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RNI : Un congrès extraordinaire dans la forme comme dans le fond
Le Rassemblement national des indépendants (RNI) change de président, mettant la barre très haut en matière de démocratie interne. Le congrès de transition a été aussi l’occasion de retracer tout le chemin parcouru par la formation politique sous la conduite de Aziz Akhannouch.
Le 7 février 2026 restera forcément une date historique pour le Rassemblement national des indépendants (RNI). Aziz Akhannouch passe officiellement le flambeau lors du Congrès extraordinaire du parti, tenu ce jour-là à El-Jadida.
Quelque 2.500 congressistes sont ainsi venus rendre hommage au président qui a tout changé pour le parti ces dix dernières années. Nombreux parmi eux se rappellent d’ailleurs ce fameux VIe Congrès du parti, organisé sur le même site, qui a propulsé la formation dans une autre dimension sous la présidence d’Akhannouch.
Une manière de lui exprimer leur profonde reconnaissance pour son leadership qui a permis de donner au RNI un rayonnement institutionnel inédit, reposant notamment sur une force organisationnelle et une solidité structurelle de ses instances.
Ouvrir la voie à une nouvelle génération
Le choix même du président de renoncer à un 3e mandat est une illustration de la maturité institutionnelle, consolidant la culture de la rotation démocratique des dirigeants et réaffirmant la solidité de la structure du RNI ainsi que sa capacité à gérer les transitions avec confiance et responsabilité.
«La force d’un parti ne se mesure pas à la durée du pouvoir de ses membres, mais à sa capacité de renouvellement et de continuité», a d’ailleurs rappelé Aziz Akhannouch au pupitre du Congrès, tout en soulignant que la limitation des mandats était un choix délibéré et un principe qui reflète la ferme conviction que le parti doit vivre en phase avec son temps et évoluer au rythme des aspirations de la société.
«Le leadership est une responsabilité temporaire, non un privilège permanent», a ajouté celui qui a fait du RNI un modèle inédit dans le champ partisan. «Un modèle qui favorise une vie politique dynamique, un modèle qui redonne toute sa valeur au travail de parti sérieux et qui renouvelle la confiance entre la politique et la société», a martelé le chef du parti.
Le président sortant a d’ailleurs tenu à souligner qu’il ne s’agit nullement d’un désengagement des responsabilités, mais plutôt d’une «transition pacifique et responsable, qui ouvre la voie à une nouvelle génération de dirigeants, renouvelle l’esprit d’action politique et insuffle une nouvelle dynamique au parti, dans une vision partagée et unifiée vers un avenir prometteur».
Akhannouch n’a pas d’ailleurs manqué d’exhorter les militants et les dirigeants du RNI à épauler son successeur, Mohamed Chaouki, le candidat unique à la présidence.
«J’ai pleinement confiance en sa capacité à diriger le parti avec responsabilité et dans le consensus durant la prochaine étape. Il est de notre devoir à tous, sans exception, de lui apporter notre soutien. Je suis convaincu que nous nous rallierons tous autour de la nouvelle direction avec les mêmes convictions, les mêmes engagements et la même foi dans le projet et la mission du parti», a conclu Akhannouch.
Assurer la pérennité des performances
De son côté, le nouveau président, Mohamed Chaouki, a assuré que son élection témoigne d’un engagement collectif en faveur d’un travail politique sérieux et continu, plaçant l’intérêt national au-dessus de tout.
Il a souligné que «le parti n’est pas une entité éphémère, mais un acteur clé des grandes transformations du Royaume, guidé par la vision éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI». Il n’a pas manqué non plus d’assurer un soutien total au gouvernement et ses programmes de réformes, menés avec clairvoyance et sagesse par Aziz Akhannouch.
«L’expérience du gouvernement actuel ne se limite pas à la gestion administrative, mais incarne une idéologie politique visant à consolider les fondements d’un État social par des décisions audacieuses et des réformes efficaces, ayant un impact direct sur la vie des citoyens marocains», a-t-il souligné.
Chaouki a également indiqué que le gouvernement, sous la direction d’Aziz Akhannouch, n’a pas esquivé les difficultés lorsque la situation s’est dégradée ni fui les défis complexes. Au contraire, il les a affrontés, a pris des décisions et a pleinement assumé ses responsabilités, renforçant ainsi la confiance des citoyens envers un parti qui dit ce qu’il fait et fait ce qu’il peut.
Chaouki qualifie cette période de présidence d’Akhannouch d’ère d’«agharass agharass» où les fondements du parti ont été solidement ancrés, reposant sur une identité démocratique et sociale affirmée. L’accent a été mis sur la qualité de l’organisation, la bonne gouvernance, l’efficacité de la gestion et la priorité donnée au développement.
Tous ces efforts s’inscrivent dans une stratégie globale qui valorise la continuité, élément indispensable pour consolider les institutions et assurer la pérennité des performances du parti. Pour tous les participants, ce congrès extraordinaire marque d’ailleurs une nouvelle étape dans le parcours du RNI, dans un contexte national et sociétal particulier.
D’autant plus que la décision d’Akhannouch inaugure une nouvelle approche tant au sein du RNI que du champ partisan, sachant qu’elle est porteuse d’une forte charge symbolique et de valeurs démocratiques, contribuant à l’ancrage d’une culture de l’alternance à la tête des formations politiques. Une démarche qui fait du mandat d’Akhannouch un modèle de pratique démocratique interne.
Un parti qui s’est métamorphosé
Dans son dernier discours à El-Jadida, Aziz Akhannouch a retracé le parcours qu’a connu le parti depuis 2016, depuis qu’il en avait pris les rênes. Une époque où la confiance avait été ébranlée, remettant en question la pertinence et le rôle de la politique dans la société.
«C’est pourquoi nous nous sommes attelés à la construction d’un parti qui parle le langage de la jeunesse, un parti qui comprenne ses attentes, écoute ses aspirations, lui accorde la confiance et l’espace nécessaires et lui donne pleinement les moyens d’agir, convaincus qu’investir dans les personnes est le fondement de tout projet politique réussi et durable», a souligné Akhannouch.
Ainsi, 19 organisations parallèles ont été créées, pour encadrer et former des élites et intégrer les jeunes talents et les femmes, tout en renforçant la présence du parti au sein de divers groupements professionnels.
Le mandat Akhannouch a également marqué une rupture avec les pratiques centralisées et autoritaires au profit du renforcement de la démocratie interne par des mécanismes participatifs.
Une approche qui favorise l’implication réelle des militants et garantit une prise de décision plus transparente et représentative, comme en témoignent les succès des différentes tournées régionales du parti : de la voie de la confiance à la voie des réalisations en passant par la tournée des 100 villes…
Sous Akhannouch, la culture de la planification à long terme a remplacé la gestion opportuniste et à court terme, ce qui a permis de bâtir une organisation politique capable de durer et de se renouveler.
Aujourd’hui, le nombre des adhérents, de parlementaires et de conseillers locaux n’est pas une simple statistique, mais un indicateur concret de l’efficacité organisationnelle du parti, qui se positionne désormais comme la première force politique nationale.
