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Scène politique: Les ingénieurs aux avant-postes
Les partis politiques sont conscients de l’importance de la présence des ingénieurs dans leurs rangs. Leur rôle est d’importance cardinale dans la conception des projets de développement, tout autant que dans leur exécution et évaluation. D’où leur implication, encore à promouvoir, dans les organisations parallèles de ces formations.
Les ingénieurs, de manière générale, ont tendance à ne pas être bavards. Ceux qui s’encartent – dans le cadre des organisations parallèles dédiées – au sein des formations politiques le sont encore davantage. Quand on les approche, ils vous diront qu’ils sont beaucoup plus dans le travail des coulisses, voire des cuisines intérieures des partis en tant que «force de proposition», que dans la posture de la «prise de parole publique».
Mais malgré ce mode d’action qui est le leur, il y a un «fait» assez spécial qui a eu lieu, récemment, mais dont l’écho est resté plutôt «limité». Voilà que les présidents et les représentants des instances et autres associations des ingénieurs affiliés aux partis de la majorité (RNI, PAM, Istiqlal) se sont donné rendez-vous au siège central du Rassemblement national des indépendants.
C’était lundi 10 février. Une première lors de laquelle les participants ont indiqué qu’ils travaillent sur une «vision unifiée pour le développement du secteur, garantissant ainsi la pérennité de son rôle de moteur de progrès», lit-on dans un communiqué plutôt laconique. Dans le même document, on apprend également que «plusieurs axes relatifs aux perspectives de développement dans le domaine de l’ingénierie ont été abordés».
Toujours est-il que l’annonce majeure aurait été que les participants à cette réunion «ont convenu de créer un organe de coordination chargé de prendre les initiatives nécessaires pour assurer les échanges entre toutes les organisations d’ingénierie nationales». On en déduira que cette initiative ne concernerait pas uniquement les ingénieurs du trio de la majorité, mais serait ouverte aux autres acteurs de l’ingénierie au Maroc.
Les ingénieurs de la majorité optent pour la coordination
De même que cette réunion, qui ne sera certainement pas la dernière, a été une opportunité pour aborder les perspectives de développement d’«une discipline multidimensionnelle» qui couvre, on l’aura compris, tous les défis auxquels le pays fait face.
Aussi, les participants n’ont pas manqué de mettre en exergue l’impératif de «la poursuite de la mise en œuvre des dispositions du programme gouvernemental, notamment en ce qui concerne le développement des infrastructures et la qualification des ressources humaines, mais aussi la gestion de la crise de la sécheresse, la transition énergétique, la souveraineté alimentaire, ainsi que la transition numérique».
Des domaines, faut-il le rappeler, qui constituent les composantes des projets structurants d’importance majeure où les ingénieurs marocains, toutes disciplines confondues et avec les compétences et autres expertises qui sont les leurs, sont attendus pour jouer un rôle cardinal depuis les études jusqu’à l’exécution, en passant par la supervision et l’évaluation.
Maintenant, si auparavant les ingénieurs travaillaient en empruntant une démarche d’archipel où les îlots ne communiquaient pas entre eux, devra-t-on s’attendre à jeter de nouveaux jalons afin de créer des ponts d’échange et de travail commun sur les grands dossiers du Royaume, où l’expertise de l’ingénieur est demandée?
L’initiative lancée en février laisse de telles perspectives grandes ouvertes, d’autant plus que loin sont les temps où une large frange des ingénieurs était plus inscrite dans une posture vindicative, voire revendicative, alors même que le pays, au regard des chantiers en cours et ceux à venir, a besoin de toutes ses forces vives pour les mener à bon port.
Un état de fait qui n’est pas sans rappeler le fond de l’allocution du président du RNI, Aziz Akhannouch, en juin 2024, lors de l’ouverture des 2e Assises des ingénieurs de la formation de la colombe.
À cette occasion, Aziz Akhannouch avait relevé que «l’ingénieur marocain est l’un des piliers fondamentaux de la transformation du développement et de l’accélération du progrès et du développement durable».
Aussi, a-t-il tenu à souligner, ces Assisses s’inscrivaient dans le cadre du raffermissement de l’ouverture du Rassemblement national des indépendants sur «les différentes compétences», visant à «mettre en lumière la contribution des ingénieurs dans la planification, la mise en œuvre et l’évaluation des stratégies et plans nationaux dans tous les secteurs vitaux.»
Or, pour prétendre à davantage d’efficacité, il va sans dire qu’une vision «centraliste» n’est certainement pas la meilleure réponse aux défis à relever. D’autant plus que la situation vue dans une «perspective territoriale» exige une démarche et «un engagement» plus prononcés dans les régions.
Ce qui devra se traduire par une implication politique pour peser dans les décisions au niveau de ces territoires. Les différentes formations du landernau en sont conscientes, encore faut-il traduire cette prise de conscience renouvelée sur le terrain.
