Start-Up
Spore.Bio : Révolutionner les tests microbiologiques
Partout dans le monde, des entrepreneurs d’origine marocaine transforment des idées audacieuses en start-up à fort impact.
Découvrons ensemble, cette jeune pousse qui a développé une technologie qui permet de détecter plus rapidement la présence de bactéries dans les aliments ou produits pharmaceutiques et cosmétiques.
Dans l’industrie agroalimentaire, pharmaceutique ou cosmétique, un ennemi invisible peut coûter des millions : la contamination bactérienne. Les entreprises attendent souvent plusieurs jours, parfois jusqu’à deux semaines, avant de savoir si leurs produits sont sûrs. Une lenteur héritée du XIXe siècle que la start-up Spore.Bio ambitionne aujourd’hui de reléguer au passé grâce à l’intelligence artificielle et à la photonique.
Fondée en 2023 à Paris par Amine Raji, Maxime Mistretta et Mohamed Tazi, la jeune pousse développe une technologie capable de détecter la présence de bactéries en quelques minutes seulement, directement sur le site de production. Une rupture majeure dans un secteur où les méthodes traditionnelles reposent encore largement sur la culture bactérienne en laboratoire, un processus qui peut durer cinq à vingt jours.
L’idée est née d’un constat simple. Avant de se lancer dans l’entrepreneuriat, Amine Raji travaillait comme ingénieur dans des usines agroalimentaires, notamment chez Nestlé. Il y a observé le décalage entre des chaînes de production ultra-optimisées et des tests microbiologiques particulièrement lents. Un paradoxe qui peut paralyser toute une ligne de production et exposer les industriels à des rappels de produits extrêmement coûteux.
La technologie développée par Spore.Bio repose sur un principe inédit. Un dispositif optique projette différentes longueurs d’onde lumineuses sur un échantillon. Les signatures spectrales recueillies sont ensuite analysées par un modèle de deep learning capable d’identifier la présence de micro-organismes et d’en mesurer la concentration. Le tout se fait en temps quasi réel, directement dans l’usine, sans passer par un laboratoire externe.
Les applications sont nombreuses : contrôle qualité dans l’agroalimentaire, surveillance microbiologique dans les cosmétiques ou encore validation de produits pharmaceutiques sensibles, notamment dans les thérapies cellulaires ou géniques. Dans ces domaines, la rapidité d’analyse est cruciale pour éviter les pertes industrielles et protéger la santé publique.
Cette promesse technologique n’a pas tardé à séduire les investisseurs. En 2025, la start-up a levé 23 millions de dollars lors d’un tour de table mené par le fonds Singular, avec la participation de Point72 Ventures, LocalGlobe ou encore Station F. Au total, l’entreprise a déjà levé près de 30 millions d’euros depuis sa création.
Spore.Bio revendique déjà des contrats couvrant plus de 200 usines dans le monde, signe de l’intérêt industriel pour ces tests nouvelle génération. La start-up prévoit désormais d’industrialiser ses machines, d’étendre son équipe scientifique et d’accélérer son expansion internationale, notamment vers les États-Unis.
