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BTP : Un secteur largement plébiscité en Bourse
Même si les industriels cotés ont affiché des progressions significatives en Bourse en 2024, leur cours continue d’augmenter en raison du potentiel de croissance que leur allouent les analystes, compte tenu de la dynamique des chantiers en cours de construction.
Le secteur du BTP a la faveur des analystes financiers. En Bourse, les valeurs du secteur sont parmi celles qui se portent le mieux de la cote avec des performances qui pointent jusqu’à 642% pour Jet Contractors en 2024. D’ailleurs, c’est la meilleure performance affichée l’année dernière.
TGCC, sa concurrente directe, a affiché une croissance du cours de 156% et Sonasid de 49%. La croissance du cours n’est pas près de ralentir, puisqu’en cette année, une progression à deux chiffres est observée sur les valeurs du secteur. L’indice sectoriel, lui, enregistre une performance de 7% en 2025 contre 23% une année auparavant.
Le comportement des cours est dopé par la dynamique dans laquelle s’est inscrit le marché de la construction, compte tenu du lancement de plusieurs projets structurants qui rentrent aussi bien dans le cadre du Mondial 2030 que dans la mise à niveau et le développement d’infrastructures et dans la facilitation de l’accès au logement.
D’ailleurs, comme l’indique BMCE Capital Global Research (BKGR) dans sa note de recherche sur le secteur, TGCC devrait pleinement profiter de l’opérationnalisation du nouveau dispositif d’aides au logement devant induire le développement de l’activité de construction, notamment dans les nouvelles zones aménagées, ainsi que de la relance de la demande en logements suite à l’organisation des deux évènements sportifs de taille au Maroc.
Parallèlement, le groupe est positionné sur plusieurs projets lancés dans le cadre de la modernisation de l’infrastructure du Royaume, ainsi que sur des projets privés de santé et d’immobilier, à l’instar du stade Al Barid, du CHU Ibn Sina, de l’UM6P…
Jet Contractors, activité diversifiée
Pareil pour Jet Contractors qui dispose déjà d’un carnet de commandes étoffé, estimé à près de 8 milliards de dirhams au premier semestre de 2024. Il faut dire que le groupe a un point fort par rapport à ses concurrents. En effet, la société se distingue par une stratégie d’intégration industrielle rigoureuse, basée sur la création de filiales spécialisées qui optimisent l’ensemble du cycle de vie des projets.
Elles opèrent ainsi dans des secteurs clés, tels que l’infrastructure, l’énergie et la construction… Ce qui permet de proposer des solutions parfaitement adaptées aux exigences du marché, tout en favorisant une gestion efficace des coûts et des délais et en assurant une synergie optimale entre les différentes phases des projets.
Sonasid, elle, devrait bénéficier de la forte demande exprimée sur les produits sidérurgiques à l’horizon 2028, dans le cadre du lancement de plusieurs projets, à l’instar du renforcement des infrastructures hydrauliques prévues dans le cadre du déploiement du plan d’urgence afin de faire face au stress hydrique incluant le programme de construction de 18 grands barrages et de 8 petits sur la période 2024-2029 et le lancement, en 2024, des travaux de construction de la plus grande station de dessalement du continent au sud de Casablanca.
D’autant que la mise à niveau des infrastructures hôtelières, sportives et logistiques, le programme d’aides aux logements, ainsi que le programme de réhabilitation des régions touchées par le séisme d’Al-Haouz devraient profiter au groupe.
Dans cet environnement sectoriel de plus en plus favorable, BKGR estime que le sidérurgiste cherche également à capitaliser sur le déploiement de son plan de diversification stratégique 2024-2028, intégrant notamment le démarrage de la production de produits à forte valeur ajoutée, à savoir le fil précontraint en 2024 et le toron précontraint en 2027, la pénétration progressive de l’industrie automobile avec le développement des câbles en acier servant au mécanisme d’ouverture des portières et l’augmentation de 25% de sa capacité de production en fibre d’acier verte.
Augmentation du BFR à surveiller
Tout ce contexte reste profitable également aux cimentières. En effet, l’ensemble des chantiers entamés tant en infrastructures sportives, hôtelières, hydrauliques ou encore immobilières devraient hisser l’activité de ces sociétés.
Cependant, s’il y a un point de vigilance pour les sociétés du BTP, notamment TGCC et Jet Contractors, c’est celui lié au comportement du BFR.
Les analystes de BKGR soulignent ainsi que le positionnement de ces deux groupes sur les marchés étatiques et l’augmentation de la part de ces derniers dans le portefeuille d’activité pourraient entraîner une hausse du BFR, en raison des délais de paiement généralement lents de l’État.
Ce qui pourrait exercer une forte pression sur la trésorerie. D’où l’intérêt d’une gestion rigoureuse des liquidités en vue de préserver l’équilibre financier et, partant, le modèle économique des deux opérateurs cotés.
Obligations, TCN…, les opérateurs diversifient leurs sources de financement
Pour financer la réalisation de l’ensemble des marchés attribués, contribuer à l’accès au logement et à l’amélioration des infrastructures, les opérateurs du BTP, dont les deux cotés (TGCC et Jet Contractors), recherchent des ressources financières à travers le marché de la dette privée, entre autres.
Par placement privé, TGCC a levé récemment 450 MDH auprès d’investisseurs qualifiés. Idem pour Jet Contractors avec un montant de 400 MDH. En plus de cela, ces deux groupes industriels recourent au marché des titres de créances négociables avec un encours de billets de trésorerie de 4 milliards de dirhams pour la première et 864 DH pour la seconde, en 2024.
