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Assurance : Un secteur en pleine mutation

En constante transformation, la filière continue d’afficher des fondamentaux solides portés aussi bien par la branche Vie que par la Non-vie. Plusieurs réformes ont été mises en place et d’autres sont à venir.

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Le secteur de l’assurance confirme, une nouvelle fois, la solidité de ses fondamentaux et affiche une dynamique de croissance continue. Au terme du premier semestre de cette année, les primes émises se sont élevées à 35 milliards de dirhams (MMDH), en progression de 7% par rapport à la même période de 2024.

Cette performance témoigne de la capacité des acteurs du marché à accompagner l’évolution des besoins en couverture, dans un environnement économique marqué par des incertitudes persistantes.

L’essor de la branche Vie constitue l’un des moteurs de cette croissance. Tirée à la fois par les produits d’épargne en dirhams et par la forte poussée des contrats en unités de compte, elle enregistre une hausse de 8,1%, portant le volume des primes à près de 15 MMDH.

Ainsi, l’épargne en dirhams, traditionnel pilier du secteur, poursuit une évolution maîtrisée avec une progression de 6,3% pour atteindre 12,1 MMDH. Fait marquant du semestre : les supports en unités de compte ont affiché une croissance remarquable de 63,5% pour atteindre 889 MDH.

L’assurance décès, pour sa part, a généré 1,86 MMDH, en légère hausse de 2,4%. Ce qui illustre un changement d’appétit des assurés pour des placements davantage orientés vers la performance financière.

La branche Non-vie se révèle tout aussi robuste. Avec 20 MMDH de primes, en hausse de 6,2%, elle s’appuie principalement sur la vitalité du marché automobile, dont les primes sont ressorties en hausse de 5%, atteignant 9,1 MMDH.

Les accidents corporels, dont la maladie, ont progressé de 5,4% à 3,1 MMDH. Par ailleurs, le segment AT & MP (accidents du travail et maladies professionnelles) a affiché une croissance de 6,1%, à 1,83 MMDH.

Sur le plan financier, les compagnies consolident leurs positions grâce à une gestion prudente et équilibrée de leurs placements. L’encours global des investissements s’est établi à 225 MMDH, en légère hausse de 1%. La structure de portefeuille demeure stable : 48% investis en instruments de taux, 42% en actions, 6% en immobilier et 4% en d’autres placements.

Cette répartition illustre la volonté des assureurs de conjuguer sécurité, diversification et rendement durable, tout en intégrant les exigences réglementaires et les pressions du contexte macroéconomique.

Nouvelles perspectives de croissance
À l’échelle africaine, le Maroc consolide sa place parmi les marchés les plus structurés du continent. Selon le dernier rapport de l’Organisation des assurances africaines (OAA), il représente 8,7% des primes d’assurance africaines, soit 5,5 milliards de dollars. Il se positionne ainsi largement devant l’Égypte (4%), mais reste loin de l’Afrique du Sud, qui domine le secteur avec 68,2% des parts.

La dynamique du secteur devrait s’intensifier grâce à une série de réformes récentes et à venir. L’introduction d’assurances obligatoires dans le domaine du BTP, telles que l’assurance «tous risques chantier» et la «responsabilité civile décennale», marque une étape importante.

Elle s’inscrit dans la volonté des pouvoirs publics de renforcer la transparence, la qualité et la crédibilité du secteur de la construction, en particulier à l’approche des chantiers d’envergure prévus pour la Coupe du monde 2030.

D’autres obligations pourraient suivre, notamment dans l’assurance multirisque habitation, offrant ainsi de nouvelles perspectives de croissance aux compagnies et aux cabinets spécialisés.

En parallèle, la modernisation du Livre IV de la loi n° 17-99 sur le Code des assurances constitue un chantier majeur. Cette révision vise à adapter le cadre juridique aux transformations du secteur, notamment en ouvrant davantage la voie à la bancassurance.

Les banques auront désormais la possibilité de distribuer une gamme élargie de produits, incluant les contrats multirisques habitation et d’autres services adossés à leurs activités bancaires, sous réserve d’une autorisation préalable.

Le partenariat conclu en janvier entre Crédit du Maroc et AtlantaSanad Assurance illustre d’ailleurs cette tendance à l’élargissement des synergies entre les deux industries.

Les intermédiaires d’assurance bénéficieront également d’une flexibilité accrue, avec la possibilité de développer leur réseau via des succursales sans demander un agrément pour chaque implantation.

Enfin, plusieurs chantiers structurants demeurent au cœur des préoccupations du secteur, à l’instar du basculement total vers l’AMO, la réforme du barème d’indemnisation automobile ou encore la mise en place de la taxe sur les catastrophes naturelles.

Autant de dossiers qui devraient remodeler en profondeur l’écosystème assurantiel et renforcer la solidité du marché à long terme.


Une accélération significative du Takaful
L’activité Takaful poursuit sa trajectoire ascendante. À fin juin 2025, elle enregistre 66 MDH de primes, soit une progression notable de 51,4% par rapport à l’année précédente. La branche Takaful Famille, regroupant les assurances décès et investissement Takaful, domine largement l’activité, avec une part de 90,6% des primes totales.

Les débours des fonds Takaful atteignent 27,4 MDH, dont 25,7 MDH liés à la composante Famille. Les charges techniques d’exploitation, elles, s’élèvent à 24,6 MDH, comprenant 7,7 MDH. Quant aux rémunérations perçues par les opérateurs pour la gestion des fonds, elles totalisent 16,6 MDH, dont 89,5% proviennent des activités Takaful Famille.

Ces chiffres confirment la montée en puissance progressive de ce segment encore récent mais appelé à jouer un rôle croissant dans l’écosystème assurantiel.