvernement et Royal Air Maroc.

La raison d’être de ce partenariat public-public est le renforcement du rôle du transport aérien dans la réalisation du développement économique et social ainsi que l’accompagnement de l’ambition du Royaume d’attirer 65 millions de voyageurs à l’horizon 2037. En résumé, en vertu de cet accord qui changera la donne aérienne, la participation de l’État au capital de la RAM sera renforcée.

En clair, le gouvernement soutient le projet d’investissement de grande envergure de Royal Air Maroc et la mise en œuvre de son plan de développement. Et ce, dans un contexte où la compagnie nationale s’emploie à améliorer sa compétitivité, tout en misant sur la digitalisation et l’amélioration de la qualité de ses services.

À l’évidence, le corollaire du contrat-programme précité est le renforcement et la modernisation des capacités aéroportuaires du Royaume qui, faudrait-il le rappeler, co-organisera avec le Portugal et l’Espagne le Mondial 2030. Un évènement planétaire qui drainera plusieurs millions de touristes.

Rendue publique en février 2025, la Stratégie nationale Aéroports 2030 s’articule autour de 3 axes : le développement des infrastructures aéroportuaires, la réinvention de l’expérience client et la transformation de l’Office national des aéroports (ONDA), lequel pilote la feuille de route aéroportuaire du Royaume.

Un plan d’acquisition ambitieux
En vertu du contrat-programme conclu avec l’État, la RAM doit quadrupler sa flotte aérienne. Cette dernière passera ainsi d’une cinquantaine à 200 appareils au cours des 15 prochaines années.

La compagnie nationale a déjà pris les devants, en lançant dès avril 2024 un appel d’offres pour l’acquisition de 188 avions (y compris une soixantaine de moteurs d’avion), pour un coût estimé autour de 15 milliards de dollars. Ce niveau de commande constitue un record pour la compagnie nationale qui, dans le détail, verra sa flotte s’étendre avec l’achat de 125 court et moyen-courriers et de 63 long-courriers d’ici 2037.

Il est crucial de mentionner que le financement du plan d’acquisition historique de RAM devrait se faire via le renforcement de la participation de l’État dans le capital de la compagnie dirigée par Abdelhamid Addou, mais également par le truchement du crédit-bail (l’un des modes de financement les plus utilisés dans le transport aérien), ou encore par le biais de la collaboration avec des structures spécialisées dans le leasing.

Toujours côté finance, rappelons que sur les 13 MMDH de crédits supplémentaires ouverts au profit du budget général de l’État (décision actée en Conseil de gouvernement en avril 2025), 5,5 MMDH devraient être consacrés à l’ONCF et à la RAM qui amorcent une phase d’investissement hautement importante pour le développement du Maroc.

Par ailleurs, dans le cadre du contrat-programme signé avec l’État, RAM œuvrera au développement des liaisons aériennes pour accompagner la feuille de route stratégique du secteur du tourisme. Et ce, à travers l’ouverture sur de nouvelles destinations internationales.

La compagnie s’évertuera également à contribuer au renforcement des liens entre la communauté marocaine établie à l’étranger et la mère-patrie. Autre objectif assigné à RAM : le désenclavement d’un ensemble de régions dans le Royaume, à travers le renforcement des liaisons aériennes domestiques par la mise en place de 46 nouvelles dessertes.

Modernisation des aéroports
Afin d’implémenter la stratégie nationale Aéroports 2030, l’ONDA compte ainsi moderniser et agrandir les principales plateformes aéroportuaires du Royaume. À l’évidence, au cœur de cette transformation figure l’emblématique aéroport Mohammed V de Casablanca, premier site aéroportuaire du Royaume.

Concrètement, la plateforme casablancaise verra sa capacité portée de 14 à 35 millions de passagers d’ici 2029. Ce qui en fera un hub intercontinental de premier plan reliant l’Afrique, l’Europe, l’Asie et les Amériques. Selon les données communiquées par l’ONDA, ce projet titanesque devrait mobiliser la bagatelle de près de 15 MMDH d’investissements (soit 1,6 milliard de dollars).

Les aéroports de Marrakech, Agadir, Tanger et Fès feront l’objet de travaux d’extension conséquents afin de doubler leurs capacités et répondre à la forte croissance du trafic aérien.

Toujours côté chiffres, il importe de noter que l’ONDA, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 5,4 MMDH en 2024 (soit une croissance de 14% par rapport à 2023), voit son budget 2025 s’inscrire dans une trajectoire de croissance soutenue. Et ce, à travers un volume d’investissements de 13,2 MMDH.

Ce montant conséquent servira à financer les travaux d’extension des aéroports des villes hôtes de la Coupe du monde 2030, la mise en chantier du nouveau terminal de l’aéroport Mohammed V de Casablanca, la finalisation des nouveaux terminaux à Rabat-Salé et Tétouan-Saniat R’mel, ainsi que l’extension des aéroports de Tanger, Agadir, Fès et Marrakech, comme indiqué plus haut.