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Sécurité

Cybersécurité : Rabat accueille une formation exécutive destinée aux dirigeants africains

Pilotée conjointement par la DGSSI et la Banque mondiale, en partenariat avec la Smart Africa Digital Academy, cette session s’inscrit dans une démarche plus large de montée en compétences des responsables africains en matière de gouvernance numérique et de sécurité informatique.

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Rabat a accueilli, ce lundi, le lancement du programme exécutif «Cyber Academy», une formation conçue pour les dirigeants et responsables techniques des autorités africaines en charge de la cybersécurité. L’initiative entend éclairer les enjeux de prise de décision et de leadership stratégique propres à ce secteur.

Pilotée conjointement par la Direction générale de la sécurité des systèmes d’information (DGSSI) et la Banque mondiale (BM), en partenariat avec la Smart Africa Digital Academy (SADA), cette session s’inscrit dans une démarche plus large de montée en compétences des responsables africains en matière de gouvernance numérique et de sécurité informatique.

Le programme ambitionne, par ailleurs, de préparer les participants aux risques émergents liés à l’intelligence artificielle (IA), de consolider les dispositifs de gestion de crise cybernétique et de favoriser les échanges d’expertise entre les pays du continent.

William Zhang, expert principal en transformation numérique et cybersécurité à la Banque mondiale, a insisté sur la portée de cette formation, qu’il inscrit dans une dynamique mondiale de renforcement des capacités en cybersécurité. Selon lui, l’enjeu dépasse la seule identification des risques : il s’agit aussi d’anticiper la vitesse à laquelle l’IA fait évoluer la menace.

Dans des déclarations à la MAP, il a observé que de nombreuses structures de cybersécurité manquent aujourd’hui de moyens pour faire face à ces défis, avertissant que l’IA complique davantage la donne en rendant plus accessibles la détection et l’exploitation des failles de sécurité.

Former au pilotage stratégique, pas seulement opérationnel

Rym Jarou, directrice des partenariats, des événements et de la communication à la Smart Africa Digital Academy, a pour sa part expliqué que l’objectif de la formation est de donner aux responsables africains les outils nécessaires pour accompagner les mutations numériques à l’échelle du continent.

Elle a souligné l’importance de former ces dirigeants à la gestion de la cybersécurité non seulement sur le plan opérationnel, mais surtout à un niveau stratégique. Elle a rappelé que les programmes de la SADA couvrent un large spectre : stratégies de cybersécurité, opérations cybernétiques, souveraineté numérique et souveraineté des données, dans un contexte marqué par la transformation rapide de l’écosystème de l’IA.

De son côté, Tawfiq Ali Lakssar, chef de l’unité de cybersécurité au ministère yéménite des Télécommunications et des technologies de l’information, a mis l’accent sur la nécessité de doter les futurs leaders d’un socle de compétences exécutives : savoir diriger une unité de cybersécurité, mais aussi concevoir des plans d’intégration et de gouvernance de l’IA au sein des institutions, des équipes et des dispositifs de formation.

Il a souligné que la pertinence de ce programme se mesure à travers ses différents volets, en particulier l’élaboration de plans de réponse alignés sur les meilleures pratiques internationales, ainsi que les possibilités d’échange d’expertises entre les pays participants.

Le programme se poursuivra jusqu’au 8 octobre, réunissant plusieurs experts internationaux et africains de la cybersécurité. Il combine sessions interactives et simulations de crises cybernétiques, permettant aux participants de se confronter concrètement aux enjeux de décision et de leadership stratégique propres à ce domaine.