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Ces produits de grande consommation dont le prix change en 2024
Avec l’entrée en vigueur de la Loi de finances, plusieurs produits devraient voir leur prix baisser à la faveur d’une fiscalité plus clémente, notamment certains produits de base comme les médicaments. Pour d’autres, comme les appareils électroménagers, la facture sera plus salée. Tour d’horizon.
Chaque année, la Loi de finances apporte son lot de mesures, essentiellement fiscales, qui ont un effet direct sur les prix de certains produits de grande consommation et, par ricochet, sur le pouvoir d’achat des ménages. Le Budget 2024 n’a pas dérogé à la règle : entre exonération de la TVA, d’un côté, et hausse de l’autre, sans parler des modifications touchant les droits d’importation ou la taxe intérieure de consommation (TIC), la fiscalité appliquée à plusieurs produits largement consommés par les Marocains a changé depuis le 1er janvier 2024.
Parmi les mesures qui auront un impact positif sur le pouvoir d’achat des Marocains figure l’exonération de TVA pour les produits de base, une promesse gravée dans le marbre de la loi-cadre portant réforme de la fiscalité. La liste des produits concernés par cette mesure comporte les médicaments, les fournitures scolaires, le beurre et même le lait en poudre.
100% de médicaments exonérés de TVA
Les médicaments figurent en tête de liste des produits concernés par cette exonération. Il faut savoir que certains d’entre eux (antidiabétiques, traitements contre les cancers, sida, etc.) couvrant près de 42% de l’offre thérapeutique du pays, sont déjà exonérés de TVA.
L’exonération instituée dans la Loi de finances 2024 concerne ainsi les 58% restants, qui étaient jusque-là assujettis à un taux de 7% et qui concernent d’autres classes thérapeutiques comme les antibiotiques ou les anti-inflammatoires. Les conséquences de cette exonération ne se sont pas fait attendre : le ministère de la Santé vient de publier une liste de 4.500 princeps, génériques et biosimilaires, dont les prix ont diminué. La baisse va de quelques dirhams pour des médicaments grand public (Bétadine, Gaviscon, Doliprane, etc.) à plusieurs dizaines de dirhams pour d’autres, plus onéreux.
Fournitures scolaires : Coup de pouce aux parents
L’autre coup de pouce du gouvernement au pouvoir d’achat des ménages, et en particulier aux parents d’élèves, concerne les fournitures scolaires, ainsi que les produits et les matières entrant dans leur composition, qui étaient jusque-là assujetties à un taux de TVA réduit de 7%. Désormais, ces produits sont exonérés de TVA. Ce qui devrait alléger le fardeau des dépenses de la rentrée scolaire pour les familles. Une ristourne bienvenue quand on sait que plus de 61,5% des foyers marocains ayant des enfants scolarisés ont dû allouer un budget moyen de 4.356 dirhams pour les fournitures scolaires, tous niveaux confondus, selon une enquête du HCP.
Au chapitre des bonnes nouvelles toujours, l’exonération de TVA appliquée à une série de produits du quotidien, dont le beurre (issu du lait d’origine animale), soumis jusque-là à une TVA de 14%. Sont concernés également les sardines en conserve, le lait en poudre et le savon de ménage, qui étaient soumis à une taxe de 7%.
Côté hausses en revanche, certains produits sont concernés par une augmentation de la TVA, mais de manière progressive. C’est le cas notamment de la TVA applicable au sucre raffiné, dont le taux est passé de 7 à 8% depuis le 1er janvier 2024, avec l’objectif de le faire passer à 10% d’ici 2026. Mais globalement, les simulations ont montré que l’ensemble des mesures relatives à la TVA, introduites dans la Loi de finances 2024, impacteront globalement les prix à la baisse, selon la ministre de l’Economie et des finances, Nadia Fettah.
Dans une présentation devant la Commission des finances, l’argentière du Royaume avait assuré que l’ensemble des mesures relatives à la TVA auront pour effet de réduire de 0,22% le niveau général des prix en 2024.
Plus chers les smartphones et l’électroménager
Comme pour la TVA, la Loi de finances 2024 a fait la part belle à la révision de certaines mesures douanières, avec un geste fort en faveur du pouvoir d’achat : la réduction de la quotité du droit d’importation de 40 à 30% sur l’ensemble des produits soumis au taux de 40% dans le tarif des droits de douane. Mais d’un autre côté, certains produits très appréciés des Marocains sont désormais soumis à des droits de douane plus élevés: c’est le cas des smartphones, dont le droit d’importation appliqué passe de 2,5 à 17,5%, quelle que soit la gamme de l’appareil. De quoi occasionner, selon les professionnels, une hausse de 22% du prix initial des smartphones. La hausse aurait pu être plus ample, si ce n’est l’amendement accepté par le gouvernement de passer à un taux de 17,5% au lieu du taux de 30% initialement proposé dans la première mouture du PLF.
C’est d’ailleurs ce taux de 30% qui sera appliqué à certains appareils électroménagers au lieu d’un taux de 2,5% auparavant en vigueur : rasoirs et tondeuses électriques, sèche-cheveux, sèche-mains, fers à repasser, mais aussi fours à micro-ondes, connaîtront une hausse sensible de leur prix de vente.
Enfin, pour le thé vert (présenté en emballage d’un contenu supérieur à 3 kg et inférieur à 20 kg), autre produit très prisé des Marocains, le droit d’importation passe de 2,5 à 30%. Une décision qui vise à promouvoir l’industrie nationale du thé au Maroc et à mettre un frein à certaines pratiques d’importation qui contournent la réglementation. Surtout, selon les professionnels du secteur, elle ne devrait engendrer aucune hausse du prix du thé au Maroc.
Alcool et tabac à la hausse
Mauvaise nouvelle pour les fumeurs. Depuis le 1er janvier, le prix des paquets de cigarettes a augmenté, suite à la hausse de la taxe intérieure de consommation (TIC). La hausse des prix variera de 1 à 2 dirhams par paquet, selon les marques. Et les fumeurs désirant alors se rabattre sur les cigarettes électroniques jetables vont déchanter. La Loi de finances a en effet institué une hausse du droit d’importation applicable à ces produits de 2,5 à 40%, qui se répercute sur le prix de vente. Les consommateurs d’alcool vont eux aussi trinquer. Après amendements, une hausse de 35 à 41% de la taxe intérieure de consommation (TIC) appliquée sur les bières, les vins et les spiritueux a été instituée. Le prix de la canette de bière connaîtrait ainsi une hausse de 50 centimes, tandis que celui de la bouteille de vin rouge devrait se renchérir
de 4 dirhams.