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Risma: Un nouveau cycle de croissance se dessine

Déficitaire durant la pandémie, l’opérateur hôtelier s’est bien redressé depuis. Il se positionne idéalement pour tirer profit des bonnes perspectives du secteur touristique, suite au recentrage stratégique de ses activités.

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Dans une conjoncture caractérisée par la forte dynamique de l’activité touristique, le groupe Risma, principal opérateur touristique du Royaume et unique représentant de ce secteur à la Bourse de Casablanca, semble bien positionné pour enclencher un nouveau cycle de croissance. Sévèrement impacté par la crise sanitaire qui a mis à genoux des pans entiers de l’économie nationale, le groupe revient. Ses comptes étaient encore, il n’y a pas si longtemps, dans le rouge. À l’issue de l’exercice 2021, Risma enregistrait en effet une perte de 172 millions de dirhams. La situation financière s’est depuis bien redressée, dans le sillage de la reprise post-Covid. Et cela s’est traduit, dès 2023, année record en termes d’arrivées touristiques dans la Royaume avec 14,5 millions de visiteurs, par une embellie des principaux indicateurs d’activité du groupe hôtelier : un chiffre d’affaires en hausse de 13%, atteignant 1,17 milliard de dirhams, un EBE en progression de 18%, ainsi que des bénéfices résolument dans le vert, le résultat net part du groupe de la société ayant culminé à 244 millions de dirhams, en hausse de 60% par rapport à 2022.
Preuve que les années de vaches maigres sont bel et bien derrière, Risma va même gratifier ses actionnaires d’un dividende cette année, une première depuis 2018 ! L’opérateur hôtelier propose un dividende de 6 dirhams par action qui sera mis en paiement au plus tard le 30 septembre 2024.

Il s’engage même à rémunérer de manière plus régulière ses actionnaires, sans compromettre sa politique d’investissement. Celle-ci s’est d’ailleurs accélérée, les dépenses d’investissement ayant presque doublé en un an, pour atteindre 170 millions de dirhams, et ont notamment servi à la rénovation des hôtels du groupe.

Une conjoncture favorable
Risma a profité pleinement de la reprise du secteur touristique. Et comme à son habitude, l’opérateur hôtelier a surperformé son secteur, en termes de taux d’occupation. Il s’est établi à 57% pour les 23 hôtels propriété de Risma contre un taux au niveau national de 48% ! On notera tout de même que ce taux, quoiqu’en progression de 6 points en un an, reste inférieur à celui de 2019, année de référence d’avant crise sanitaire, où il avait atteint 68%. Le constat est le même pour le chiffre d’affaires qui n’a pas encore renoué avec ses niveaux prépandémiques (1,42 milliard de dirhams).

C’est dire que l’entreprise en a encore sous le pied, d’autant que les perspectives du secteur sont des plus florissantes, comme le suggèrent les très bons chiffres des premiers mois de l’année 2024. Entre janvier et avril, le Maroc a enregistré 4,6 millions d’arrivées aux postes-frontière, soit une croissance de 14% par rapport à l’année précédente. Un nouveau record de visiteurs est attendu d’ici la fin de l’année, avec 15,5 millions de touristes à fin 2024. Et d’ici 2026, la feuille de route du gouvernement pour le tourisme table sur pas moins de 17,5 millions d’arrivées.

De quoi alimenter la croissance de Risma, d’autant que la société créée en 1993 en partenariat avec le groupe Accor est bien outillée pour surfer sur cette vague, grâce à son portefeuille diversifié. Risma dispose en effet d’un réseau de 23 unités hôtelières bien réparties dans 11 villes du Royaume, couvrant les segments du luxe, du haut de gamme, du milieu de gamme et de l’hôtellerie économique, à travers cinq marques internationalement reconnues, à savoir Sofitel, M’Gallery, Mercure, Novotel et Ibis. Risma est au passage régulièrement citée par les analystes parmi les valeurs susceptibles de profiter le plus de l’essor du tourisme et des perspectives alléchantes offertes par l’organisation par le Maroc d’échéances sportives continentales et mondiales à l’horizon 2030. En Bourse, l’action Risma connait d’ailleurs une trajectoire haussière depuis plusieurs mois. Entre le 1er janvier 2023 et le 20 mai 2024, la valeur a gagné 113%, tandis qu’en year-to-date, la hausse est de 17% à plus de 240 dirhams.

Recentrage stratégique
Risma a en outre les coudées plus franches pour dynamiser son développement, suite aux changements capitalistiques significatifs que le groupe a connus en 2023 et qui ont des implications stratégiques. Le 2 août dernier, Accor cédait sa participation (33%) dans Risma à la société d’investissement Mutris, créée par Adil Douiri et constituée d’investisseurs privés et institutionnels, au prix de 130 dirhams par action. Le lendemain, Risma cédait au groupe Accor des parts dans Accor Gestion Maroc (AGM) pour la somme de 174 millions de dirhams. Si le contrat liant AGM est maintenu pour le pilotage du portefeuille d’hôtels actuels, le groupe hôtelier marocain a en plus l’opportunité aujourd’hui de faire appel au gestionnaire et à la marque de son choix pour tous ses nouveaux actifs.

Cette opération entérine la stratégie de Risma de rendre étanches les fonctions de propriétaire et de gestionnaire hôtelier. Désormais, l’opérateur marocain se concentre sur son cœur de métier et mise sur le développement de son portefeuille d’actifs hôteliers. «Ces mouvements capitalistiques majeurs ouvrent la voie à de vastes possibilités pour diversifier notre portefeuille et accueillir de nouvelles marques, tout en maintenant notre collaboration historique avec Accor Gestion Maroc pour le pilotage de nos unités existantes», avait résumé Amine Echcherki, président du directoire de Risma.

Le groupe a déjà annoncé que d’ici 2030, il comptait acquérir ou construire cinq nouveaux hôtels, portant son portefeuille à 28 établissements. Il pourra s’appuyer pour cela sur une partie du cash encaissé suite à la cession de AGM au groupe Accor et qui a boosté sa capacité financière.