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ADD : Silence, on digitalise !

Les réalisations des équipes de l’Agence du développement du digital sont multiples. Des solutions développées ont changé le rapport des citoyens avec l’Administration et les actions menées pour l’accompagnement de la transition digitale donnent leurs premiers fruits. Florilège de projets structurants.

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À quoi sert l’ADD ? La question pourrait être légitime vu la discrétion de cette Agence, pourtant au cœur de cette transition numérique que notre pays n’a d’autre choix que de réussir. «Les réalisations sont concrètes et en perpétuelle évolution, mais la direction de l’Agence préfère s’effacer au lieu de mettre en avant sa contribution», nous explique un connaisseur des arcanes de l’Agence.

Pourtant, les initiatives de l’ADD contribuant à accélérer la transformation numérique au Maroc sont nombreuses. Elles se matérialisent par des leviers stratégiques mis en place en favorisant une administration plus efficiente, ou encore par le soutien à une économie innovante et d’une société connectée et inclusive…

Ses actions stratégiques s’inscrivent pleinement dans la vision nationale du programme Maroc Digital 2030 – visant à faire du Maroc un hub digital de référence – piloté par le ministère de la Transition numérique et de la réforme de l’Administration.
Exemples de réalisations, sachant qu’il reste encore beaucoup à faire…

GISRE : pont numérique entre administrations
Rêvée comme «Smart Government» en 2018, la plateforme nationale d’interopérabilité GISRE est devenue une réalité. Cette solution permet aux institutions publiques d’échanger des données de manière sécurisée et efficace.

«Actuellement, plus de 76 organismes y sont connectés, facilitant l’échange de données pour plus de 12 cas d’usage opérationnels, dont le Registre social unifié (RSU), AMO Tadamon, Massar et le Registre d’État civil», recense-ton auprès de l’ADD.

Avec plus de 95 millions de transactions traitées en 2024 et 18 millions de citoyens impactés, l’interopérabilité est en train de transformer la manière dont les administrations collaborent et partagent l’information. En supprimant la nécessité pour les citoyens de se déplacer entre administrations pour la collecte de documents, GISRE contribue à la simplification des démarches administratives et à la réduction de la redondance des procédures.

Identité numérique hautement sécurisée
Afin de renforcer la sécurité des transactions numériques, l’ADD, en partenariat avec la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), a mis en place une plateforme d’identification et d’authentification basée sur la Carte nationale d’identité électronique (CNIE).

Le citoyen n’a qu’à télécharger sur son smartphone l’application «Mon identité numérique» pour accéder en toute sécurité à ses services en ligne et utiliser sa CNIE comme une carte NFC. «Cette initiative vise à garantir l’authenticité des échanges numériques et à doter chaque citoyen d’une identité numérique hautement sécurisée, tout en renforçant la confiance numérique», explique l’ADD qui agit comme un tiers de confiance national.

Depuis son lancement en 2022, cette plateforme a connu une adoption croissante, intégrant plus de 90 fournisseurs de services issus des secteurs public et privé.

Innovations de la digital factory
La Digital Factory se veut un espace dédié à l’innovation et à la co-création. Déjà, plusieurs solutions technologiques stratégiques y ont vu le jour. Parmi celles-ci, on compte Ziara qui a permis la digitalisation des parcours des visiteurs des centres pénitentiaires.

Autres exemples : la digitalisation du manifeste de fret, le système d’évaluation du handicap pour l’attribution des cartes destinées aux personnes en situation de handicap, ainsi que E-Himaya, une solution pour la protection des enfants en ligne.

On peut ajouter également la refonte du portail Mahakim.ma qui modernise les services judiciaires en ligne. «En collaboration avec des start-up et des PME, cette approche permet une expérimentation agile des innovations avant leur déploiement à grande échelle. La ligne conductrice reste la même : généraliser la digitalisation des services administratifs pour offrir une expérience fluide et accessible aux usagers», souligne-t-on auprès de l’ADD.

Dématérialisation et optimisation
L’ADD développe des modules communs essentiels, tels que l’authentification des citoyens et des administrations, le coffre-fort digital, la gestion du consentement et la signature et le paiement électroniques. Autant d’éléments qui composent l’ossature du Portail national de l’Administration (PNA), une plateforme clé dans la modernisation des services publics.

Afin de dématérialiser les processus administratifs et d’optimiser les délais de traitement, l’ADD a également développé des services mutualisés, tels que le Bureau d’ordre digital et l’E-Parapheur, aujourd’hui adoptés par près de 2.000 entités gouvernementales. D’autres plateformes, comme celles dédiées aux télé-rendez-vous, télé-inscriptions et à la gestion des réclamations, complètent cet écosystème numérique, offrant ainsi aux citoyens et aux administrations plus de flexibilité et de simplicité dans leurs interactions.

Transformation digitale des TPME
Deux projets phares au cœur de cette dynamique : DigiTPME et Moukawala Raqmya, conçus pour propulser dans l’ère du digital les très petites, petites et moyennes entreprises du Maroc. Initiée en 2024, «Moukawala Raqmya» s’est rapidement imposée comme un outil indispensable pour les TPME souhaitant évaluer leur maturité numérique.

La plateforme permet aux entreprises d’effectuer un auto-diagnostic en ligne à travers un processus simple et rapide et deux parcours disponibles : un parcours express de 5 minutes pour un premier aperçu, et un parcours complet de 20 minutes pour une évaluation plus approfondie, incluant un plan d’action personnalisé.

Une cinquantaine d’entreprises ont été sélectionnées pour bénéficier d’un accompagnement sur mesure, en partenariat avec la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). De son côté, le programme «DigiTPME», développé en collaboration avec la coopération allemande (GIZ), a pour objectif d’accompagner 300 entreprises dès 2025, avec un focus particulier sur les régions.

Objectif : renforcer les compétences digitales, intégrer des solutions numériques adaptées et améliorer les connexions entre les TPME et les services public et privé.

Label jei et startuphubmaroc.ma
Depuis sa création en 2019, le label s’est affirmé comme un levier incontournable pour la croissance des start-up marocaines opérant dans les secteurs du digital et des nouvelles technologies. Porté par la plateforme StartupHub.ma, ce dispositif d’accompagnement a déjà permis à plus de 540 start-up parmi 1.303 demandes déposées de bénéficier de facilités financières et d’opportunités internationales, renforçant ainsi l’écosystème entrepreneurial marocain.

Délivré à la suite d’un processus rigoureux d’évaluation, impliquant plusieurs organismes, Label JEI permet l’accès à des mesures financières facilitant l’importation de services et l’expansion internationale. Grâce à une carte de paiement internationale dédiée au commerce électronique, les start-up labellisées peuvent bénéficier d’une dotation annuelle allant jusqu’à 1MDH.

Ce qui leur permet de financer des services essentiels, comme l’acquisition des outils de travail (les logiciels, matériels…) ou encore des campagnes marketing. Pour de nombreuses jeunes entreprises, cet accès à des outils et services internationaux constitue un pilier essentiel pour accélérer leur développement. De l’autre côté, la plateforme StartupHubMaroc.ma vise à renforcer l’écosystème entrepreneurial à travers une meilleure structuration et un soutien ciblé aux jeunes entreprises.

En s’appuyant sur une méthode de développement agile et en intégrant progressivement de nouvelles fonctionnalités, la plateforme permet aux start-up de bénéficier d’une vue d’ensemble sur les tendances sectorielles et régionales, tout en facilitant leur connexion avec des structures d’accompagnement et des financeurs.

Al khawarizmi fait dans l’intelligence artificielle
L’intelligence artificielle est également au cœur des priorités de l’ADD. Le programme Al Khawarizmi a été mis en place pour soutenir la recherche et l’innovation en IA et big data. À ce jour, 45 projets de recherche appliquée ont été sélectionnés dans divers domaines, allant de la santé à l’industrie, en passant par la logistique.

En parallèle, l’Agence travaille sur une feuille de route nationale dédiée à l’IA, qui permettra de structurer son développement et son intégration dans différents secteurs stratégiques du pays. Les prochains mois seront marqués par de nouvelles avancées en matière de soutien aux projets en intelligence artificielle.

Formation et montée en compétences
Au-delà des outils digitaux, la transformation numérique repose avant tout sur la formation. L’ADD place ainsi cette dimension au cœur de sa stratégie. En partenariat avec Meta Platforms, plus de 3.700 TPME ont ainsi été formées aux fondamentaux du marketing digital, grâce à deux éditions de ce programme en 2024.

Ces formations se sont accompagnées de masterclass sur des thématiques variées, telles que l’e-commerce, la cybersécurité et l’usage du digital pour le développement durable. Par ailleurs, pour accompagner la transformation digitale dans les administrations, la formation et la montée en compétences sont des axes essentiels.

À travers des initiatives comme IDC Morocco, la plateforme d’e-learning Academia Raqmya et la formation des agents de l’Administration sur les applications mutualisées, plus de 100.000 bénéficiaires ont pu se former aux technologies numériques. Aujourd’hui, 36.200 apprenants sont en train de suivre des parcours spécialisés en ligne, avec plus de 200 cours disponibles sur la plateforme Academia Raqmya.