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Agadir-Taghazout : La vague estivale confirme la montée en gamme

La saison d’été 2025 consacre le rebond d’Agadir et Taghazout : +11,7% d’arrivées et +8,2% de nuitées en juin par rapport à la même période en 2024. Le marché anglais domine avec 25% des arrivées et 32% des nuitées, tandis que la clientèle nationale recule. Défis à venir : rallonger une durée moyenne de séjour en légère érosion, diversifier l’animation et transformer la baie en hub sud-atlantique durable.

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Terrasses bondées, parkings complets, disponibilités hôtelières rarissimes, l’été 2025 confirme le rebond touristique d’Agadir et de Taghazout. Portée par une capacité de 31.402 lits, dont deux tiers en 4 et 5 étoiles, la destination affichait déjà en juin ses meilleurs indicateurs depuis six ans et prend une longueur d’avance sur le calendrier national de relance.

Elle a enregistré +11,7% d’arrivées et +8,2% de nuitées par rapport à 2024, mais surtout +26,3% et +19,1% comparés à 2019, dernière année de référence avant le choc sanitaire. Le taux d’occupation bondit à 62,5%, contre 60,6% un an plus tôt alors qu’il était à peine à 54,9% en 2019.

Ces gains s’expliquent par la reconstitution totale du portefeuille aérien pré-Covid (112 fréquences hebdomadaires cet été) et par la montée en puissance du parc locatif qui absorbe la demande de dernière minute.

Le vrai révélateur se lit sur six mois. Entre janvier et juin, les établissements classés engrangent +10% d’arrivées et +9,6% de nuitées par rapport à 2024, et surtout +32,5% et +22,6% comparés à 2019. Sur la même période, le taux d’occupation moyen passe de 58,3 à 61,9%, un saut de 3,6 points. L’effet prix joue à plein : les ADR (tarifs journaliers moyens) s’étirent de 6 à 8% selon la catégorie, sans freiner la demande.

Derrière la courbe globale se cache une recomposition des marchés. L’anglo-saxon, tiré par les low-cost de Gatwick, Manchester et Dublin, pèse déjà un quart des arrivées et 32% des nuitées. Il progresse de 42,4% en visiteurs et de 37% en lits occupés sur un an.

Le marché national, lui, recule de 7,9% en arrivées et de 4,9% en nuitées : un signal d’alerte au moment où l’inflation grignote le pouvoir d’achat domestique et où la concurrence de la location saisonnière explose sur les côtes atlantiques. Les Allemands dévissent de 19,4% en nuitées, pénalisés par la faiblesse de la desserte régulière, tandis que les Français se stabilisent (+2%), confortés par les liaisons Transavia et EasyJet.

Résultat : la part du national tombe à 24,5% des arrivées et 14,2% des nuitées, quand l’anglais culmine à 32,2% des lits vendus. Jamais la station n’avait autant dépendu d’un seul marché émetteur.

Autre paradoxe : si l’affluence grimpe, la durée moyenne de séjour s’effrite, passant de 4,19 à 4,18 nuits. La situation étant due notamment au développement de la desserte aérienne. La destination capte davantage de courts breaks (surf, golf, city trips) mais peine à retenir le vacancier au-delà de la semaine. Pour les hôteliers, l’enjeu est double : diversifier les excursions intérieures et muscler l’animation nocturne.

Reste la question du produit. Avec 65,6% de la capacité sous label haut de gamme, Agadir revendique une montée en gamme assumée : rénovations d’une partie du parc hôtelier, notamment sur le front de mer d’Agadir, montée en puissance des resorts de Taghazout Bay et percée des boutiques-hôtels dans les plages du nord d’Agadir.

L’enjeu est désormais d’aligner l’arrière-banque : formation continue, maîtrise du plurilinguisme et transition énergétique. Sur ce dernier point, la station se veut vitrine : lancements d’hôtels «gastronomie verte», déploiement de 250 bornes de recharge avant fin 2026 et expérimentation d’un label «Plage bas carbone» associant hôteliers, loueurs de planches et parasols.

En consolidant ses performances d’avant-crise et en tirant vers le haut les indicateurs d’occupation, Agadir et Taghazout confirment leur rôle de plaque tournante sud-atlantique: premier bassin d’emplois touristiques du Royaume hors Marrakech, locomotive hôtelière pour tout le Souss et charnière logistique du corridor vers l’Afrique de l’Ouest.

Reste à transformer l’essai : capter plus de sièges aériens réguliers, rallonger la durée de séjour et reconquérir un marché national toujours stratégique. Pour l’été 2025, la vague est haute. Aux acteurs locaux de surfer jusqu’à l’arrière-saison.