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En Couv’. De la localité à la mondialité : 20 start-up qui s’internationalisent (1/4)
Des startuppers qui s’illustrent à l’échelle continentale et bien au-delà. Qui sont ces fondateurs qui partent à la conquête du monde ? Dans quels domaines opèrent-ils ? Et quels marchés visent-ils ? En voici quelques-uns : Chari.com, Link up value, Cloud Fret, DabaDoc et Cuimer.
Le duo qui charrie les investisseurs
Les deux associés sont deux serials entrepreneurs avérés. Ismael Belkhayat est fondateur de Wib.co et Sarouty.ma, les premiers incubateurs web et portail immobilier au Maroc, ainsi que
VotreChauffeur.ma, le leader marocain des véhicules avec chauffeur, et, enfin, Chari.ma, un portail d’e-commerce B2B. Pour sa part, Sophia Alj est co-fondatrice de MonDentiste.ma et co-directrice de Wib.co.
En 2020, ils se lancent dans chari.ma, une application qui permet aux petits détaillants de passer commande auprès des fournisseurs FMCG et de contracter des crédits. La start-up a notamment levé un tour de table de 5 millions de dollars pour une valorisation de 70 millions de dollars.
Elle traite actuellement pas moins de 2,5 millions de dollars par mois de commandes et compte plus de 15.000 marchands. Forte de sa dernière levée de fonds auprès de prestigieux investisseurs, tels que Plug and Play, Venture Capitalist, Orange Digital Ventures et Y Combinator, un accélérateur de start-up basé à San Francisco aux USA, chari.com vise désormais un déploiement dans les pays d’Afrique francophone. Elle a d’ailleurs étendu son activité en Côte d’Ivoire où les habitudes d’achat des épiceries de proximité sont similaires à celles du Maroc. Et depuis près d’un an, la start-up a lancé une nouvelle chaîne de magasins B2B de produits de grande consommation pour répondre aux besoins des épiceries de proximité.
Classe, le CV !
Karim Banaoui a longtemps roulé sa bosse dans la grande distribution, l’IT ou encore la finance avant de se tourner vers l’entrepreneuriat. Il lance tout d’abord une première start-up, HR Value, destinée aux PME. Prenant goût à la digitalisation, il fonde Link up Value en 2019 qui commercialise CV-Parser, un ATS (Applicant Tracking System) de gestion des candidatures, qui permet de gérer qualitativement et quantitativement les CV reçus, quel que soit le canal de recrutement, et de créer une base de données candidats consultable à tout moment.
«Le problème auquel CV-Parser répond est un problème que j’ai vécu personnellement. Durant mon expérience en tant que recruteur, les activités chronophages (impression et analyse des CV, sourcing, compte-rendu, ndlr) représentaient 70% du processus du recrutement. Nous nous sommes lancé le défi de concevoir une solution qui prend en considération toutes les contraintes du recruteur», souligne-t-il. La solution est innovante car elle utilise des technologies de pointe qui permettent de scanner, d’analyser et de classer les CV, via l’outil OCR (reconnaissance optique de caractères). Depuis quelques mois, la start-up a ouvert un bureau à Marseille pour déployer sa solution, notamment en partenariat avec l’incubateur Marseille Innovation. L’Afrique n’est pas en reste, puisque Link Up Value compte pas moins de quatre partenaires au Sénégal, au Cameroun, en Côte d’Ivoire et en République du Congo.
Au volant des poids lourds…
Diplômé de l’École Mohammadia d’Ingénieurs en 2013, Driss Jabar s’envole pour la France où il travaille pendant 8 ans en tant que salarié pour le compte de plusieurs sociétés européennes. En 2021, il crée CloudFret, une plateforme digitale d’optimisation du transport de marchandises entre l’Afrique et l’Europe. Tout part d’un constat aberrant : un camion sur trois repart vide de l’Europe vers l’Afrique. CloudFret apporte des avantages significatifs pour tous les acteurs de l’industrie logistique: elle permet de réduire les coûts de transport pour les entreprises, réduit la consommation de carburant, améliore l’efficacité énergétique et augmente la capacité de transport tout en réduisant les prix des marchandises.
La société a connu une croissance rapide en multipliant son chiffre d’affaires par 5 entre 2021 et 2022. Celui-ci est actuellement de 1 million d’euros de revenus par trimestre.
Mieux encore, la start-up est devenue profitable en moins de 2 ans. Une récente levée de fonds d’un million d’euros devrait lui permettre une expansion géographique, notamment dans la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) qui représente un marché important, aussi bien en termes de business que de création d’emplois.
Un toubib maintenant !
Diplômée en finance en 2008 de HEC Montréal, cette ancienne analyste de Goldman Sachs cofonde d’abord la start-up Ruby’s en 2012 à Londres avant de rentrer au Maroc en 2014. C’est là qu’elle lance DabaDoc, une entreprise qui facilite l’accès aux soins de santé grâce à sa plateforme numérique de gestion et d’optimisation en ligne des rendez-vous médicaux. La start-up a plusieurs fois été primée sur le plan national et international : lauréate du premier prix de la GIST (Global Innovation for Science and Technology) Competition en 2014, troisième prix du concours de la SeedStars World la même année, distinction «Endeavor Entrepreneur» en 2019… En 2015, elle est sélectionnée parmi les 10 meilleures start-up de la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord). Aujourd’hui, près de 8 millions de personnes l’utilisent dans plusieurs pays d’Afrique pour caler leur rendez-vous avec plus de 10.000 professionnels de santé dans plus de 100 spécialités. Déjà présente en Tunisie et en Algérie, DabaDoc lorgne l’Afrique du Sud et le Nigéria.
Cuir qui ne finit pas en queue de poisson
P assionnée par les cuirs exotiques, cette licenciée en économie et gestion, également titulaire d’un master en entrepreneuriat, suit une formation à Paris en haute maroquinerie pour maîtriser l’utilisation du cuir de poisson. En 2017, elle crée Cuimer, avec pour vocation de transformer les peaux de poisson destinées à être jetées en cuir exotique, très résistant, hypoallergénique et écologique.
«Grâce à notre savoir-faire et notre technologie, nous proposons des produits de haute maroquinerie pour les particuliers et les entreprises», s’enorgueillit la fondatrice. La start-up a été récompensée par le Forum de La Mer pour sa dimension innovante et écologique. Hormis le Maroc, la start-up cible le marché européen, notamment la France, l’Italie et l’Espagne. Ses produits intéressent également les industriels de la mode, les designers et autres stylistes. «Nous les accompagnons dans leur création en faisant du sur-mesure. Toutes les commandes sont personnalisées en fonction des besoins de la clientèle», détaille la fondatrice. Grâce à une levée de fonds auprès d’investisseurs, Cuimer ambitionne de devenir la tannerie écologique et innovante en exploitant de nouvelles matières écologiques.





