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L’Africa Technical Center : L’usine de matière grise de Stellantis Morocco
Basé à Casablanca, le centre s’est imposé comme une des pièces maîtresses du dispositif R&D mondial du constructeur.
Il emploie près de 900 ingénieurs marocains en interne et sert les usines du groupe au Maroc, au Moyen-Orient, mais aussi en Europe.
Lié au Maroc par un partenariat stratégique signé en 2015, Stellantis s’est imposé, en une dizaine d’années seulement, comme une véritable locomotive de la florissante industrie automobile nationale.
Le point d’orgue de ce partenariat a été l’ouverture, en 2019, de l’usine de Kénitra, qui produit actuellement plus de 200.000 véhicules par an (il s’agit notamment de la Peugeot 208, mais aussi des Citroën Ami, Opel Rocks-e et Fiat Topolino), avec un taux d’intégration locale qui dépasse les 60%.
Considérée déjà parmi les meilleurs sites industriels de Stellantis, l’usine de Kénitra, avec son écosystème dense d’équipementiers et de fournisseurs, est plus que jamais au cœur des ambitions régionales du constructeur.
Elle devrait porter sa production annuelle à quelque 450.000 véhicules à l’horizon 2027, moyennant un investissement de 3 milliards de dirhams, afin d’accompagner l’essor du marché automobile en Afrique et au Moyen-Orient. De quoi consolider un peu plus la position du Maroc en tant que plateforme automobile compétitive et incontournable.
Mais au-delà de l’usine, Stellantis a été pionnier au Maroc pour l’intégration des activités en amont de la chaîne de valeur automobile, avec l’implantation, dès 2017, du Morocco Technical Center (MTC) à Casablanca, rebaptisé depuis Africa Technical Center (ATC) pour refléter la vocation régionale de ce centre de recherche et développement unique en son genre.
Niché au sein de la zone de Casanearshore, l’ATC s’est imposé, au fil des années, comme une des pièces maîtresses du dispositif R&D mondial du constructeur.
Ses équipes, constituées quasi intégralement d’ingénieurs et de techniciens marocains, travaillent sur l’accompagnement des implantations industrielles du groupe dans la région, le développement des activités R&D associées au plan produit régional, ainsi que sur le développement de l’intégration locale.
De la Matière grise 100% marocaine
Au départ en 2017, l’ATC a démarré avec environ 150 ingénieurs pour servir le site de Kénitra. Aujourd’hui, le centre compte quelque 900 ingénieurs en interne (auxquels s’ajoutent près de 1.000 en externe) et développe des produits pour les usines du groupe dans la région Afrique et Moyen-Orient (MEA), mais aussi en Europe.
Surtout, en termes de complexité des projets et de technologies utilisées, le centre a réalisé une réelle montée en gamme, avec une bonne maîtrise de technologies avancées, comme l’intelligence artificielle ou encore l’analyse virtuelle.
Ce qui fait dire à Filippo Sesia, patron de l’ATC, que le centre de Casablanca est «à la même table» que les autres centres techniques du groupe Stellantis.
«Nous avons la responsabilité sur le développement, le design, l’ingénierie et l’exécution de l’ensemble des projets qui sont industrialisés dans l’usine de Kénitra, à savoir la Citroën AMI, l’Opel Rocks-e, Fiat Topolino ainsi que la Peugeot 208, avec plusieurs niveaux d’hybridation, en plus de la version thermique», témoigne Mohamed Houssam Yamni, Project Manager et leader du Technical Center pour les fonctions Electronic Hardware Engineering.
Diplômé en électronique systèmes embarqués et passé par l’équipementier Lear Corporation avant de rejoindre l’Africa Technical Center de Stellantis en 2018, cet ingénieur marocain pur jus explique que le centre casablancais pilote aussi un certain nombre de projets qui sont industrialisés dans la région MEA, une région en pleine expansion, considérée comme stratégique pour le groupe Stellantis. L’ATC couvre aussi la région Europe au sens large, soit d’une vingtaine d’usines.
«Ce sont plusieurs milliers de véhicules, produits chaque année et vendus par Stellantis, qui sont aujourd’hui pilotés par des cerveaux marocains», résume notre interlocuteur.
30% des moteurs du groupe Stellantis
L’Africa Technical Center a également fait ses preuves dans la très exigeante filière des moteurs. «Nous avons des technologies de pointe qui sont développées depuis le Maroc pour le groupe.
Nous travaillons sur les activités de propulsion, qui vont de la conception au développement, à l’industrialisation, jusqu’à l’intégration dans le véhicule», indique Leila Sabri, directrice de l’entité Moteurs au sein de l’Africa Technical Center. «Le centre technique est aujourd’hui devenu pionnier au sein de Stellantis», affirme cette docteure en ingénierie mécanique, qui se félicite que l’entité propulsion compte plus de 40% de femmes ingénieurs.
Pour ce qui est du champ d’action géographique, il dépasse là aussi le cadre local et régional. Les équipes de l’entité propulsion servent en effet les activités de la région MEA, mais aussi les activités mondiales du groupe, pour des motorisations qui vont du thermique à l’hybride en passant par l’électrique.
Aujourd’hui, les équipes de l’ATC sont responsables du tiers des moteurs qui équipent les millions de voitures vendues dans le monde entier par le groupe. Un motif de fierté pour notre interlocutrice et ses équipes.
Catalyseur de l’intégration locale
Le centre technique de Casablanca contribue par ailleurs à l’amélioration du taux d’intégration locale de l’industrie automobile au Maroc et, par conséquent, à sa compétitivité.
Ce taux est amené à augmenter grâce à l’action de l’ATC au sein du vaste écosystème Stellantis. «Nous voulons aller plus loin dans le taux d’intégration», confirme Filippo Sesia. «C’est une vraie priorité pour nous d’avoir des fournisseurs ici, sur le sol marocain, capables de produire et de développer les composants en collaboration avec nous», ajoute-t-il.
Concrètement, explique notre expert, l’ATC travaille avec les fournisseurs en co-design pour les nouveaux développements. Cela signifie qu’un fournisseur de la filière automobile développe le composant en collaboration avec le centre technique qui assure le suivi jusqu’au moment où il est capable d’être complètement autonome.
Cette collaboration avec les fournisseurs de premier rang (Tier 1) de Stellantis s’étend même aux fournisseurs de second rang pour le développement de sous-composants. Ce sont donc des pans entiers de l’écosystème Stellantis qui profitent de l’expertise de l’Africa Technical Center.
