Pouvoirs
Une majorité sur la même longueur d’onde
Mis à part les «frictions» qui se font jour, de temps à autre, les partis de la coalition «votent» pour cimenter la cohésion dans l’action gouvernementale.
La cuisine interne de la coalition gouvernementale est sujette à toutes les attentions ces dernières semaines. Ses hauts comme ses bas intéressent parce que cela concerne l’action de l’Exécutif. Certes, la toute récente sortie du bureau politique du PAM avait soulevé quelques interrogations, mais il fallait bien s’attendre à des clarifications quant au fond de la pensée de la direction du parti.
Samedi 3 juin, du haut de la tribune du congrès régional de la Région Safi-Marrakech, qui s’est tenu dans la ville ocre, Abdellatif Ouahbi n’y est pas allé par quatre chemins pour exprimer le soutien «indéfectible» au chef du gouvernement et à ses décisions. Une manière pour balayer l’existence d’éventuels «différends» au sein de la majorité, tout en nuançant que les différences d’appréciation, sur certains dossiers, n’entament en rien la cohésion gouvernementale.
Argumentant son évaluation, le secrétaire général du parti du tracteur ira plus loin en évoquant que sa formation n’est pas encline à faire du gouvernement une arène de confrontations entre ses composantes. Une manière assez subtile de renvoyer à des situations passées, dans une autre configuration gouvernementale, quand certains ministres sortaient la grosse artillerie pour s’en prendre à leurs collègues ou encore «sous-traitaient» les critiques chez des tiers sur les réseaux sociaux. Nuance sur nuance, Ouahbi indiquera, néanmoins, que la formation dont il détient les manettes est une «structure indépendante» qui s’exprime sur certains dossiers, où la divergence se ressent, mais sans pour autant «déjauger» les décisions finales de ses «partenaires» de la coalition. Puisque, en définitive, dira-t-il, c’est le chef du gouvernement qui «tranche».
Pour l’Istiqlal, tout baigne
Hasard de calendrier, ce même week-end, le secrétaire général du parti de l’Istiqlal était sur le plateau de Medi1TV, où il était interpellé, entre autres, sur le ménage à trois dans la majorité. A l’aise, Nizar Baraka a dit, sans ambages, que la cohésion est de mise au niveau de la coalition gouvernementale et que tout se passe le tout normalement du monde.
Surtout que les leaders des trois partis formant majorité se rencontrent régulièrement, au moins une fois par semaine dans le cadre du Conseil du gouvernement quand ce n’est plus. Le secrétaire général du parti de la Balance étaiera davantage son appréciation en rappelant la toute récente «rencontre au sommet» qui avait réuni Aziz Akhannouch, Abdellatif Ouahbi et Nizar Baraka, en présence aussi des élus des trois partis, à la veille de la rentrée parlementaire. Un cadre qui a été propice à accorder les violons et viser l’essentiel, à savoir comment gérer au mieux les dossiers qui sont sur la table.
Renvoyant à l’essence qui a présidé à la naissance de la coalition gouvernementale, Baraka n’a pas manqué l’occasion d’exprimer sa «fierté» d’être dans une majorité «cohérente» et «ramassée» qui fonctionne selon les termes d’un programme gouvernemental qui est la somme des programmes défendus lors de la campagne électorale. Une démarche qui est intervenue, renchérira-t-il, bien avant les discussions qui ont suivi concernant l’architecture de l’Exécutif. C’est que le leader de l’Istiqlal estime que tout se fait, depuis, en parfaite corrélation, et «pleinement», avec les objectifs arrêtés dans le cadre du programme dont l’objectif est de «répondre» aux attentes des citoyens, en «faisant face aux défis majeurs du pays».
Nizar Baraka n’a pas manqué de citer, particulièrement, les mesures qui ont été prises pour atténuer les effets inflationnistes sur le pouvoir d’achat qui relèvent «des choix du gouvernement». Qui plus est sont le fruit de «la capacité de coordonner notamment sur les sujets épineux, sensibles, voire polémiques. C’est le cas aussi des propositions sur les peines alternatives où les membres du gouvernement ont jugé urgent d’aller plus vite, puisque le processus de la réforme du Code pénal devrait prendre beaucoup de temps, pour pallier, entre autres, la problématique de la surpopulation dans les établissements pénitentiaires.
Or, ces positions réaffirmées cadrent avec la vision portée par le président du RNI et qu’il n’a eu de cesse de réitérer dans ses différentes sorties. On s’en rappelle, Aziz Akhannouch avait, en avril dernier, insisté sur la cohésion de la majorité, et son importance en vue d’assurer la mise en œuvre des divers programmes actés et défendus par l’Exécutif. Lesquels programmes intéressent et concernent les citoyens et que synthétise le chantier de l’État social, à travers, entre autres, les leviers de la Santé, l’Education, etc. Ce qui est tributaire, bien entendu, de l’action dans l’harmonie et la cohésion et la coordination permanente. Le souci prioritaire étant d’honorer les engagements pris et répondre aux attentes des citoyens.
Une vision partagée
Dès la constitution de la majorité, les choses étaient claires. Cela se résume dans le fait d’engager la majorité dans une vision partagée pour relever les défis socioéconomiques du pays, face aux adversités endogènes et exogènes. En élaborant le programme gouvernemental, les partis de la coalition avaient conscience que la cohésion est un impératif pour réussir. Et c’est ce qui s’est traduit dans l’esprit et la lettre de la charte de la majorité qui demeure le référentiel dans la gestion des relations entre ses composantes, que ce soit dans l’action interministérielle ou encore en ce qui concerne la cohérence au niveau des liens entre l’Exécutif et les parlementaires relevant des formations de la majorité. D’ailleurs, la rencontre élargie, organisée en avril dernier à la veille de la rentrée parlementaire, devait servir justement à accorder les violons pour pouvoir agir «sereinement» en gagnant en efficience et en efficacité. Dans les rangs de la coalition, l’on estime que les récentes sorties font office d’un nouveau signal que la cohésion est de mise.