Carrière
Mohamed Tazi : «De nouveaux modes d’apprentissage supplantant les formations classiques»
Les méthodes traditionnelles, en présentiel, montrent des signes de ralentissement, cédant la place à des approches plus modernes, se basant sur le «learning by doing». Les serious games, le phygital learning ou encore le learning expedition sont désormais au cœur des stratégies d’apprentissage.
Dans un contexte de mutations économiques accélérées et d’évolution constante des compétences, la formation continue joue un rôle clé dans l’adaptation des professionnels aux nouveaux défis du marché du travail.
Les entreprises, qu’elles soient grandes ou petites, doivent revoir leur approche en matière de développement des compétences de leurs employés pour rester compétitives.
Dans cette interview, le DG du cabinet LMS Formation explique les dynamiques actuelles de la formation continue au Maroc, les préférences des cadres en matière de formation et l’essor des nouvelles tendances digitales dans ce domaine.
Comment se porte la formation continue au Maroc ?
La formation continue connaît une dynamique positive, principalement tirée par les évolutions rapides du marché du travail et l’impératif de requalification des salariés. Avec l’avènement des nouvelles technologies et l’automatisation croissante, les professionnels sont incités à se former régulièrement tout au long de leur carrière.
Les entreprises, notamment les grandes multinationales, en sont conscientes et investissent fortement dans ce domaine pour maintenir leurs équipes à jour. Cependant, les PME restent moins impliquées, un constat qui révèle un fossé en termes de compétitivité.
Fait notable, le secteur public semble se désengager de plus en plus de la formation continue, avec une diminution marquée des appels d’offres dans ce domaine ces dernières années.
Quelles sont les préférences des cadres entre formations courtes et longues ?
Les cadres tendent à privilégier les formations courtes, qui se concentrent généralement sur des compétences spécifiques. Ces formats permettent une mise à jour rapide des savoir-faire sans perturber l’emploi du temps chargé des professionnels.
Ateliers, séminaires et certifications sont les outils les plus prisés pour répondre aux besoins immédiats des cadres et de leurs entreprises. En interne, ces formations garantissent des collaborateurs agiles, capables d’évoluer rapidement, tandis qu’en externe, elles renforcent la crédibilité des cadres auprès des organismes de certification.
Cependant, certains cadres choisissent des formations longues, telles que des Executive MBA ou des masters spécialisés, lorsqu’ils souhaitent donner une nouvelle orientation à leur carrière ou acquérir une expertise approfondie.
Les formations digitales prennent-elles de l’ampleur ?
Absolument, les formations digitales gagnent du terrain, un phénomène largement accéléré par la crise sanitaire liée au Covid-19. Les formats en ligne, comme l’e-learning et les formations hybrides, offrent flexibilité et accessibilité à un large éventail de contenus.
Ces outils permettent aux professionnels de se former à leur rythme, où qu’ils se trouvent, tout en bénéficiant de la diversité des thématiques proposées. Avec l’émergence de technologies, telles que la réalité virtuelle et augmentée, les formations digitales deviennent plus immersives et interactives.
Les méthodes traditionnelles, en présentiel, montrent des signes de ralentissement, cédant la place à des approches plus modernes, se basant sur le «learning by doing». Le phygital learning, qui combine les avantages du présentiel et du digital, s’impose ainsi comme une solution innovante, offrant une expérience d’apprentissage plus riche et personnalisée.
D’autres tendances émergent également, telles que le «learning expedition» qui propose des voyages d’études immersifs, permettant aux cadres de découvrir des pratiques innovantes à l’étranger.
Enfin, les serious games, notamment le war gaming, continuent à révolutionner le monde de la formation, en proposant des expériences sur mesure.
Pour ainsi dire, de nouveaux modes d’apprentissage sont en train de supplanter les formations classiques.
