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BTP : Stress sur la main-d’œuvre qualifiée

Les grands chantiers d’infrastructures exercent une forte tension sur la main-d’œuvre qualifiée qui se fait de plus en plus rare et chère. Une situation qui appelle à une adaptation de l’offre de formation.

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Le lancement simultané de plusieurs chantiers de construction d’envergure un peu partout dans le Royaume pose avec acuité la question de la disponibilité de la main-d’œuvre. Le sujet est aujourd’hui au cœur des préoccupations des entreprises du secteur, notamment les PME, qui évoquent une véritable «pénurie».

De l’avis d’un professionnel, recruter un coffreur-boiseur, un ferrailleur, un mécanicien ou un grutier «devient très difficile», tant ces profils se font de plus en plus rares. Certes, le basculement des employés agricoles vers le BTP, causé par la succession d’épisodes de sécheresse, contribue à augmenter la disponibilité des ressources humaines pour les activités de construction. Mais il s’agit là d’emplois non qualifiés. Or, c’est pour les ouvriers qualifiés que le besoin se fait le plus pressant.

Il faut dire que les nombreux grands chantiers d’infrastructures en cours, notamment la construction de stades et de barrages, mobilisent un nombre considérable d’employés, créant un effet d’éviction sur le marché. Un chantier comme celui de la construction du Stade Moulay Abdellah de Rabat mobilise à lui seul pas moins de 3.400 ouvriers quotidiennement ! Une prouesse digne du livre Guinness des records, selon Youssef Belqasmi, patron de la Sonarges.

Que dire aussi du chantier du port de Dakhla Atlantique, où 1.200 personnes sont à l’œuvre quotidiennement.
Il y a certes l’arrivée de personnes en nombre important sur le marché de la construction. Dans un tel contexte de hausse sans précédent de la demande en main-d’œuvre, la rémunération journalière des ouvriers les plus recherchés s’oriente franchement à la hausse.

«Aujourd’hui, je paye un maçon, quand j’en trouve, jusqu’à 250 dirhams par jour, contre 100 dirhams il y a plus d’un an», affirme ce professionnel qui compte plusieurs chantiers résidentiels à Casablanca.

Et ce sont en premier lieu les petites entreprises de construction qui pâtissent du problème. Les grandes entreprises, en revanche, grâce à leurs moyens et à leur notoriété, parviennent à capter un noyau dur d’ouvriers qui restent mobilisables en permanence, et à attirer les meilleures compétences (ingénieurs, techniciens, ouvriers, etc.) pour livrer les chantiers dans les délais impartis et avec la qualité requise.

Former plus et mieux
En réalité, la problématique du manque de main-d’œuvre qualifiée dans le secteur du BTP ne date pas d’hier. Les associations professionnelles, comme la FNBTP, alertent depuis longtemps sur le déséquilibre entre l’offre de formation et les besoins réels des entreprises.

Aujourd’hui, plus que jamais, elles appellent à la mise en place rapide d’un cadre de formation qualifiante plus adapté aux nouvelles exigences techniques des métiers de la construction. Cela passe par la création de partenariats entre les écoles de formation professionnelle, les universités et les entreprises du BTP, pour développer des programmes adaptés aux besoins du secteur.

Sur ce volet aussi, les leaders nationaux du secteur ont pris de l’avance en mettant en place leur propre plan de formation du personnel. Jet Contractors a lancé dès 2019 son centre de formation, tandis que TGCC a créé en 2022 la TGCC Academy qui dispense notamment des formations spécialisées dans les métiers de la maçonnerie et du coffrage.