SUIVEZ-NOUS

Carrière

Énergie : Les nouveaux métiers qui font grimper les salaires

Rémunérations en hausse, métiers émergents et guerre des talents : les entreprises se disputent désormais les profils capables d’accompagner la mutation stratégique du secteur des énergies renouvelables.

Publié le


Mis à jour le

Les investissements dans les énergies renouvelables, l’électrification des usages et les impératifs de transition écologique font de la filière énergie l’un des secteurs les plus dynamiques du marché de l’emploi marocain.

Derrière les grands projets solaires, éoliens et d’hydrogène vert, une transformation silencieuse est en cours : celle des compétences. Ingénieurs spécialisés, experts ESG, responsables d’exploitation ou encore chefs de projets énergétiques figurent désormais parmi les profils les plus recherchés et les mieux rémunérés.

C’est ce que révèle l’étude salariale réalisée par RHMetrics, première plateforme marocaine RH qui analyse les tendances salariales du marché de l’emploi marocain à travers plus de 1.200 métiers et une cinquantaine de secteurs d’activité.

Dans l’énergie, les indicateurs sont particulièrement révélateurs. Le secteur affiche un salaire moyen de 24.086 DH mensuels, soit un niveau largement supérieur à la moyenne nationale estimée à 17.652 DH. Mieux encore, la croissance des rémunérations atteint 10% entre 2024 et 2025, avec une projection de progression de 12% en 2026.

Ces chiffres traduisent un phénomène de fond : l’énergie n’est plus seulement un secteur industriel stratégique, elle devient un terrain privilégié de création de valeur humaine et de compétition pour les talents.

Selon Karim Banaoui, DG de Talent Tech, qui a mis en place la plateforme, «le secteur marocain de l’énergie confirme sa position parmi les secteurs les plus dynamiques et les plus attractifs du marché de l’emploi.

Porté par les investissements dans les énergies renouvelables, l’hydrogène vert, les réseaux intelligents et les infrastructures énergétiques, le secteur poursuit sa transformation à un rythme soutenu.

Les indicateurs RHMetrics révèlent un marché en pleine expansion, caractérisé par une forte demande de compétences spécialisées et une compétition croissante pour les talents».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une industrie en pleine mutation
Longtemps dominé par les métiers traditionnels de production et de distribution, le secteur énergétique connaît aujourd’hui une profonde recomposition. Les enjeux de décarbonation, de stockage, de gestion intelligente des réseaux et de performance environnementale créent de nouvelles expertises et redéfinissent les besoins des entreprises.

La demande se concentre particulièrement sur les profils capables de piloter des projets complexes ou d’accompagner les stratégies de transition énergétique. En tête du classement des rémunérations figure ainsi le directeur d’exploitation énergie, avec un salaire moyen de 59.280 DH par mois, pouvant dépasser les 112.000 DH pour les profils les plus expérimentés.

Les fonctions liées au développement durable et aux énergies renouvelables occupent également une place de choix. Le responsable développement énergies renouvelables affiche un salaire moyen de 36.500 DH, tandis que le responsable ESG & développement durable atteint 35.000 DH. Deux postes qui illustrent la montée en puissance des critères environnementaux dans la stratégie des entreprises.

Du côté des métiers techniques, les chefs de projet éolien et solaire photovoltaïque enregistrent respectivement des rémunérations moyennes de 30.000 et 27.500 DH.

Ces fonctions bénéficient d’une forte demande et d’une perspective de croissance favorable, reflet des nombreux projets actuellement en développement à travers le Royaume.

L’émergence de nouvelles spécialités constitue également l’un des enseignements majeurs de l’étude. L’ingénieur stockage d’énergie, spécialisé notamment dans les technologies de batteries, perçoit en moyenne 25.000 DH.

L’ingénieur Smart Grid, au cœur de la modernisation des réseaux électriques, atteint 24.000 DH. Ces métiers étaient encore marginaux il y a quelques années. Ils deviennent aujourd’hui essentiels pour accompagner la transformation du système énergétique.

La guerre des talents s’intensifie autour des profils techniques
Si les postes de direction restent les mieux rémunérés, ce sont les profils intermédiaires et experts qui concentrent la plus forte tension sur le marché.
Les ingénieurs énergies renouvelables et les auditeurs énergétiques se situent autour de 20.000 DH mensuels.

Les premiers bénéficient d’une demande soutenue liée à la multiplication des projets verts, tandis que les seconds accompagnent les entreprises dans leurs démarches d’optimisation énergétique et de conformité réglementaire.

Même les fonctions historiquement moins exposées médiatiquement profitent de cette dynamique, notamment les ingénieurs électricité et les spécialistes de l’efficacité énergétique qui affichent des salaires importants dans le secteur.

L’étude de RHMetrics montre également que le secteur enregistre une croissance salariale de +10% entre 2024 et 2025, avec une projection de +12% pour 2026, soit l’une des progressions les plus importantes observées dans les secteurs analysés.

L’étude met également en évidence plusieurs indicateurs clés : 61% des métiers sont en forte demande, 83% des métiers affichent une tendance de croissance positive.

Cette tension sur les compétences se reflète dans l’indice d’embauche du secteur, évalué à 76 sur 100, un niveau considéré comme favorable. Les entreprises doivent désormais rivaliser pour attirer des profils rares, souvent courtisés par plusieurs employeurs simultanément.

Un taux de turnover limité à 11%
La situation est d’autant plus sensible que les projets énergétiques exigent des expertises techniques pointues et des expériences professionnelles parfois difficiles à trouver sur le marché local. Résultat : les salaires progressent plus rapidement que dans de nombreux autres secteurs.

Au-delà des niveaux de rémunération, l’étude met en lumière une réalité plus structurelle : la transition énergétique devient un puissant moteur de transformation économique.Avec un taux de turnover limité à 11%, le secteur conserve une relative stabilité comparativement à d’autres activités fortement concurrentielles.

Cette fidélisation s’explique notamment par la technicité des métiers, les perspectives d’évolution et l’importance croissante accordée aux enjeux environnementaux.

«L’expérience reste un facteur déterminant. L’analyse révèle un écart de rémunération de 86% entre les profils les moins rémunérés et les profils experts du secteur. Cette différence illustre la valeur accordée à l’expérience, à l’expertise technique et à la capacité à piloter des projets complexes. Dans un contexte de forte demande, les entreprises sont de plus en plus nombreuses à se disputer les mêmes talents expérimentés», explique Banaoui.

Les entreprises énergétiques investissent également davantage dans les compétences transversales. Gestion de projet, reporting, planification, management d’équipe, documentation technique ou encore maîtrise de la réglementation figurent désormais parmi les compétences les plus valorisées.

«La performance ne repose plus uniquement sur l’expertise technique, elle dépend de la capacité à piloter des projets complexes dans un environnement en mutation permanente», poursuit la même source.

Cette évolution accompagne les grandes ambitions du Maroc en matière d’énergies renouvelables, de décarbonation industrielle et de souveraineté énergétique.

Chaque nouveau parc solaire, chaque projet éolien ou initiative liée à l’hydrogène vert génère une demande accrue de talents qualifiés.
L’énergie apparaît ainsi comme l’un des secteurs les mieux positionnés pour les années à venir. Les perspectives de croissance salariale, la multiplication des projets structurants et la sophistication croissante des métiers créent un cercle vertueux dont bénéficient aussi bien les entreprises que les professionnels.

Dans ce contexte, les profils capables de combiner expertise technique, vision stratégique et compréhension des enjeux environnementaux disposeront d’un avantage décisif. Car si la transition énergétique transforme les infrastructures, elle redessine surtout la carte des compétences les plus recherchées du Royaume.