Affaires
Agadir : La conquête de nouveaux marchés s’accélère
La destination renforce sa promotion sur de nouveaux marchés. La demande progresse fortement depuis le début de l’année. La capacité d’accueil, elle, reste sous pression.
À Agadir, la stratégie touristique ne se joue plus seulement sur les performances mensuelles. Elle se joue aussi sur la capacité de la destination à élargir sa base de clientèle, à renforcer sa présence sur de nouveaux marchés et à transformer la promotion en flux réels.
C’est dans cette logique que les professionnels du tourisme, aux côtés des institutionnels, multiplient aujourd’hui les actions de prospection, avec en ligne de mire un objectif clair : consolider la croissance tout en réduisant la dépendance à quelques marchés émetteurs traditionnels.
Cette dynamique se lit d’abord dans la mission prévue en cette fin d’avril aux îles Canaries, dans le cadre de la coopération décentralisée entre le Souss-Massa et l’archipel espagnol.
Le Conseil régional du tourisme d’Agadir Souss-Massa doit s’y joindre à une importante délégation institutionnelle et professionnelle. Pour les opérateurs, cette proximité géographique, à seulement une heure et demie d’avion, reste encore sous-exploitée.
Le marché canarien est perçu à la fois comme une source potentielle de touristes supplémentaires et comme un réservoir possible d’investisseurs, dans un contexte où les îles connaissent une pression croissante sur leur propre capacité touristique.
Des rencontres B2B sont prévues afin de transformer cette proximité en opportunités commerciales concrètes.
Cette même logique de diversification se prolongera en juin avec un workshop à Montréal, organisé en lien avec l’ouverture par Air Transat d’une liaison directe entre Agadir et Montréal.
Pour les professionnels de la destination, cette nouvelle connexion aérienne ouvre un levier supplémentaire de croissance.
L’enjeu n’est pas seulement de capter une clientèle de plus, mais de repositionner Agadir sur une carte plus large, capable de soutenir l’activité au-delà de ses bassins habituels.
À cela s’ajoutent d’autres opérations de promotion en préparation, notamment l’Agadir Souss-Massa Golf Cup et la troisième édition de Souss-Massa Days.
Cette offensive commerciale intervient dans un contexte de reprise nette de l’activité.
En mars 2026, Agadir a enregistré
118.960 arrivées contre 98.751 un an plus tôt, soit une progression de 20,46%. Les nuitées ont atteint 525.560 contre 442.435 en mars 2025, en hausse de 18,79%. Le taux d’occupation moyen a, lui aussi, fortement progressé, passant de 56,86 à 64,09%.
Les indicateurs du premier trimestre restent également bien orientés, avec 337.469 arrivées, en hausse de 6,95%, et 1.465.909 nuitées, en progression de 8,39%.
Le marché britannique demeure le principal moteur de cette dynamique. En mars dernier, il a progressé de 26,21% en arrivées et de 33,21% en nuitées.
Il représente désormais 35,90% des nuitées et 28,72% des arrivées, avec une durée moyenne de séjour de 5,5 jours, la plus élevée parmi les grands marchés.
Le marché national a lui aussi fortement soutenu l’activité, avec une hausse de 112,05% des arrivées et plus de 101% des nuitées, portée notamment par l’Aïd El-Fitr et la forte affluence enregistrée à Taghazout.
Toutes les catégories d’hôtels sont orientées à la hausse, avec un bond d’environ 50% pour les établissements 5 étoiles.
Mais cette embellie met aussi en lumière une fragilité. La capacité en chambres n’a progressé que de 3%, passant de 13.517 à 13.868 unités, tandis que la capacité litière n’a augmenté que de 2%, à 31.171 lits.
Autrement dit, la demande progresse plus vite que l’offre. Ce différentiel se traduit mécaniquement par une pression croissante sur l’occupation et relance la question de la capacité additionnelle.
La remise en activité des établissements fermés redevient ainsi un sujet central pour accompagner la croissance sans risquer la saturation.
Au fond, Agadir se trouve à un moment charnière. La promotion se renforce, les marchés se diversifient et la demande répond.
Mais pour transformer cette séquence favorable en croissance durable, la destination devra réussir un double pari : continuer à s’ouvrir à de nouveaux bassins émetteurs tout en renforçant sa capacité d’accueil. C’est de cet équilibre que dépend désormais la solidité de sa trajectoire touristique.
