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En Couv’. Casablanca 2030 : La métropole accélère sa mue

Les transformations sans précédent que connaît la métropole ont été au cœur de la nouvelle édition du Cycle de conférences-débats de «La Vie éco». Les chantiers structurants prennent de l’ampleur et avancent à une cadence soutenue, l’organisation de la Coupe du monde jouant le rôle de catalyseur.

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Casablanca se transforme à vue d’œil et à grande vitesse. En termes d’infrastructures urbaines, de mobilité, de durabilité et d’environnement, de gestion de l’eau, de connectivité, ou encore de tourisme, les projets foisonnent.

La perspective d’accueil de la Coupe du monde 2030 agit à l’évidence comme un catalyseur de ces changements qui promettent une amélioration notable du cadre de vie des Casablancais.

Près d’un an après l’organisation d’une première conférence-débat sur le sujet, «La Vie éco» a de nouveau réuni décideurs et acteurs économiques du Grand Casablanca et de toute la région pour faire le point sur les transformations en cours ou à venir, ainsi que leurs enjeux.

D’éminentes personnalités, au cœur de ces transformations, ont participé à cette conférence-débat : Abdellatif Maâzouz, président du Conseil de la région Casablanca-Settat, Nabila Rmili, présidente du Conseil de la ville de Casablanca, Hamid Bentahar, président de la Confédération nationale du tourisme (CNT), Mohamed Chouh, directeur expertise et innovation à Autoroutes du Maroc, ainsi que Mohamed Benali, Chief Technology & Information Officer chez Orange Maroc.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que 2025 est marquée par une nette accélération dans l’exécution des projets structurants. Selon Abdellatif Maâzouz, président de la région Casablanca-Settat, ces transformations obéissent à un double impératif. D’une part, l’amélioration du cadre de vie, notamment via de nombreux projets relatifs à l’environnement, aux espaces verts, à la gestion de l’eau, ou encore à la qualité de l’air.

Sur ce volet, Maâzouz se félicite que la pollution est en forte diminution. «Cela a été rendu possible grâce aux projets liés à la mobilité urbaine, le tram, le renouvellement des bus et des taxis…, mais aussi aux espaces verts qui ont vu le jour un peu partout. Il faut souligner également que les industries polluantes ne sont plus autorisées dans le périmètre urbain», a-t-il précisé.

D’autre part, les autorités locales œuvrent à consolider le leadership économique de la région au niveau continental. Le responsable a cité à cet égard les projets royaux lancés récemment, comme le nouveau complexe portuaire, la LGV et le RER, avec la gare de Casa-Sud comme emblème, ou encore le lancement des travaux du nouveau terminal de l’aéroport Mohammed V et du Grand Stade Hassan II, ainsi que le futur palais des congrès. Autant de projets qui contribuent à changer radicalement le visage de la métropole.

Chantier à ciel ouvert
Pour sa part, Nabila Rmili confirme cette réalité que les Casablancais observent chaque jour : «Beaucoup de choses ont déjà changé dans la ville. Les habitants et les visiteurs de la métropole peuvent déjà constater une accélération des chantiers, que ce soit en termes de mobilité, de connectivité ou de durabilité. C’est palpable», note-t-elle.

La maire de Casablanca cite notamment les chantiers d’infrastructures urbaines (trémies, voiries, etc.) qui ont été réalisés dans un temps record. Un focus particulier a été mis sur la durabilité, avec de nombreux projets, dont la réutilisation des eaux usées, la création d’espaces verts, ou encore la nouvelle usine de transformation des déchets.

En matière de mobilité, la responsable a indiqué que Casablanca dispose de 100 km de tramway (contre 27 km pour Rabat), de 26 km de BHNS et de 700 bus E6, avec un impact indéniable sur les citoyens. «750.000 voyageurs sont transportés chaque jour. La ville de Casablanca a choisi de supporter un déficit de 300 MDH, pour offrir une mobilité complète et multimodale en faveur des citoyens», a-t-elle fait savoir.

Plusieurs autres projets structurants sont en cours. Rmili cite, entre autres, un nouveau projet urbain, en cours de préparation autour de la gare de Casa-Voyageurs, qui va transformer les quartiers de Hay Mohammadi et de Aïn Sbaâ. La métropole abritera également la plus grande plateforme agroalimentaire d’Afrique. Ce projet, étalé sur 3 ans, sera situé à Ouled Hriz, sur un terrain de 309 ha.

En outre, trois grands parkings ont été réalisés à Casablanca en deux ans. Le dernier, appelé Hypercentre et accolé à l’hôtel Hyatt Regency, abritera 700 places et ouvrira très prochainement. Il sera le point de départ de la future Avenue Royale, entièrement piétonne, qui va modifier complètement la face de cette zone de l’ancienne médina.

Dans ce contexte stimulant, les professionnels du tourisme se préparent. «Au-delà des infrastructures, nous devons travailler sur l’hospitalité, la qualité des produits et l’excellence du service», a affirmé Hamid Bentahar.

Le président de la CNT souligne au passage qu’un effort considérable a été fait au niveau de l’hôtellerie en termes d’investissement. «De nouveaux établissements prestigieux s’installent à Casablanca ou sont en train de le faire», a-t-il indiqué.

Les infrastructures autoroutières sont également en plein boom afin de fluidifier les accès à la métropole. Des projets structurants, comme le triplement de l’autoroute Mohammédia-Berrechid, ont déjà vu le jour, a rappelé Mohamed Chouh. D’autres, qui revêtent un caractère stratégique, puisqu’ils vont contribuer à fluidifier les accès par autoroute, ont été inaugurés tout récemment.

C’est le cas du nœud de Sidi Maârouf et de l’autoroute Tit Mellil-Berrechid. Le nœud de Aïn Harrouda sera, lui, mis en service d’ici la fin du mois de novembre. Le responsable a également mis en avant le caractère stratégique de la future autoroute Casa–Rabat continentale, longue de 60 km, devant être livrée en 2028 et réalisée majoritairement par des entreprises marocaines.

La connectivité n’est pas en reste. Sur ce volet aussi, la ville a connu un grand bond en avant, avec notamment le lancement tout récent de la 5G. «Les infrastructures essentielles à la connectivité sont généralement enterrées et peu visibles. On n’a pas forcément conscience des transformations qui sont menées depuis des années et qui permettent aujourd’hui d’avoir la fibre et la 5G, cette dernière ouvrant de nouveaux horizons pour les Casablancais, les entreprises, mais aussi les visiteurs», a déclaré Mohamed Benali.

«Casablanca sera le porte-étendard du Maroc en tant que ville innovante et intelligente», a-t-il estimé. Face à cette dynamique sans précédent que connaît la métropole se pose toutefois la question des moyens qu’il faut pérenniser, à travers notamment une politique active de recouvrement.

L’équation est la suivante: les recettes de la ville tournent autour de 5 MMDH avec un objectif d’atteindre 5,2 MMDH en 2025. Les charges fixes s’élèvent à environ 4,7 MMDH. Et Rmili de conclure : «Le défi de la ville de Casablanca est de trouver le financement nécessaire pour gérer le quotidien des citoyens».