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Économie du sport : Les quatre recommandations du CESE
Selon le Conseil économique, social et environnemental (CESE), le Maroc dispose d’un important potentiel en matière de sport qui n’attend qu’à être valorisé.
Dans un avis intitulé «L’économie du sport: un gisement de croissance et d’emplois à mettre en valeur», publié en 2022, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a mis en lumière le potentiel inexploité du secteur sportif, qui pourrait jouer un rôle clé dans le développement socioéconomique du pays, notamment auprès de sa population jeune.
Le rapport du CESE s’est attaché à analyser les différentes composantes de la chaîne de valeur du sport et à formuler des recommandations visant à structurer et professionnaliser ce secteur pour en faire une véritable industrie, en accord avec les orientations du Nouveau modèle de développement économique du pays.
Malgré le potentiel démographique que représente la jeunesse marocaine, le secteur sportif fait face à plusieurs défis majeurs. Les données du Haut-commissariat au Plan (HCP) révèlent que les Marocains consacrent peu de leur temps libre à la pratique du sport, et le nombre de licenciés au Maroc demeure faible, ne représentant que moins de 1% de la population.
Secteur social subventionné
Le sport au Maroc est principalement perçu comme un secteur social, souvent géré par des associations dont les ressources proviennent essentiellement de subventions publiques ou privées. La loi 30.09 relative à l’éducation physique et aux sports, qui visait à favoriser la transformation des opérateurs du secteur en entités privées, n’a pas pleinement atteint cet objectif, notamment en raison d’un statut type qui ne répond pas efficacement aux besoins des différents acteurs. De plus, l’absence d’un statut du sportif professionnel et de haut niveau rend peu attrayante la carrière sportive, malgré le potentiel de certains athlètes marocains. Les reconversions des sportifs professionnels sont souvent difficiles, car elles ne sont pas suffisamment planifiées. Face à ce constat, le CESE a proposé une série de transformations économiques et sociales pour faire du sport une véritable industrie. Ces transformations incluent d’abord une réforme législative et réglementaire. Une refonte de la loi 30.09 et du statut type s’avère nécessaire pour les adapter aux réalités des différents acteurs du secteur, du club de quartier aux structures professionnelles de football. Il s’agit aussi de mettre en place une stratégie de formation et d’accompagnement pour les métiers du sport, de détection des talents dès le jeune âge, de création d’un statut du sportif professionnel offrant une couverture sociale adaptée, de promotion de la participation féminine dans le sport, etc.
Sur le volet gouvernance et financement, il est recommandé de procéder à une révision des modalités de répartition des subventions publiques et à une libéralisation du marché des droits TV tout en garantissant une répartition équitable. Mais aussi une révision de la stratégie de la billetterie pour attirer de nouveaux spectateurs ainsi que l’obligation d’évaluer les impacts économiques préalablement à l’organisation d’événements sportifs. Enfin, en matière de gestion des infrastructures, le CESE préconise de conditionner les contributions financières publiques à la réalisation d’études préalables détaillées pour chaque infrastructure sportive, ainsi que de mettre en place des modèles de gestion unifiés pour les terrains de proximité.
L’opérationnalisation de ces recommandations devrait augmenter significativement la contribution du secteur sportif au PIB, qui était d’environ 0,5% en 2020 selon les données du CESE. Elle permettra également de faire évoluer le secteur d’une activité associative de loisirs vers une véritable industrie génératrice de richesse et d’emplois durables.
