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Pouvoirs

Akhannouch mise sur le digital pour présenter le bilan du secteur de l’éducation

Le système éducatif connaît une réforme d’envergure axée sur la qualité de l’enseignement, la réduction des inégalités et la modernisation des méthodes pédagogiques. Du programme des «Écoles pionnières» à la généralisation du préscolaire et à la revalorisation des enseignants, le Chef du gouvernement donne les grandes lignes de la réforme de l’éducation

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Dans une vidéo accompagnant le bilan gouvernemental consacré au secteur de l’éducation, le chef du gouvernement Aziz Akhannouch met en avant une réforme qu’il qualifie de «structurante» et destinée à répondre aux dysfonctionnements accumulés depuis plusieurs années dans le système éducatif.

Selon lui, les difficultés de l’école publique ne se limitent pas aux infrastructures ou aux conditions d’apprentissage. «Le véritable défi, c’est la qualité de l’enseignement», insiste-t-il, en soulignant que les lacunes non prises en charge chez les élèves finissent par s’accumuler et, dans certains cas, conduire à l’abandon scolaire. «Notre objectif est qu’aucun élève ne soit laissé en difficulté sans accompagnement», affirme-t-il.

Cette transformation s’appuie sur une consultation nationale d’envergure ayant impliqué plus de 100.000 acteurs du secteur, dont des enseignants, des experts et des parents d’élèves. Cette démarche participative a permis d’identifier plusieurs leviers d’action, au premier rang desquels figure le programme des «Écoles pionnières».

Ces établissements expérimentent de nouvelles approches pédagogiques basées sur l’apprentissage par la pratique, l’expérimentation et l’utilisation d’outils numériques, en rupture avec une approche exclusivement théorique.

Le chef du gouvernement met en avant une logique d’efficacité pédagogique : «Nous avons fait le choix de méthodes d’enseignement qui ont fait leurs preuves, notamment l’adaptation de l’enseignement au niveau réel de chaque élève», explique-t-il.

Un déploiement massif des Écoles pionnières

L’un des piliers de cette réforme repose sur un diagnostic des acquis en début d’année scolaire, permettant d’identifier les besoins de chaque élève et d’organiser un suivi adapté. Les élèves en difficulté bénéficient ainsi d’un accompagnement ciblé afin de combler leurs lacunes et de progresser au rythme de leur classe.

«L’élève doit être accompagné dès qu’une difficulté apparaît, sans attendre qu’elle s’aggrave», souligne Aziz Akhannouch, qui met en avant les premiers résultats jugés encourageants dès les premières cohortes d’élèves concernées.

Aujourd’hui, le programme concerne 4.626 établissements primaires et 786 collèges à travers le pays. L’objectif affiché est une généralisation progressive à l’ensemble du système éducatif d’ici la rentrée 2027-2028.

Le gouvernement met également en avant l’effort d’investissement dans les infrastructures scolaires, notamment en milieu rural. Au cours des cinq dernières années, 788 nouveaux établissements ont été construits, dont 472 dans les zones rurales, afin de réduire les disparités territoriales.

La réforme accorde aussi une place centrale à l’enseignement préscolaire, considéré comme déterminant pour la réussite future des élèves. En 2026, 80 % des enfants âgés de 4 à 6 ans en bénéficient, selon les données avancées.

«L’égalité des chances commence dès les premières années de scolarisation», rappelle le chef du gouvernement, qui insiste sur l’importance de renforcer les fondations du parcours éducatif.

Une revalorisation du métier d’enseignant

Autre axe majeur : l’amélioration des conditions de travail des enseignants. Le dossier des enseignants contractuels, longtemps source de tensions, a été présenté comme définitivement résolu par l’exécutif.

Plus de 336.000 enseignants bénéficient désormais d’un statut unifié, assorti d’une revalorisation salariale d’au moins 1.500 dirhams par mois, pouvant atteindre jusqu’à 5.100 dirhams supplémentaires grâce à différentes mesures d’incitation.

«La réforme de l’école passe aussi par la reconnaissance du rôle central des enseignants», souligne Aziz Akhannouch, qui estime que ces avancées sont essentielles pour restaurer la confiance dans le système éducatif.

Au-delà des chiffres et des programmes, le gouvernement met en avant une ambition globale : renforcer la crédibilité de l’école publique et améliorer durablement les apprentissages.

«Les efforts engagés doivent être visibles dans la vie quotidienne des familles et des enseignants», conclut le chef du gouvernement, qui présente cette réforme comme une étape décisive vers une école plus équitable et plus performante.