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Comment Agadir protège son patrimoine urbain
Un plan d’aménagement et de sauvegarde des édifices rescapés du séisme de 1960 et ceux de la première étape de la reconstruction. 80 sites implantés sur une surface de 708 ha bénéficient d’une protection juridique et ne peuvent être démolis, aussi leur façade ne peut être modifiée.
Le patrimoine urbain de la première étape de la reconstruction d’Agadir après le séisme de 1960 représente un intérêt d’ordre public au point de vue historique, culturel et surtout architectural. C’est même un modèle connu mondialement, car il recèle des édifices contemporains de grande qualité conçus par de grands maitres architectes.
Le sujet était au cœur du débat la semaine dernière dans la capitale du Souss lors d’un colloque qui a connu la participation d’architectes, dans le cadre de la commémoration du 65e anniversaire de la reconstruction de la ville. C’était justement l’occasion d’exposer le plan d’aménagement et de sauvegarde du centre urbain et du secteur touristique et balnéaire d’Agadir.
Un plan porteur d’une vision réglementaire pour protéger les édifices rescapés du séisme et ceux de la première étape de la reconstruction. Et ce, pour éviter désormais les actes de défiguration architecturale des bâtiments construits à l’époque du Haut-commissariat à la reconstruction d’Agadir.
Le document comble ainsi un vide juridique, car, auparavant, aucun document réglementaire n’existait pour la protection de ce patrimoine qui s’étend sur 708 ha. Une surface englobant plus de 80 sites au total, pouvant être scindés en deux principales catégories.
La première regroupe des édifices d’une grande notoriété et qui ont résisté au séisme du 29 février 1960. On peut citer parmi ces derniers, à titre d’exemple, le site historique d’Agadir Oufella qui a fait l’objet d’une réhabilitation réussie. On retient, aussi, de cette première liste, des sites plus modernes, tels que le cinéma Salam qui fera bientôt l’objet d’une réhabilitation.
Il y a aussi dans cette liste le bâtiment de la municipalité, actuellement siège de la wilaya de la région Souss-Massa, le lycée Youssef Ben Tachfine, l’immeuble de la «Paternelle», l’immeuble Sibra, appelé communément «sept étages», entre autres. La seconde catégorie concerne, pour sa part, les édifices de la première étape de la reconstruction. Des modèles architecturaux conçus par de grands maîtres architectes du mouvement moderniste.
Parmi eux, Jean-François Zevaco, Elie Azagury, Michel Ecochard, Mourad Ben Embarek, Henri Tastemain, Abdeslem Faraoui. C’est au centre-ville que se concentrent les bâtiments construits entre 1963 et 1973. Le Mur du souvenir, dédié aux victimes du tremblement de terre, sur lequel est inscrite la déclaration du Roi Mohammed V au lendemain du tremblement qui a ravagé la ville : «Si le destin a décidé de la destruction d’Agadir, sa reconstruction dépendra de notre foi et de notre volonté» en est un. L
’immeuble A connu à l’échelle internationale, la Poste principale, la Caserne des pompiers, le marché municipal aujourd’hui en cours de réhabilitation…, sont quelques-uns de ces édifices constituant aujourd’hui la mémoire collective d’Agadir. Des biens immeubles d’une valeur historique et patrimoniale qui bénéficient aujourd’hui d’une protection juridique et ne peuvent être démolis, aussi leur façade ne peut être modifiée.
L’opération est une étape avant de prétendre à la reconnaissance en tant que patrimoine national et par la suite la reconnaissance comme patrimoine de l’humanité. Pour ce faire, il est nécessaire de préparer des dossiers détaillés et complets pour chaque édifice. Pour le moment, le plan de sauvegarde réalisé est un grand pas en faveur de la protection de ce patrimoine et pour encadrer le développement du centre-ville.
Depuis la première étape de la reconstruction, Agadir s’est beaucoup développée. La dynamique initiée dans le cadre du programme de développement urbain 2020-2024 favorise encore aujourd’hui cette évolution. En quatre ans, la ville s’est métamorphosée pour devenir encore plus attractive.
Aujourd’hui, à travers le cadre juridique mis en place pour la sauvegarde du patrimoine urbain, il s’agit, au-delà de protéger son authenticité, d’assurer un développement urbain équilibré.
