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Archives LVE 1975. Blé, 1 Mqx importés par mois
Il y a 50 ans, en raison du déficit céréalier, plus d’un million de quintaux de blé doivent être importés chaque mois. La campagne céréalière atteint à peine 40 millions de quintaux.
La production marocaine de céréales reste cette année lourdement déficitaire. Actuellement, pour faire face à la consommation, il est nécessaire d’importer chaque mois 100.000 à 120.000 tonnes de blé correspondant approximativement à l’écrasement par les minoteries pour les besoins du pays en farine.
En fait, la production locale a permis de satisfaire l’autoconsommation des agriculteurs ou encore la reconstitution des stocks de sécurité, soit à hauteur des producteurs, soit encore à celle des coopératives, en accord avec le gouvernement et avec sa politique céréalière.
Une fois encore, la dernière campagne a été au-dessous de la moyenne, n’atteignant pas quatre millions de tonnes pour l’ensemble des quatre principales espèces: orge, blé dur, blé tendre et maïs.
Certains assurent même que ces chiffres ont été au-dessus de la réalité et qu’il est plus sage de définir cette production en la situant dans une fourchette pouvant aller pour l’orge de 18 à 20 millions de quintaux, pour le blé dur de 8 à 10 millions, pour le blé tendre de 1 à deux millions, enfin pour le maïs de 3 millions et demi à cinq millions de quintaux, soit au total de 31 millions à 37 millions de quintaux.
La nécessité globale de l’importation porte donc approximativement sur une quinzaine de millions de quintaux, des marchés ont été passés dans ce sens avec comme principaux fournisseurs la France et les États-Unis.
Ce programme d’importation prévoyait, d’une part, l’achat de blé tendre, dans la plus grande proportion et, d’autre part, l’achat d’orge pour deux millions de quintaux (…).
Il s’avère actuellement que le déficit devient de plus en plus lourd sur le blé tendre. Les agriculteurs, surtout dans les petites propriétés, réduisent de plus en plus les emblavures de cette espèce, préférant utiliser leurs terres pour le blé dur, l’orge ou le maïs.
Ils se rapprochent ainsi de leurs désirs pour l’autoconsommation et savent parfaitement qu’ils auront la possibilité d’acheter, souvent à des prix très abordables, les blés d’importation pour le complément de leurs besoins.
Les superficies utilisées varient assez peu. Elles sont pratiquement les mêmes depuis 1971 et peuvent se situer ainsi entre 1.400 et 1.500 hectares pour le blé dur, autour de 500 hectares pour le blé tendre, entre 1.900 et 2.000 hectares pour l’orge, enfin entre 450 et 500 hectares pour le maïs.
La production de la campagne s’inscrit donc au-dessous de celle de 1974 qui, selon les statistiques officielles, était globalement de 46,3 millions de quintaux, se répartissant en 23.800.000 quintaux d’orge, 13.800.000 quintaux de blé dur, 4.800.000 quintaux de blé tendre et 3.900.000 quintaux de maïs.
Peu de commercialisation
Pour cette campagne comme pour les campagnes précédentes, la commercialisation de ces céréales est assez faible comparativement à la production. Les récoltes locales dans chacune des espèces sont en grande partie consommées par les agriculteurs eux-mêmes. Il n’est commercialisé que le complément des besoins des producteurs.
En fait, les transactions sur les souks ou les différents marchés ne sont que de l’ordre de 7 à 8% de la production.
C’est surtout le blé tendre qui est vendu, car nos agriculteurs s’y intéressent assez peu. Pour cette espèce, la proportion de céréales commercialisées peut atteindre 15% de la production, mais pour les autres catégories, les quantités livrées sont pratiquement nulles.
Il en sera de même cette année encore en particulier pour le maïs dont la presque totalité de la production est absorbée par l’autoconsommation. La plus grande partie de ces données a pour source les céréales et elles sont parfois assez différentes des statistiques officielles.
Les écarts proviennent essentiellement de la production des petits agriculteurs pour lesquels le commerce fait des estimations, tandis que bien souvent ces petites récoltes destinées aux besoins des producteurs ne figurent sur aucune statistique administrative.
Pour l’heure, on se satisfait donc de ces résultats très moyens en attendant les pluies pour ensemencer pour la prochaine récolte. Le cycle continue.

