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Casablanca Business Forum : L’Afrique veut peser dans la nouvelle économie mondiale
Souveraineté économique, compétition pour les capitaux, infrastructures, climat et talents : la deuxième édition du Casablanca Business Forum a placé les nouvelles ambitions économiques africaines au cœur des débats.
Organisée par Casablanca Finance City (CFC) sous le thème « Africa’s Next Economic Chapter », cette deuxième édition intervient à un moment où les équilibres économiques mondiaux connaissent de profondes recompositions.
Fragmentation géopolitique, accélération technologique, transition climatique et concurrence internationale pour les investissements redessinent les stratégies des États comme celles des entreprises.
Dans ce contexte, le forum a voulu poser une question centrale : comment l’Afrique peut-elle davantage peser sur ces transformations plutôt que simplement s’y adapter ? Les échanges ont ainsi porté sur les leviers permettant au continent de renforcer sa souveraineté économique, d’attirer davantage de capitaux et de consolider sa place dans les nouvelles chaînes de création de valeur.
Pour Saïd Ibrahimi, directeur général de Casablanca Finance City Authority (CFCA), l’Afrique doit désormais être considérée comme un acteur à part entière de l’économie mondiale. Le continent dispose, selon lui, de ses propres ambitions, de talents et d’une capacité croissante à innover et à créer de la valeur.
L’enjeu n’est donc plus seulement de déterminer comment l’Afrique s’adaptera aux transformations de l’économie mondiale, mais également de savoir comment elle pourra contribuer à les façonner.
Cette évolution se manifeste notamment à travers l’expansion des entreprises africaines au-delà de leurs marchés domestiques, l’émergence de nouveaux pôles urbains d’innovation et le développement de modèles économiques portés par une nouvelle génération d’entrepreneurs.
« Notre responsabilité est donc non seulement de prédire ce que l’Afrique pourrait devenir, mais surtout d’accélérer ce qu’elle est déjà en train de devenir », a souligné Saïd Ibrahimi. Pour le DG de CFCA, le défi consiste désormais à passer du potentiel à l’exécution, de l’investissement à la transformation et, enfin, à une croissance productive, inclusive et durable.
Capitaux, infrastructures et talents
La rencontre a également été marquée par l’intervention en visioconférence du professeur Philippe Aghion, lauréat du Prix Nobel d’économie 2025. Celui-ci est revenu sur les conditions permettant de convertir les transformations économiques et technologiques en gains de productivité, de compétitivité et de croissance durable.
Les différentes sessions du forum ont abordé plusieurs enjeux structurants pour l’avenir économique africain : souveraineté et croissance dans un environnement mondial en mutation, compétition internationale pour les capitaux, financement de la transition climatique à l’approche de la COP31, développement des infrastructures et intégration du continent.
La question du capital humain a également occupé une place importante dans les échanges, avec une réflexion autour du passage de la fuite des cerveaux à une logique de circulation des compétences, afin de mieux mobiliser les talents africains au service du développement du continent.
À travers l’organisation de ce rendez-vous, Casablanca Finance City entend également consolider le positionnement de la métropole comme plateforme de connexion entre les investisseurs internationaux et les marchés africains.
CFC rassemble aujourd’hui près de 300 entreprises représentant 70 nationalités et opérant dans 53 pays africains. À l’intersection de l’Afrique, de l’Europe et du Moyen-Orient, la place financière casablancaise ambitionne ainsi de renforcer son rôle de hub régional et de porte d’entrée vers les économies du continent.
Dans un environnement où les flux de capitaux, les chaînes de valeur et les centres de décision se recomposent, l’ambition affichée à Casablanca est claire : faire de l’Afrique non plus seulement un espace de potentiel, mais un acteur davantage intégré aux nouvelles dynamiques de l’économie mondiale.