Chronique
Aucun répit dans la marche vers l’émergence !
Aujourd’hui, tout en associant démocratiquement les partis politiques à la réflexion diplomatique, le Maroc ne concède aucune pause quant au éveloppement territorial à l’épanouissement duquel il associe la société civile.
Le 31 octobre dernier, grâce à la résolution onusienne 2797, nous sommes sortis, en matière d’intégrité territoriale, du petit jihad pour investir le grand jihad. Des questions cardinales se posent d’ores et déjà quant au modus operandi, aux détails – là où réside le diable – de la future gouvernance des provinces sahariennes. Il existe dix-sept configurations autonomiques dans le monde.
À laquelle d’entre elles ressemblera la version marocaine définitive qui prévaudra au terme des négociations ? Correspondra-t-elle à ce que le Conseil de sécurité de l’ONU a appelé la «véritable autonomie» ?
Ce fut grosso modo l’objet de la réunion qui a rassemblé trois conseillers royaux et deux ministres, celui de l’Intérieur et celui des Affaires étrangères, d’un côté, et les patrons des partis politiques représentés au Parlement, de l’autre.
D’autres questions pressantes se poseront. Qui sera responsable du recensement des Sahraouis de Tindouf ? Comment le Maroc fera-t-il pour loger puis aider à insérer ces Sahraouis ? Comment réinsérer les cadres dirigeants du Polisario, du président félon de la fantomatique RASD aux ambassadeurs, en passant par les ministres et les gradés de l’armée ?
Quelles mesures confortant le vivre-ensemble entre les unionistes et les ex-séparatistes ? Quel sera le plafond des concessions que le Maroc aura à consentir lors des négociations ? Quelle sera la solidité du rapport entre le «gouvernement sahraoui» et son homonyme natio-nal ?
Quelles autres forgeries la Clique d’Alger pourrait-elle fomenter pour perpétuer la tension dans la région ? Abandonnera-t-elle aussi aisément son ambition démiurgique de dominer le Maghreb et le Sahel ? Brûlera-t-elle le «grimoire» expansionniste légué par Boumediene ?
Voyez-vous, face à une nation qui se prévaut d’un parcours appréciable en gouvernance et d’une contribution civilisationnelle notable à la marche du monde, on finit toujours par trouver un langage commun et même une méthodologie de résolution de conflits.
Mais, volage et puérilement cruel, le proto État qui sévit à Alger est dépourvu de la moindre vision pour lui-même, pour ses propres administrés et a fortiori pour l’ensemble des peuples nord-africains.
«Le passé est un gouffre pour qui vit au jour le jour et l’avenir une malédiction assurée», écrit le fraîchement sorti des geôles algériennes Boualem Sansal dans «Abraham ou la cinquième Alliance».
Harnaché de certitudes rendues vides et stupides par l’Histoire depuis belle lurette, le régime algérien cessera-t-il enfin de marionnettiser et rallier les pays africains contre un Royaume qui ne cherche qu’à parachever sans heurts son intégrité territoriale ?
En vérité, la tropologie colonise le discours politique algérien. On y trouve les catachrèses du genre «démocratie» pour désigner le caporalisme absolutiste aux légitimations «moujahidistes», ou encore «modernité» pour énoncer les pires turpitudes régressives.
Que de pataquès et de malapropismes accompagnant la même rengaine démagogique de Sa Suffisance Redondantissime démocratique populaire !
En tout cas, impliquée jusqu’au cou dans ce conflit factice, la camarilla d’Alger se trouve aujourd’hui acculée à négocier avec le Maroc une sortie plus ou moins honorable. Le Royaume y est tout à fait prêt. Ce qui n’a pas empêché le Souverain d’impliquer les partis politiques dans la réflexion à propos du contenu détaillé du statut autonomique saharien.
A ce propos, il ne serait pas superflu de se demander si nos partis politiques seraient dignes d’une telle confiance. Abandonneront-ils, pour une fois, les verbiages habituels et la langue de bois pour engager un authentique effort de réflexion sur les questions dont nous avons fourni un échantillon plus haut ?
D’ailleurs, un effort parallèle de réflexion a été demandé aux sociétés civiles locales, à l’échelle de chaque province. Il s’agit de plancher sur une nouvelle génération de programmes de développement territorial. Ainsi, la marche vers l’émergence vaut autant que le combat pour l’intégrité territoriale.
Dans cet effort bidimensionnel, le Royaume n’est frappé d’aucune lassitude. Ce qui n’est apparemment point le cas de notre voisin de l’Est. Au lendemain du verdict onusien du 31 octobre 2025, le politologue algérien Mohcin Belabbase écrivit : «Ce n’est pas la cause sahraouie qui s’épuise, c’est la diplomatie algérienne qui s’y dissout (…) Autrefois fière de son verbe et de son rôle, la diplomatie algérienne s’est enfermée dans un triptyque figé – Palestine, Sahara occidental, Sahel – devenu le dernier refuge d’un pouvoir sans vision (…). On ne défend plus des causes, on entretient des mythes. Alger parle encore comme si Bandung avait eu lieu hier».
Le Maroc, lui, se trouve à l’heure de la réflexion profonde sur la version future de sa Constitution qui devra camper, pour la première fois de son histoire, une forme de fédéralisme que seules les grandes démocraties sont capables d’engager et réussir.
Également une réflexion non moindrement profonde sur les nouveaux contours d’un pouvoir central ainsi déchargé de prérogatives qui ont longtemps fait sa redoutable puissance.
C’est ainsi que la monarchie marocaine, l’une des deux plus vieilles du monde, fait sa mue sans renoncer ni à sa vocation exécutive ni à son ambition parlementariste. Aujourd’hui, tout en associant démocratiquement les partis politiques à la réflexion diplomatique, le Maroc ne concède aucune pause quant au développement territorial à l’épanouissement duquel il associe la société civile.
Que les niqueurs de mouches de la sphère youtubesque, les nihilistes cérébraux et le duo Benki/Boino, leurs cousins en parasitage démago, se rassurent : il n’y aura aucun répit dans la marche du Maroc vers l’émergence !
