Chronique
Maroc-Afrique : Chaud devant !
Maintenant qu’ils ont vu travailler le gouvernement Akhannouch, les Marocains ne permettraient à aucune future équipe de faire en moins performant. La doctrine du pouvoir de Mohammed VI ne le permettrait pas non plus.
Ceux qui font de la «CAFouille» de la Coupe africaine l’alpha et l’oméga de notre rapport au Sénégal et même vis-à-vis de l’Afrique subsaharienne n’ont vu que l’arbre, et sûrement pas la forêt qu’il cache.
On ne peut, sapristi !, aliéner une stratégie grandiose, engagée depuis l’aube de l’ère Mohammed VI, qui a coûté une incommensurable énergie au Souverain comme à nos forces les plus vives, pour une offense faite à notre football, eût-elle été douloureuse et extrêmement inique.
Les enjeux de notre futur, faut-il le rappeler ?, sont inscrits fondamentalement sur le sol africain, avec les Africains, pour les Africains.
Comment brader alors des enjeux stratégiques aussi colossaux pour un match perdu et une fâcherie entre deux équipes et deux coachs ? Ne serait-ce pas substituer le conjoncturel au structurel ?
D’ailleurs, pour revenir à la CAN 2025 et sa finale, même si le collectif marocain avait engagé un effort épuisant, il serait malhonnête de ne pas reconnaître que l’équipe sénégalaise eût donné à voir un jeu autrement plus performant.
Et puis, voudrait-on, pour une blessure narcissique somme toute passagère, détruire tout ce que, sous la houlette du Souverain, notre Lekjaa national et ses équipes de la FRMF avaient patiemment construit au profit de la réputation marocaine parmi les opinions publiques du continent et du reste du monde ?
C’est la destruction de ce capital de sympathie et de considération que visaient précisément nos ennemis et certains de nos prétendus amis.
Par ailleurs, nos chers «analystes» qui savent tout sur tout, ont-ils seulement pris en considération la complexité actuelle du champ politique sénégalais, avec des élites jeunes, quasiment étrangères à la profondeur du très vieux legs spirituel commun et de l’héritage politique cumulé depuis feu Léopold Sédar Senghor ? Et puis, que fait-on de la typologie sociologique de la majorité issue du scrutin de mars 2024 ?
Dans une société où la moyenne d’âge est inférieure à 20 ans, où plus de 75% de la population a moins de 35 ans et 39% moins de 15 ans, qui plus est avec le président le plus jeune de l’histoire du pays, l’ère des rapports pépères avec l’ancienne puissance colonisatrice, avec le Maroc ou même avec le reste des pays d’Afrique semble bel et bien terminée.
Aussi, la lutte contre la corruption – le nouveau président était auparavant inspecteur des finances publiques – et le football constituent-ils pour les jeunes dirigeants un a priori destiné à faire patienter une jeunesse assoiffée d’épanouissement… au moins jusqu’aux premières retombées économiques du gaz fraîchement découvert.
Tous ces éléments militent pour un rapport extrêmement serein vis-à-vis de ce pays afin de préserver notre propre vision du développement au sein de notre continent. C’est cela, me semble-t-il, qui aurait motivé le communiqué du Cabinet royal et l’écho positif qu’en avait fait le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye.
Ayant perçu, bien avant l’ouverture de la CAN 2025, les horreurs que nos ennemis et même certains de nos «amis» nous souhaitaient si ardemment, j’avais écrit et répété autour de moi que, bien plus que la conquête de la Coupe, c’était la réussite logistique et sécuritaire de cette manifestation qui devait primer.
Quitte à perdre la Coupe, répétais-je. C’est le cas aujourd’hui, et alors ? La Coupe du monde 2026 puis une pléthore d’autres occurrences footballistiques offriront à notre valeureuse équipe nationale le loisir de démontrer sa maestria et même sa hargne. Le «tajine de la vengeance» ne se mange jamais chaud, n’est-ce pas ?
Devant nous, des enjeux nationaux, régionaux et internationaux extrêmement décisifs ont commencé à se profiler. Les urnes du Royaume enfanteront une configuration gouvernementale dont personne n’a idée à ce jour.
Maintenant qu’ils ont vu travailler le gouvernement Akhannouch, les Marocains ne permettraient à aucune future équipe de faire en moins performant.
La doctrine du pouvoir de Mohammed VI ne le permettrait pas non plus. Pardi ! L’action de Mohammed VI, faisant suite à celle de Hassan II, ne représente-t-elle pas au Maroc ce que la modernisation sous Pompidou a été pour la France après la période gaullienne ?
À notre flanc oriental, le régime vagabond d’Alger, regardant Boualam Sansal, son otage d’hier, rejoindre triomphalement l’Académie française, et persévérant dans ses foireux pis-aller à l’exemple du fer et chemin de fer de Gara Djebilet, est devenu la risée de la planète.
Son antienne «autodéterminationniste» ne trouve plus preneur.
Précisément, sur ce même dossier saharien, l’Europe vient de s’aligner sur l’ONU et, in fine, sur la doctrine marocaine. Elle ne pouvait faire autrement, puisqu’elle compte désormais sur le Royaume pour l’aider à reprendre langue avec le continent et retrouver des marchés si prisés par la Chine et les USA.
Si le Royaume a pu réaliser une moisson de reconnaissances de son intégrité territoriale par une multitude de puissances (France, Espagne, Allemagne, Grande-Bretagne, USA, etc.), l’alignement du bloc européen dans son entièreté sur nos positions nous impose des responsabilités supplémentaires.
Tout cela forme de vastes challenges qui coïncident avec ce qu’ont toujours véhiculé les apophtegmes de MohammedVI depuis son accession au Trône.
On voit donc bien que la meilleure manière de neutraliser les lamentables combines des bidasses d’Alger, de leurs marionnettes in situ et de leurs larbins d’ici, est d’affronter les défis qu’impose notre imminente émergence au lieu de faire de l’épisode maroco-sénégalais de la CAN 2025 une question de vie ou de mort, c’est-à-dire exactement ce que souhaitaient lesdits bidasses.
De grâce, regardons plus loin que notre colère ! Le Maroc éternel est suffisamment solide pour rendre coup pour coup, tous les coups, au moment où ses cibles ne s’y attendront guère. Je le répète, la vengeance est un tajine qui se mange froid. Pour l’instant, chaud devant !
