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Agriculture

SIAM 2024 : Agriculture résiliente, le moteur à fond

Le gouvernement privilégie de plus en plus des cultures résistantes aux changements climatiques, tel que visé par la stratégie Génération Green. L’INRA contribue activement à la création de variétés adaptées.

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La résilience est l’un des axes prioritaires de la stratégie Génération Green à l’horizon 2030. Assurer une souveraineté alimentaire et une agriculture durable, tout en composant avec les effets de la raréfaction de l’eau et de succession de périodes de sécheresse auxquelles le Maroc fait face depuis quelques années, passe nécessairement par le changement de la manière de faire l’agriculture. Il s’agit alors de valoriser les cultures résistantes à la sécheresse et de réduire, parallèlement, celles consommatrices d’eau. Rappelons qu’en 2022 le ministère de l’Agriculture a mis fin aux incitations accordées aux producteurs d’agrumes, de pastèque et d’avocat, à moins qu’il s’agisse de renouvellement des vergers.
Le gouvernement a alors misé sur la recherche et le développement, tant pour mettre en place de nouvelles cultures que pour agrandir les superficies d’autres. Le principe étant le même : favoriser la résilience. En effet, plusieurs solutions et innovations s’offrent au Maroc pour contrer les effets du réchauffement climatique. Au-delà de la démocratisation de l’irrigation et le développement de ses techniques, le pays a fortement misé sur la création de cultures résilientes. Avec la contribution essentielle de l’INRA (Institut national de recherche agronomique), des pistes novatrices pour garantir la résilience, la durabilité et, partant, la sécurité alimentaire ont été explorées.
Ainsi, l’INRA a développé des variétés plus résistantes et productives pour les principales espèces prioritaires. Depuis le lancement du Plan Maroc Vert, 78 variétés ont été inscrites au catalogue officiel couvrant les 10 principales cultures. Ce qui porte le portefeuille variétal à plus de 360 variétés pour toutes les espèces. Il est à souligner que l’INRA, pionnier dans le domaine des recherches d’adaptation de l’agriculture, développe une multitude de technologies innovantes. Entre autres, l’institut mène des travaux sur la création variétale de plusieurs cultures, dont les céréales (blé tendre, blé dur, orge), les légumineuses alimentaires (fève, féverole et lentille), les fourragères (avoine, lupin, vesce, pois fourrager et maïs), les oléagineuses (colza et tournesol) et l’arboriculture fruitière (amandier, figuier, abricotier, grenadier et pêcher).

Des rendements plus intéressants
Les variétés «Nachit», «Jabal» et «Jawahir» pour le blé dur et «Chiffa», «Assiya» et «Khnata» pour l’orge ont démontré leur capacité à tenir bon face à la sécheresse. Elles ont été développées après dix ans de recherche, en utilisant les ressources génétiques des grains ancestraux, conservés dans la banque de gènes d’ICARDA (International Center for Agricultural Research in the Dry Areas). Pareil pour les légumineuses dont le rendement des parcelles s’est établi à une moyenne de 30 qx/ha, soit 20 à 30% de plus par rapport au témoin. Tel est l’exemple des lentilles «Extra», «Jemaat Shaim», ou encore les pois chiches «Taounate» et «Arifi». Il en est de même pour le colza dont des variétés nommées «Alia», «Moufida» et «Lila» ont confirmé sur le terrain un rendement plus intéressant de 25 qx/ha au lieu de 23 qx/ha enregistrés pour le témoin.

À côté des efforts de l’INRA déployés pour mettre en place des plantes résilientes, qui ne requièrent pas des besoins énormes en eau et qui sont plus productives et entretiennent les sols, le gouvernement privilégie depuis quelques années certaines cultures, à l’instar du caroubier, grenadier, figues de barbarie, amandier, pistachier et arganier.

Retour aux cultures anciennes
Ce ne sont certes pas des cultures nouvelles. Elles ont en effet existé au Maroc depuis toujours, mais ont été abandonnées au profit d’autres produits plus rentables, plus demandés à l’international ou encore à plus forte valeur ajoutée. Le Maroc se retourne également vers le tournesol et le colza notamment, en raison de leur rendement certes, mais aussi leur apport aux sols en termes d’enrichissement en matières organiques et à l’amélioration de l’alimentation des animaux.

Récemment, le ministère a lancé la première tranche de deux projets d’agriculture solidaire de plantation de cultures résilientes aux changements climatiques, inscrits dans le cadre de la stratégie Génération Green, dans les provinces de Youssoufia et de Safi. Il s’agit alors de la plantation de 200 ha de câprier, 400 ha de nouvelles variétés de cactus résistantes à la cochenille à carmin et de 300 ha d’arbustes fourragers.

En tout cas, l’objectif est d’utiliser moins d’eau pour davantage de productivité, tout en assurant plus de rendement. C’est l’équation que le Maroc se déploie à résoudre. Et les résultats n’en sont pas moins intéressants.

 


Le quinoa, une culture alternative aux céréales
L’importance du quinoa ne fait plus de doute. La culture n’est pas récente au Maroc. Elle a été introduite en 1999 dans la région de Khénifra et a montré une grande résistance à la sécheresse et au taux élevé de salinité des sols. Actuellement, la culture est en nette augmentation, notamment dans les zones arides. Trois variétés sont les plus utilisées, à savoir la Titica, la Puno et l’ICBA Q2.
Les rendements peuvent atteindre 30 à 40 qx/ha dans des conditions climatiques et techniques optimales. Il faut savoir que l’OCP est un acteur majeur dans le développement et la commercialisation du quinoa, puisqu’il soutient plusieurs coopératives notamment à Rehamna et Youssoufia.