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Coaching. Arnaque: Ils ne «coachent» pas toutes les cases !
Depuis plusieurs décennies, le secteur du coaching s’est largement développé à travers le monde et a fortiori au Maroc. Au point d’attirer des charlatans qui profitent de l’absence de réglementation.
«Comment s’épanouir dans sa vie professionnelle ?», «Trouver sa ou son partenaire de vie» ou encore «Réussir sa vie scolaire»: de telles annonces sont devenues courantes sur le net ou les réseaux sociaux. Accompagnement professionnel, personnel, sportif, familial, scolaire ou financier… Depuis plusieurs décennies, la pratique du coaching s’est largement répandue à travers le monde et a fortiori au Maroc.
Un secteur qui représente pas moins de 13 milliards de dollars, avec plus de 53.000 coachs pratiquant la profession dans le monde, selon l’International Coaching Federation (ICF Monde). Qu’on se le dise, le marché est en pleine croissance, au point d’attirer des pseudo-coachs ou mercenaires qui profitent de l’absence de réglementation. «Cela permet parfois à certains de s’autoproclamer coachs au bout d’une formation rapide et superficielle. Cela donne parfois lieu à des pratiques peu professionnelles et peu déontologiques», regrette Nezha Hami Eddine, présidente d’ICF Maroc.
Karim Benjelloun, auto-entrepreneur, en a fait les frais. Passé par plusieurs entreprises avant de se lancer à son propre compte, il garde un goût amer de sa première expérience. «Le coach intervenait auprès de l’équipe dirigeante dont je faisais partie. Il devait nous faire réfléchir sur notre mode de management, nos forces et nos faiblesses dans le cadre d’une réorganisation. Mais à force de pousser les gens à confronter leurs idées, il a fini par faire naître des tensions. L’expérience a tourné au règlement de comptes», souligne-t-il. Après deux autres expériences peu fructueuses, Karim finit par trouver chaussure à son pied.
«L’initiative rentrait dans le cadre d’une introspection personnelle avant de me lancer dans l’entrepreneuriat. Le coach était bon et il m’a permis de me poser les bonnes questions, il a suscité la motivation chez moi, parce qu’elle ne se décrète pas. C’est tout comme si vous emmeniez un cheval à l’abreuvoir et qu’il n’a pas envie de boire. Le rôle du coach ne s’est pas limité à me montrer le chemin, il m’a donné envie de boire», estime Karim.
Risque de dépendance
Si le coaching est beaucoup utilisé dans la sphère professionnelle, c’est dans la sphère privée que les dérives sont les plus manifestes. Et là, c’est la foire, avec des coachs en amour, en grossesse, en accouchement… Pour la présidente d’ICF Maroc, «on a trop galvaudé le mot coaching, qui est utilisé à toutes les sauces. En plus, c’est dans l’ère du temps de consulter son coach quand le moindre pépin surgit.
Je pense que l’une des principales dérives est de créer la dépendance chez le client. Malheureusement, certains pseudo-coachs exploitent le désarroi de certains de leurs clients pour les maintenir sous perfusion», regrette-t-elle. De fait, le risque de dépendance frôle parfois la manipulation, au point que le coaché ne prend plus la moindre décision sans consulter son coach, qui facture sa prestation entre 400 et 1.000 DH. Autant dire que l’addition peut très vite grimper.
Comment alors se prémunir des risques de dérives ? Pour Nezha Hami Eddine, «il est de la responsabilité de notre association de communiquer sur les best-practices de la profession et de suivre une formation accréditée par ICF ou dont le corpus est construit autour du référentiel les “8 compétences du coach”, élaboré par ICF». Il faut savoir que coaching donne des droits au coaché, à commencer par demander à son coach la formation qu’il a suivie et, s’il le souhaite, d’appeler l’école pour s’en assurer. Le coaché a également toute la latitude de demander à son coach s’il a un superviseur, s’il a fait un travail thérapeutique sur lui-même, etc.
Pour éviter le risque de dépendance, le contrat peut notamment stipuler par avance le nombre de séances et la durée de l’exercice : une fois tous les quinze jours sur une durée de trois à dix mois est une norme acceptable.
«En tant qu’association professionnelle représentant les coachs qui travaillent au Maroc, nous sommes conscients de ces problèmes et nous avons mis en place une batterie d’actions pour sensibiliser les clients et les prescripteurs du coaching. Nous organisons des wébinaires pour les coachs et les non-coachs, des rencontres avec les professionnels sectoriels, nous publions des articles scientifiques sur le coaching…», conclut la même source.
PROFILS
Les «arna-cœur»
Ils prétendent pouvoir aiderà trouver l’âme sœur en quelques séances seulement. Mais en réalité, leur conseille plus fréquent est :
«Soyez vous-même», facturé à quelques centaines de dirhams. Ça fait cher la lapalissade…
Les experts en bien-être… pour eux-mêmes
Les coachs en bien-être sont des prétendus experts dans tout ce qui est lié à la santé mentale et physique. Ils offrent des conseils sur la méditation, la respiration, la posture… Et si d’aventure vous leur posez une question à laquelle ils ne savent pas répondre, ils se contenteront d’un : «Vous devez travailler sur vous-même».
Les vendeurs de rêves
Ce sont les rois des conférences et des séminaires. Ils promettent des conseils inestimables pour réussir dans le monde des affaires. Dans les faits, il s’agit surtout de vendeurs de rêves qui promettent la lune sans jamais donner de véritables stratégies pour y parvenir.
Les pros du régime… appliqué à votre portefeuille
Les coachs en nutrition sont partout, prêts à vendre leur régime miracle qui vous fera perdre 10 kilos en une semaine. Mais en règle générale, ils arriveront surtout à vous débarrasser de quelques milliers de dirhams…
