Agriculture
Irrigation de complément : Les travaux lancés dans trois régions d’ici fin 2025
Le ministère de l’Agriculture a lancé les études de la phase pilote du programme d’irrigation de complément qui prévoit l’aménagement d’un million d’hectares pour assurer une production annuelle de plus de 80 millions de quintaux de céréales et légumineuses. Trois régions ont été identifiées et les travaux y démarreront d’ici la fin de l’année.
Au cours de la dernière décennie, le Maroc a enregistré une alternance de bonnes et de mauvaises récoltes céréalières.
La production record de 111 millions de quintaux (Mqx) lors de la campagne agricole 1995-96 tranche avec les 35 Mqx de l’exercice 2023-2024. Un contraste qui démontre l’impact de la sécheresse structurelle sur notre système de production.
Pour faire face à cette situation préoccupante, le Royaume envisage de mettre en place des initiatives qui permettront de réduire les effets de ce stress hydrique sur la production céréalière et la croissance économique, tout en tenant compte des aléas climatiques inéluctables.
Trois régions identifiées pour la phase pilote
Afin de sécuriser la récolte céréalière et la rendre plus stable, l’Etat prévoit de recourir à l’irrigation de complément sur environ un million d’hectares pour assurer une production annuelle de plus de 80 millions de quintaux de céréales et légumineuses.
Objectif : assurer 80% des besoins en céréales du Royaume d’ici 2030. L’annonce a été faite en avril dernier par le ministre de l’Agriculture, Ahmed El Bouari, dans une radio de la place.
D’après nos informations, ce programme avance bien. Concrètement, il se décline en deux composantes. La première porte sur une superficie de près de 500.000 ha de terres irrigables dans les périmètres de grande hydraulique, de petite et moyenne hydraulique (PMH), et dans les zones d’irrigation privée déjà emblavées en céréales.
Durant cette première phase, l’Etat envisage d’améliorer la productivité en garantissant une réserve hydrique permettant d’assurer deux à trois irrigations en période critique de formation du rendement des céréales, et en accordant des subventions aux agriculteurs pour l’équipement en matériel d’irrigation de complément, à travers le Fonds de développement agricole.
La diffusion de paquets techniques auprès des agriculteurs par le conseil agricole adéquat – notamment le semis direct pour valoriser l’eau de pluie et conserver les sols-, et la poursuite du soutien à l’approvisionnement en intrants notamment en semences et engrais sont également prévues.
«Il suffit d’un apport d’eau limité aux stades critiques de croissance et de formation du rendement des céréales pour sauver une récolte, voire obtenir des productions élevées même en cas de sécheresses agricoles saisonnières», explique notre source.
«En année moyenne, les superficies emblavées en céréales dans les zones irriguées couvrent près de 500.000 ha répartis par catégories de périmètres irrigués», ajoute-t-elle.
Des subventions pour le materiel d’irrigation
Quant à la deuxième composante de cette initiative, qui nécessite des aménagements pour l’extension des superficies irrigables, elle cible aussi une superficie de 500.000 ha.
Le gouvernement mobilisera et affectera des ressources en eau dédiées au développement de l’irrigation de complément des céréales, notamment grâce à la mise en œuvre des actions de renforcement de l’offre hydrique prévues dans le cadre du Programme national pour l’approvisionnement en eau potable et l’irrigation (PNAEPI) 2020-2027.
Des aménagements hydroagricoles nécessaires pour l’amenée de l’eau jusqu’aux parcelles et l’octroi de subventions aux agriculteurs pour équiper leurs parcelles en matériel d’irrigation de complément sont également prévus.
«Compte tenu des coûts et des délais nécessaires pour la mobilisation et l’affectation des ressources en eau et la réalisation des aménagements d’une part, et la réalisation des études techniques, la réalisation de cette composante sera progressive et par tranche», confie notre source.
Les études de la phase pilote de ce programme sont en cours de réalisation et les travaux correspondants démarreront avant fin 2025.
Une première tranche prioritaire a d’ailleurs été identifiée essentiellement au niveau des régions de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Fès-Meknès et Rabat-Salé-Kénitra.
Des unités de stockage de 2 millions de quintaux
Parallèlement à l’irrigation de complément, le ministère de l’Agriculture, à travers l’Office national interprofessionnel des céréales et des légumineuses (ONICL), compte également renforcer les capacités de stockage des céréales, afin de réduire la dépendance aux importations.
Ainsi, plusieurs mesures sont prévues dans le cadre du contrat-programme de la filière des céréales et légumineuses, conclu entre le gouvernement et la Fédération interprofessionnelle des activités des céréales et légumineuses (FIAC).
Il s’agit notamment de la création d’unités de stockage de proximité des céréales, d’une capacité globale estimée à 2 millions de quintaux, la réalisation d’une étude pour déterminer les besoins en capacités de stockage de proximité et leur répartition selon les zones de production.
Egalement, le soutien à l’investissement en équipements modernes de stockage et de manutention, au profit des collecteurs de proximité dans les principales zones agricoles.
L’Etat prévoit aussi d’augmenter le taux de subvention dédié aux infrastructures de stockage des céréales, afin de le porter de 10 à 25 %, d’élaborer un système national intégré de gestion du stock stratégique de céréales, «en conformité avec les hautes orientations royales», ainsi qu’une mise à jour continue des besoins nationaux, dans le but d’assurer la sécurité alimentaire du pays.
