Banques
Mouna Lebnioury : «70% de notre production porte sur le segment des entreprises»
Bank Al Yousr a dès son démarrage priorisé davantage la clientèle des entreprises que des particuliers. Son produit phare est «Salam» qui finance le fonds de roulement. Éclairages avec la DG de la banque.
Depuis le lancement de Bank Al Yousr, la stratégie est axée plus sur le financement des entreprises que des particuliers. Pourquoi ce choix ?
L’entreprise pour Bank Al Yousr est un choix certes, mais il n’est pas exclusif. Nous sommes une banque jeune qui se bâtit progressivement et méthodiquement. Dans cette phase de construction, nous nous adressons à tous les segments des clients avec une priorisation du marché de l’entreprise en termes d’offre. Une manière pour nous d’accompagner la dynamique de l’entreprise marocaine et d’ouvrir des horizons à des dirigeants d’entreprise dont les convictions religieuses propres limitaient le champ du possible. Sur le volet de la communication, nous avons également priorisé le segment de l’entreprise pour contrecarrer des idées reçues sur la finance participative. Nous ne voulions pas être perçus comme une société spécialisée dans le financement du logement, qui s’adresse principalement aux clients particuliers. L’offre suffisamment large de Bank Al Yousr en fait une banque complète répondant à tous les besoins quotidiens de ses clients qui ne se limitent pas au financement. Maintenant, il est vrai que de par notre expertise, nos réalisations tant en volume qu’en part de marché et de par aussi l’offre spécifique complémentaire, réservée à l’entreprise, comme par exemple l’accompagnement pré-investissement, la gestion des difficultés, la consultation Charia, etc., nous sommes reconnus aujourd’hui comme la banque participative de référence de l’entreprise.
Vous commercialisez le produit Salam qui finance essentiellement le fonds de roulement. Comment jugez-vous la demande sur ce produit ?
Salam est en fait plébiscité par l’entreprise, mais c’est un produit qui présente des risques s’il n’est pas calibré et ajusté tant aux besoins des entreprises qu’aux possibilités d’écoulement de la marchandise dont nous faisons l’acquisition. Il convient davantage aux entreprises structurées dont le cycle de production est relativement court. Par ailleurs, nous veillons à nous assurer très tôt des débouchés pour être sûrs d’écouler la marchandise le plus vite possible.
Quel est l’encours du financement entreprises chez Bank Al Yousr ?
En termes de stock, 50% de nos encours sont accaparés par les entreprises et 70% de notre production a concerné ce même segment. C’est la preuve que nous développons un vrai savoir-faire et que le marché nous le reconnaît.
À quel point l’absence de Takaful entreprises décourage les entreprises ?
À date, ce que nous prévoyons des fois dans le cadre du financement des entreprises, c’est le Takaful vie pour la personne clé. Pour le reste, nous attendons la complétude de l’offre. La balle est dans le camp des compagnies, puisque la totalité des contrats ont été validés au départ par le Conseil supérieur des oulémas.
De manière globale, les entreprises sont-elles demandeuses de produits bancaires participatifs ?
Oui, l’entreprise marocaine a une réelle appétence pour la finance participative. Notre produit phare auquel recourent nos entreprises clientes en majeure partie est la ligne globale de financement qui est une formule d’accompagnement participative sur mesure et complète. Elle permet de couvrir tous les besoins de l’entreprise, aussi bien ponctuels à travers Bai Salam que ceux d’un ou de plusieurs programmes d’investissement à travers le reste des contrats validés par le CSO, à savoir les contrats Mourabaha (Mourabaha immobilière, Mourabaha équipement, Mourabaha véhicules) et les contrats de garanties bancaires. Il faut savoir que nos clients apprécient ce mode de financement, d’abord parce qu’il est sur mesure, dans le sens où l’entreprise utilise avec agilité sa ligne, au fur et à mesure de l’avancement de ses projets. Ensuite, parce qu’il offre la possibilité de renouveler la ligne de financement d’exploitation au rythme du remboursement des financements précédents. La marge bénéficiaire de la banque, elle, n’est perçue que sur la partie consommée. Maintenant, nos clients ont une attente forte sur l’international et nous y travaillons dans le cadre d’une construction commune sous l’égide de Bank Al-Maghrib. Les contrats sont aujourd’hui dans le circuit de validation.
