Affaires
En Couv’. Casablanca fait sa mue !
La ville blanche subit une transformation à un rythme accéléré. Des projets sont achevés et d’autres sont en chantier. Tour d’horizon.
Casablanca ne pouvait espérer un meilleur alignement des astres. Une majorité cohérente au niveau du Conseil de la ville, une majorité qui l’est autant du côté du Conseil de la région, les deux étant aussi le prolongement d’une majorité parlementaire soudée derrière le gouvernement qui en est l’émanation. Et pour boucler la boucle, un wali qui a marqué toutes les régions où il a eu à dénouer bien des dossiers et, à mener à bon port bien des chantiers. Avec ce credo qui est sa marque de fabrique : Mohamed Mhidia est un homme de terrain et aime partager sa passion avec les responsables de l’Administration territoriale, mais aussi avec les élus. En fonction depuis pratiquement une année, le wali a bel et bien insufflé une belle dynamique à une ville qu’on présentait avant comme un monstre «ingérable». Accompagné de ses équipes, il enchaîne les visites sur les chantiers, tout comme il multiplie les réunions avec les élus mais aussi avec les représentants du secteur privé. Le suivi des dossiers, dans les fins détails, est sa tasse de café. Et cela donne des fruits.
Nombreux sont en fait les projets qui «traînaient» et qui ont été aujourd’hui conduits à bon port et d’autres suivent avec une cadence de réalisation accélérée. Les groupes des élus issus des élections de 2021 ne peuvent qu’en être heureux. Eux qui avaient hérité d’un certain nombre de «cadavres», légués par les anciens détenteurs des manettes. En effet, on n’est plus dans les effets d’annonce, mais dans des inaugurations. Certaines se font, comme pour les parcs, avec un effort de communication, alors que d’autres entrent en service sans grand tapage. Pas besoin d’en faire du marketing à partir du moment où les populations en ressentent les effets. Dans cette dynamique, les SDL sont aussi sous pression, et on parle même de certaines qui pourraient, chemin faisant, disparaître. Ceci dit, la ville est en train de changer à grande vitesse, comme disent des visiteurs de la métropole qui, à défaut de reconnaître les changements, s’y perdent. Particulièrement dans des quartiers qui en reconfigurent l’image. Or, il suffit pour s’en rendre compte de faire un saut du côté de Casa Finance City qu’on compare à Dubaï. Outre les buildings, avec un air de post-modernisme respectueux de l’environnement, c’est tout le périmètre autour qui émerveille.
Mais ce n’est pas pour autant qu’on laisse en jachère le cachet historique de la capitale économique du Royaume. Le centre-ville en donne la démonstration. Les projets annoncés aux alentours de la rue piétonne Prince Moulay Abdellah sont là pour le dire. Il ne s’agissait pas uniquement de ravaler les façades, mais tout un travail minutieux de restauration est visible à l’œil nu. Non loin de là, l’avenue des FAR arbore un nouveau visage, et le boulevard MohammedV devrait suivre. D’abord à la faveur de la réhabilitation de l’Hôtel Lincoln, dont on revoit d’ores et déjà l’historique façade, mais aussi de l’emblématique Marché Central. Ce dernier ne sera d’ailleurs pas le seul sur la liste, puisque du côté de la mairie, on parle d’autres marchés municipaux.
Mieux encore, la Corniche, vue du côté de la Mosquée Hassan II, sera reliée au centre-ville à travers l’Avenue Royale. Le dossier a été dépoussiéré et les démolitions des habitations menaçant ruine ont, elles aussi, eu droit à leur coup d’accélérateur.
Peut-être que ce n’est pas demain la veille que le problème du stationnement ne sera qu’un mauvais souvenir, mais on pourra parier qu’il est pris à bras-le-corps. La preuve par ces chantiers, en cours de réalisation, dans plusieurs zones névralgiques. Notamment du côté du boulevard Anfa, dans la zone jouxtant le Parc de la Ligue arabe, au Maârif ou encore dans les parages de la gare ferroviaire Casa Port. Avec pas moins de 2.000 places à la clé.
Effet accélérateur
Les circuits touristiques ne seront pas en reste. La Médina, qui séduit autant les habitants de Casablanca que ses visiteurs, qu’ils soient nationaux ou étrangers, devra connaître un nouveau coup de relifting. Elle n’en sera que plus belle pour s’arrimer au réaménagement de ses zones avoisinantes.
Et on circulera mieux dans le centre-ville et la mobilité sera meilleure. Plusieurs avenues et boulevards sont en chantier et l’évolution que connaissent les moyens de transport public y participe. Tout comme la libération en cours de la zone commerçante de Derb Omar, à laquelle il faudrait prévoir l’interdiction de la circulation des poids lourds.
À cela, il ne faut pas omettre les efforts consentis pour verdir la ville. Rien que sur les derniers mois, ce sont des dizaines d’hectares qui sont venus offrir aux populations des différents arrondissements de la métropole des espaces verts modulés en parcs. Attention, avec un plus. En fait, ils ne sont nullement «aquavores», puisque l’arrosage se fait dorénavant avec des eaux usées recyclées. Voilà qui fera bien taire les mauvaises langues. Mais il y aura toujours des gens malveillants, du fait qu’ils n’avaient rien fait, ils vous sortent l’argument sans fondement que tout ce qui est entrepris l’est parce qu’on recevra en 2030 la Coupe du monde et plusieurs manifestations sportives en cours de route, en passant par la Coupe d’Afrique des nations en 2025. C’est faire preuve de mauvaise foi. Casablanca et sa région ont des plans de développement où l’écrasante majorité des projets en cours figuraient bien avant la «bonne annonce». Celle-ci faisant office d’accélérateur.
Mobilité urbaine : les lignes 3 et 4 en marche !
Le 12 décembre 2012, les Casablancais avaient découvert, avec un soulagement certain, un nouveau mode de déplacement: le tramway. Mais on ne voulait pas s’arrêter en si bon milieu de chemin. Ainsi, début 2021 a vu le lancement des travaux de deux nouvelles lignes. La densification du maillage de la ville est sur les rails. À la base, les travaux des 22 kilomètres des voies ferrées devaient durer moins d’une année pour l’entrée en service. Les travaux sont allés bon train, avec les tracasseries que cela engendre, mais on «ne peut pas faire des omelettes sans casser des œufs», dirait l’adage. Les Casablancais prenaient leur mal en patience en attendant l’issue. C’est chose faite depuis le 23 septembre. Au début, on annonçait la mise en service au cours du premier trimestre 2024. Des problèmes techniques ont voulu que les nouvelles rames reçoivent les usagers au plus tard avant fin septembre. Dans la foulée, on assistera à la mise en service des busways, 24 kilomètres de linéaires dont le lancement des travaux a été donné fin 2020. Le succès est vite ressenti. Rien que sur les 50 premiers jours de la mise en service, début mars, on a «célébré» le premier million des usagers. Un réseau, en deux lignes, qui s’est greffé à un effort non négligeable pour la mise à niveau des bus. Mai dernier, on faisait état d’un parc de 700 véhicules transportant 400.000 voyageurs, alors que le réseau tramway en transporte 200.000. En additionnant l’un à l’autre, on est dans les 600.000. Un chiffre qui devra atteindre les 800.000, voire un million, de passagers avec la mise en service des deux nouvelles lignes. Aux premiers jours, il n’y avait pas foule dans les stations, mais cela ne serait tarder. Les habitants des quartiers desservis découvrent, avec soulagement, ce mode de transport. Ce qui leur évitera bien des désagréments avec les grands taxis.

